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Les Lumières et l'idée de nature

Colloque international

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Publié le mercredi 14 mai 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce colloque international vient clore un séminaire de recherche transdisciplinaire, intitulé « Les Lumières et l'idée de Nature », qui s'est tenu tout au long de l'année universitaire 2007-2008 dans le cadre des activités scientifiques du pôle thématique « Identités, citoyennetés » de la Maison des Sciences de l'Homme de Dijon. Cette rencontre est soutenue par l'Université de Bourgogne, le Conseil Régional de Bourgogne, le CNRS et le Service Commun de la Documentation (Bibliothèque Universitaire de Dijon).

Annonce

Colloque international organisé par la MSH de Dijon (UMS CNRS-uB 2739)

Les Lumières et l'idée de Nature

1er au 3 octobre 2008 – Université de Bourgogne

La notion de nature a pris au siècle des Lumières des significations nouvelles en particulier du fait de la révolution scientifique du XVIIème siècle et de l’étonnant développement des savoirs dans tous les domaines, non seulement en astronomie et en physique mais aussi en botanique, en zoologie, en minéralogie… La conquête de la planète par les puissances européennes a ouvert à l’exubérance de la nature ; les découvertes de nombreuses espèces nouvelles, voire étranges, commandent une classification scientifique de la nature de manière à en maîtriser les débordements. Les savants doivent décrire et classer pour dresser un tableau rationnel du monde. Ils se donnent pour objectif de dégager, sous le foisonnement des choses, les lois qui en assurent l’ordre intelligible. La nature c’est donc d’abord l’objet d’une intelligibilité à conquérir en mettant en œuvre aussi bien les cadres mathématiques que la méthode expérimentale que le siècle précédent avait inaugurés avec Descartes, Galilée puis Newton.

Cependant, dans un siècle de bouillonnement intellectuel et politique où les cadres traditionnels du pouvoir religieux comme du pouvoir politique craquent de toute part, l’idée de nature est en même temps l’outil de la critique et le fondement d’un ordre nouveau qui se cherche et dont nous héritons. Alors que le pouvoir de droit divin est mis à mal par une critique de plus en plus ouverte, on va tenter de fonder les normes de la vie morale comme de la vie sociale sur une nature supposée bonne. Les règles ne descendront plus du ciel mais devront émaner de la nature dans lequel l’individu se trouve plongé. D’où les tentatives de substitution d’un droit naturel à un droit divin, d’une théologie naturelle à la théologie dogmatique du christianisme, des droits de l’homme aux droits du dogme. Le mythe du bon sauvage, la comparaison constante des mœurs européennes aux mœurs des peuples que l’Europe découvre, opposent constamment, dans les textes du XVIIIème siècle, les « mœurs naturelles » aux mœurs dépravées d’une société en crise et fait de l’idée de nature une véritable arme idéologique dans le combat mené par les penseurs des Lumières contre ce qu’ils nommeront l’intolérance, la superstition, l’obscurantisme. Ils placent, pour certains tout du moins, la nature du côté de la raison.

Toutefois, cette mise en avant de la nature, celle des choses comme celle de l’homme, en donne peu à peu une représentation idéalisée devant laquelle la raison elle-même doit s’incliner. Au cœur même du XVIIIème siècle, chez Rousseau par exemple, on voit frémir les grands thèmes du romantisme où la nature va prendre la place immense d’une nouvelle divinité qui saisit l’individu au plus profond de son existence. Elle devient l’objet d’une exaltation, la source du sens, la maîtresse des peines et des joies. Nature tourmentée et violente mais aussi nature consolatrice et maternelle, livrée au sentiment plus qu’à la raison.
Aujourd’hui, alors que l’on mesure à quel point le travail des hommes a transformé la nature, modelé les paysages, quadrillé l’espace et le temps, alors que l’on prend conscience des avantages et des risques, des gains et des dangers que notre activité massive sur la nature a provoqués, l’idée de nature revient au cœur des débats que suscitent sciences et technologie. Mais les questions que nous pouvons nous poser aujourd’hui quant à notre place et notre action dans la nature – certains dénonçant son asservissement à nos fins, appelant à son « respect », voire dénonçant derrière l’entreprise technicienne une dictature de la raison, d’autres refusant de résorber le phénomène humain dans la nature et revendiquant les droits de la raison à nous « rendre comme maîtres et possesseurs » de la nature –, renouvellent les interrogations que les Lumières avaient mis sur le devant de la scène.

Finalement le XXIème siècle hérite de la problématique des Lumières. Cette problématique, « Les Lumières et l’idée de nature », non seulement conserve toute son actualité mais implique toutes les disciplines scientifiques qui dans le fond se sont pour la plupart constitué au XVIIIème siècle : les historiens bien sûr, les philosophes, les littéraires, les scientifiques de tous les domaines (mathématiciens, physiciens, biologistes, géographes, économistes…) Qui n’a pas quelque grand précurseur au siècle des Lumières ? Et parmi ces précurseurs qui n’a pas contribué à forger l’idée de nature dont nous héritons aujourd’hui au-delà des révolutions industrielles du XIXème ?

Programme provisoire

Mercredi 1er octobre 2008

 

09h30 - Accueil des participants - ouverture du colloque

10h30 - Gérard Chazal (Université de Bourgogne)  – Présentation du thème

11h15 - Simone Mazauric (Université de Nancy) – titre à préciser

12h00 - Pause déjeuner

14h00 - Rodolphe Leroy (Université de Bourgogne)
« Voyages scientifiques et découverte de l’Autre : l’élan et l’héritage du siècle des Lumières »

14h45 - Emmanuel d’Hombre (Université Paris VII – Denis Diderot)
« La méthode comparative dans l’histoire naturelle des sociétés à l’époque des Lumières »

15h30 - Pause

15h45 - Pascal Charbonnat (université Paris X)
« Les naturalistes, les matérialistes et la question de l’origine des corps organisés »

16h30 - Philippe Lherminier (CNRS)
« L'espèce entre concept et mythe »

17h15 - Sandra Caponi (Universidad de Santa Catarina)
« L’idée de dégénérescence au Rapport du physique et du moral de Cabanis »

 

Jeudi 2 octobre 2008

 

09h00 - Gustavo Caponi (UFSC Florianopolis Brésil)
« L’unité de type dans l'Histoire Naturelle de Buffon »

09h45 - Frank Cézilly (Université de Bourgogne)
« La domestication de la Nature »

10h30 - Pause

10h45 - Mariafranca Spallanzani (université de Bologne)
T titre à préciser

12h00 - Pause déjeuner

14h00 - Thierry Martin (Université de Franche Comté)
« Ordre naturel, arithmétique et rationalité politique au siècle des Lumières »

14h45 - Luigi Delia (université de Bourgogne)
« Le droit naturel en « désignant » dans l'Encyclopédie »

15h30 - Pause

15h45 - Anne-Sophie Lambert (Université de Bourgogne)
« Le rapport à la nature des  "peuples indigènes". Enjeux et perspectives »

16h30 - Visite de l’exposition à la bibliothèque universitaire

 

Vendredi 3 octobre 2008

 

09h00 - Marie-Claire Planche-Touron (docteur en histoire de l’art)
« Nature et exotisme dans l’illustration au XVIIIe siècle »

09h45 - Marita Gilli (Université de Franche-Comté)
« Nature et civilisation chez G. Forster : à l’origine du romantisme »

10h30 - Pause

10h45 - Jean-Claude Beaune (université de Lyon 3)
« Un ingénieur des Lumières : le "cas" Jacques Vaucanson »

12h00 - Pause déjeuner

14h00 - Monique Sicard (EHESS)
Etude sur un ouvrage de Tiphaigne de la Roche

14h45 - Michel Baridon (université de Bourgogne)
« Les Lumières, la nature et le paysage »

15h30 - Pause

15h45 - Nuria Lombardero (Université de Bourgogne)
« Robinson Crusoe ou de l’éducation naturelle, nature et pédagogie chez Defoe et Rousseau »

16h30 - Paul Robin (INRA Montpellier)
« L'idée de Nature dans les Observations sur la physique (1771-1779) et dans le Cours complet d'agriculture (1781-1789)  de l'Abbé Rozier, un univers entre tradition et mutation »

17h15 - clôture du colloque

Catégories

Lieux

  • Université de Bourgogne
    Dijon, France

Dates

  • mercredi 01 octobre 2008
  • jeudi 02 octobre 2008
  • vendredi 03 octobre 2008

Contacts

  • Jean-Marc Bourgeon
    courriel : jean-marc [dot] bourgeon [at] u-bourgogne [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Eva Lez
    courriel : eva [dot] lez [at] u-bourgogne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les Lumières et l'idée de nature », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 14 mai 2008, http://calenda.org/194989