AccueilÉcriture et trouble(s) de soi

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Publié le mercredi 14 mai 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Le groupe de recherche « identités narratives : formes, figures, pratiques », fondé sous l’égide d’une terminologie chère à Paul Ricœur, s’intéresse à la manière dont le sujet construit sa cohérence à travers la configuration de son expérience par le récit. Afin de mettre à l’épreuve le fonctionnement de cette nécessité narrative, il a paru intéressant de commencer par les cas les plus manifestes de ce lien entre la construction de l’identité et le rôle de l’écriture : lorsque la difficulté d’être soi, la faille, l’incohérence, l’opacité de soi à soi – et aux autres –, la souffrance, transparaissent dans les pratiques d’écriture ou les déclenchent. Deux journées d’étude (2008, 2009) devraient permettre, en s’appuyant sur l’approche diachronique de plusieurs études de cas, d’interroger ainsi, à travers l’historicité des pratiques d’écriture, l’historicité des figures du soi, à la charnière de l’individu et de la société.

Annonce

Université Aix-Marseille I
UMR TELEMME, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’homme

Groupe 1, programme 4. Identités narratives : formes, figures, pratiques

Journée d’étude du 23 mai 2008 : Écriture et trouble(s) de soi

Le groupe de recherche « identités narratives : formes, figures, pratiques », fondé sous l’égide d’une terminologie chère à Paul Ricœur, s’intéresse à la manière dont le sujet construit sa cohérence à travers la configuration de son expérience par le récit. Afin de mettre à l’épreuve le fonctionnement de cette nécessité narrative, il a paru intéressant de commencer par les cas les plus manifestes de ce lien entre la construction de l’identité et le rôle de l’écriture : lorsque la difficulté d’être soi, la faille, l’incohérence, l’opacité de soi à soi – et aux autres –, la souffrance, transparaissent dans les pratiques d’écriture ou les déclenchent.

L’écriture peut en effet apparaître comme le symptôme d’un trouble de soi (« fous littéraires », interrogations de l’aliénisme sur l’écriture au XIXe siècle…) ; mais elle en apparaît aussi très tôt comme une thérapie (de la thérapie spirituelle, dès les Confessions de saint Augustin, aux cures d’écriture de la psychanalyse). En deçà du regard normatif et savant, nous souhaitons placer cette journée d’étude au niveau des pratiques « ordinaires » des individus. Nous nous demanderons notamment comment des pratiques d'écriture potentiellement codifiées et socialisées (poésie de cour, requêtes judiciaires, livres de raisons, travaux d'historien...) dérapent consciemment ou inconsciemment, rompent leur « contrat » par une irruption de l'individu, du soi, de l'intime : comment l’écriture intervient-elle dans l’expression de la souffrance et du trouble mais aussi dans leur réparation, que cette souffrance soit personnelle (par exemple, comment l’écriture aide-t-elle à gérer le deuil ?) ou plus large (souffrance sociale, lutte pour la reconnaissance…) ? Deux journées d’étude (2008, 2009) devraient permettre, en s’appuyant sur l’approche diachronique de plusieurs études de cas, d’interroger ainsi, à travers l’historicité des pratiques d’écriture, l’historicité des figures du soi, à la charnière du « je », du « moi », et de la société. L’écriture devient-elle un outil à la fois conscient et légitime d’affirmation du sujet ? Quel est ce sujet qui se construit dans les formes socialement et historiquement différenciées d’une appropriation personnelle de l’écriture ?

Salle Georges Duby

9h 30

sous la présidence de Régis Bertrand (UMR Telemme – Université de Provence)

Isabelle Luciani (UMR Telemme – Université de Provence)
Introduction

Christiane Raynaud (UMR Telemme – Université de Provence)
Perdre son Prince au XVe siècle

Déborah Cohen (UMR Telemme – Université de Provence)
La construction scripturaire de soi : heurs et malheurs de l’onirisme social (XVIIIe siècle)

14h

sous la présidence de Martine Lapied (UMR Telemme – Université de Provence)

Véronique Moulinié (Lahic)
Jules Mommeja (1854-1928) : quand écrire c’est être

Michel Casta (IUFM d’Amiens)
Les désordres de la foi. L'ermite et le prêtre (1880-1932)

Yvan Gastaut (CMMC – Université de Nice)
L’exil et la souffrance dans les publications des migrants de la première génération en France (1960-1980)

Catégories

Lieux

  • Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme 5 rue du Château de l'Horloge 13094 Aix-en-Provence (Salle Georges Duby)
    Aix-en-Provence, France

Dates

  • vendredi 23 mai 2008

Mots-clés

  • individu, société, écriture de soi

Contacts

  • Jean-Noël Pelen
    courriel : pelen [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr
  • Isabelle Luciani
    courriel : isluciani [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Isabelle Luciani
    courriel : isluciani [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Écriture et trouble(s) de soi », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 14 mai 2008, http://calenda.org/194991