AccueilLe relativisme médiéval et son héritage (1230-1450)

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Publié le jeudi 15 mai 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce colloque interdisciplinaire se propose d’examiner le développement des modes de pensée relativistes, et les réactions qu’ils suscitent, en théologie, philosophie, éthique, littérature et art, à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance. Quand des études contemporaines considèrent l’histoire du relativisme, le plus souvent elles négligent la période médiévale dans son ensemble, en suggérant que les positions de l’Église catholique acceptées de façon absolue bloquaient tout développement et toute considération d’une approche relativisée de la vérité, des mœurs et de l’éthique. C’est néanmoins un curieux raccourci quand on considère que les auteurs médiévaux eux-mêmes ont accordé une large attention à ce problème dans toute sorte de traité, de l’économie jusqu’à la littérature de voyage, des manuels pastoraux jusqu’aux commentaires d’Aristote. Ainsi, le discours médiéval sur le relativisme apparaît comme le meilleur révélateur des tensions et des coupures qui permettent l’émergence de la modernité.

Annonce

Le relativisme médiéval et son héritage (1230-1450)

5-7 juin 2008
Université de Paris I - Sorbonne (Salle D 621 & Salle Cavaillès)

Colloque international organisé par D. Denery II et C. Grellard

La notion de relativisme désigne une variété de positions philosophiques qui soutiennent qu’il n’y a aucune norme absolue qui permette de déterminer la vérité du savoir empirique, de la morale et des jugements de valeurs. Au contraire, les jugements scientifiques, esthétiques et moraux sont vrais relativement à un contexte ou un paradigme, que ce soit la culture de chacun, la religion, ou même l’éducation scientifique. Il s’agit de toute évidence d’une position controversée, pas moins aujourd’hui qu’autrefois et depuis aussi longtemps que l’on trouve des défenseurs des modes de pensée relativistes, et des opposants à ces modes de pensée. Déjà dans la Grèce antique, Socrate, Platon et Aristote s’opposèrent à Protagoras, peut-être le premier véritable philosophe relativiste, fameux pour son affirmation selon laquelle « l’homme est la mesure de toute chose ». Le débat s’est poursuivi sans discontinuer, pour reprendre de la force à notre époque, notamment dans les débats sur la laïcisation de la société, ou sur le statut absolu ou non de la science. Dès lors, une enquête sur les origines de la pensée relativiste dans l’occident médiéval semble nécessaire. Sans prétendre éclairer complètement les débats actuels, une telle enquête pourra nous aider à comprendre la constitution des débats contemporains.

Programme du colloque

Jeudi 5 juin 14h-18h30

Première partie : Théologie et Philosophie

Dominique Demange (EPHE)
Pluralité des vérités et architectonique dans la pensée médiévale

Dallas G. Denery II (Bowdoin College)
Protagoras and the Fourteenth-Century Invention of Epistemological Relativism

Christophe Grellard (Université de Paris 1)
Fides infidelis. La relativité des croyances chez Guillaume d’Ockham

Emmanuel Babey (Université de Fribourg)
Saint comme un sage (stoïcien)

Vendredi 6 juin 9h-12h30

Deuwième partie : Histoire de l’art

Dorit Tanai (University of Tel Aviv)
As Good as it Gets: The erosion of Perfection and Harmony
in Medieval Music.

Stephen Perkinson (Bowdoin College)
Resisting Relativism in Illuminated Historical Romances: The Case of the Master of Wavrin

Barbara Perucka (Université Adam Mickiewicz, Poznan)
La verité ou l’imagination? L’Orient dans les miniatures du ‘Livre des merveilles’ (Paris,BnF, ms. fr. 2810) – quelques remarques nouvelles

Clemena Antonova (American University in Bulgaria)
The Role of the Beholder – Relativism in Medieval and Renaissance Art

Vendredi 6 juin 15h-17h30

Troisième partie : Littérature et Culture

Richard Newhauser (Arizona State University)
Sir Gawain and the Ambiguity of Judgment

Kevin Gufstafson (University of Texas, Arlington)
Judgment, Relativism, and Spectral Secularity in Medieval Representations of Sodom

Carina Johnson (Pitzer College)
Homo Cosmographus and the Possibilities of Cultural Relativism

Samedi 7 juin 9h30-12h

Quatrième partie : Ethique et politique

Marco Toste (Université de Fribourg)
Non semper in omni materia querendum quod est melius simpliciter : Le relativisme politique et éthique dans les commentaires médiévaux à la Politique

Martin Stone (Katholieke Universiteit Leuven)
Moral Pluralism, Relativism, or Incommensurability? Explaining several troublesome features of medieval ethics

Cinquième partie : Philosophie Naturelle

Joel Kaye (Barnard College)
Relativity in Galenic Medical Theory and Medieval Galenism

Aurélien Robert (Ecole Française de Rome)
Relativisme et théorie des climats à la fin du moyen âge

Lieux

  • Université de Paris I - Sorbonne (Salle D 621 & Salle Cavaillès)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 06 juin 2008
  • jeudi 05 juin 2008
  • samedi 07 juin 2008

Mots-clés

  • relativisme, croyance, vérité, autrui, représentation

Contacts

  • Christophe Grellard
    courriel : christophe [dot] grellard [at] ephe [dot] sorbonne [dot] fr
  • Dallas G. Denery
    courriel : ddenery [at] bowdoin [dot] edu

Source de l'information

  • Christophe Grellard
    courriel : christophe [dot] grellard [at] ephe [dot] sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le relativisme médiéval et son héritage (1230-1450) », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 15 mai 2008, http://calenda.org/195000