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Religions, religieux et religiosité aujourd’hui

Université européenne et internationale d’été en anthropologie

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Publié le lundi 26 mai 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Une formule récurrente - celle « du retour du religieux » - sert à décrire la place du phénomène religieux aujourd’hui, laissant à penser que le religieux se serait effacé de la surface sociale des sociétés modernes. Cette vision erronée de l’histoire des religions vient de ce que le fait religieux a été largement ignoré par les sciences sociales occupées par d’autres objets d’étude, attitude elle-même liée à l’équation-postulat selon lequel la modernité entraînait nécessairement la sécularisation et le déclin des religions. Le défi pour les sciences sociales, réunies dans une même entreprise d’herméneutique, est en effet d’analyser - une fois précisé le fait que les croyances et les engagements religieux sont une composante des sociétés modernes - le processus de modernisation actuelle des religions, qui concerne toutes les religions, sous des formes diverses et à des rythmes distincts.

Annonce

Université européenne et internationale d’été en anthropologie

15 –19 Juillet 2008 CEP Ospitalea – IRISSARRY (64)

Université de Bordeaux 2

En partenariat avec le Conseil Général des Pyrénées Atlantiques. Avec le concours du Conseil Régional d’Aquitaine et de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Avec le parrainage de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme de Paris et de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine

Religions, religieux et religiosité aujourd’hui

« La religion, un sujet d’avenir », tel était le message transmis par l’anthropologue américain Clifford Geertz, dans un texte fourni à l’occasion du grand colloque sur Les sciences sociales en mutation tenu à Paris en 2006, sous la direction de Michel Wieviorka.

Une formule récurrente - celle « du retour du religieux »- sert à décrire la place du phénomène religieux aujourd’hui, laissant à penser que le religieux se serait effacé de la surface sociale des sociétés modernes. Cette vision erronée de l’histoire des religions vient de ce que le fait religieux a été largement ignoré par les sciences sociales occupées par d’autres objets d’étude, attitude elle-même liée à l’équation-postulat selon lequel la modernité entraînait nécessairement la sécularisation et le déclin des religions.

Aussi sommes-nous presque surpris de constater la prolifération des expressions fondamentalistes, qualifiées facilement d’archaïsmes religieux, de régression culturelle, ou de « discordance civilisatrice », selon l’expression de Nilüfer Göle, en observant également comment la croyance religieuse, en particulier celle de l’Islam, est utilisée aujourd’hui, par des jeunes, des femmes et des immigrés pour traduire leur manières « d’être-au-monde » par rapport à une modernité imaginée et appréhendée en termes d’arrogance et de déstabilisation des mœurs. Le même processus se remarque en Afrique et en Amérique du Sud où les religions dites nouvelles bénéficient d’une faveur exceptionnelle, pour leur capacité à prendre en charge les « dégâts » de la modernité sous toutes ses formes. En Europe de l’Est, l’écroulement du système et de l’idéologie communistes a ouvert un boulevard à l’orthodoxie pour réaffirmer sa présence sociale et politique : le projet de la « grande Russie » de Poutine s’inscrit ouvertement dans la tradition de la Russie orthodoxe. Les très nombreux chantiers de constructions d’églises orthodoxe en Roumanie et ailleurs signent cette même volonté de combler par les croyances religieuses le vide idéologique créé par la dislocation du communisme. La situation de l’Islam est sans doute la plus préoccupante à cause de l’hypothèque de l’islamisme terroriste qui sème le soupçon dans les consciences collectives non musulmanes et rend de ce fait difficile la pratique ordinaire de la religion musulmane.

Il convient donc de se souvenir que les religions ne sont pas seulement des corpus de croyances mais qu’elles sont aussi des systèmes d’interprétation, qu’elles renferment des visions du monde que le sujet croyant mobilise pour construire sa subjectivité à partir des sens fournis par les références ou les connaissances religieuses.

Le défi pour les sciences sociales, réunies dans une même entreprise d’herméneutique, est en effet d’analyser - une fois précisé le fait que les croyances et les engagements religieux sont une composante des sociétés modernes - le processus de modernisation actuelle des religions, qui concerne toutes les religions, sous des formes diverses et à des rythmes distincts.

Cela passe, bien entendu, par le réexamen critique de la « théorie de la sécularisation » (impérieuse et continue), par l’analyse de nos démarches réflexives sur le large front des études consacrées aux croyances et aux pratiques religieuses, par notre plongée dans les micro-observations relatives aux modalités multiples et diverses de production généalogique de sens religieux et d’interpellation du monde contemporain par les croyants, en résumé, par la mise en évidence des relations « complexes » (en termes de concurrence, de complémentarité et d’opposition, selon la formulation d’Edgar Morin) entre religion, laïcité et modernité mais aussi politique, démocratie et phénomènes de trans-nationalisation du religieux.

Prof. dr. Pierre BIDART

Programme des conférences

(Susceptible d’être modifié)
(Conférence du matin : 9 h à 12 h – Conférence de l’après-midi : 14.30 à 17h.30)

Mardi 15 Juillet 2008

- Prof. Marianne MESNIL, Université Libre de Bruxelles, Belgique : « Regards anthropologiques sur l’orthodoxie ».

- Prof. Gianni VATTIMO, Université de Turin, Italie : «Religion et démocratie »..

Mercredi 16 Juillet 2008

- Prof. Bruce GRANT, Université de New York, USA : « De la sécularisation en Union Soviétique : nouvelles approches ».

- Mme Catherine GREMION, Directrice de Recherches au CNRS :« Les catholiques de France : entre tradition et modernité ».

Jeudi 17 Juillet 2008

- Prof. John BOWEN, Université de Washington–Saint-Louis, USA : « L’éducation musulmane en France ».

-Prof. Joseph TONDA, Université de Libreville, Gabon : « Pentecôtisme et périls biologiques en Afrique centrale »

Vendredi 18 Juillet 2008

- Dr. Laurence KOTOBI, Université de Bordeaux 2 : « Jurisprudence et pratiques dans le domaine de la santé reproductive en République islamique d’Iran ».

- Prof. Abel KOUVOUAMA, Université de Pau et des Pays de l’Adour : « Le religieux dans les villes nouvelles en France ».

Samedi 19 Juillet 2008

- Prof. Djamel GUERID, Université d’Oran, Algérie : « De la souffrance du croyant musulman ordinaire en Algérie ».

-Prof. Pierre BIDART, Université de Bordeaux 2 : « Les versions laïque et religieuse (catholique) dans la construction et la célébration d’un événement : l’avènement du troisième millénaire ».

Comité scientifique

- Prof. dr. Pierre BIDART, Directeur,
Département d’anthropologie, Université de Bordeaux 2 (bidartpierre0152@orange.fr)

- Prof. dr. Bernard TRAIMOND,
Département d’anthropologie, Université de Bordeaux 2 (Bernard.Traimond@cere.u-bordeaux2.fr)

- Prof. dr. Abel KOUVOUAMA,
Université de Pau et des Pays de l’Adour (abel.kouvouama@univ-pau.fr)

Secrétariat et information

Dr. Frédéric BERTRAND,
europe-anthropologie@u-bordeaux2.fr

Université de Bordeaux 2
Faculté des Sciences Humaines et sociales
Département d’anthropologie (tél. : 05 57 57 18 08)
3 ter, Place de la Victoire
33076 – Bordeaux cedex

Lieux

  • CEP Ospitalea
    Irissarry, France

Dates

  • jeudi 17 juillet 2008
  • vendredi 18 juillet 2008
  • mardi 15 juillet 2008
  • mercredi 16 juillet 2008
  • samedi 19 juillet 2008

Mots-clés

  • anthropologie, religion

Contacts

  • Frédéric Bertrand
    courriel : europe-anthropologie [at] u-bordeaux2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Frédéric Bertrand
    courriel : europe-anthropologie [at] u-bordeaux2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Religions, religieux et religiosité aujourd’hui », Colloque, Calenda, Publié le lundi 26 mai 2008, http://calenda.org/195068