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Agencements – arrangements – a-genre-ments ?

Narrations en tous genres (France-Allemagne)

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Publié le vendredi 27 juin 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Partant du double constat, d'une part, du « phénomène-retard » propre à la réception française des gender studies et, d'autre part, de l'importance de la question des narrations dans la recherche actuelle, la présente journée d’étude franco-allemande a pour objectif de procéder à une lecture approfondie de la problématique « genre(s) et narration(s) » et d’interroger les modes privilégiés d’expression du genre (mode ludique, mimétique, expérimental, normatif, subversif, etc.) et de mise en voix narrative.

Annonce

Agencements – arrangements – a-genre-ments ?

Narrations en tous genres (France-Allemagne)

Colloque junior - Centre Interdisciplinaire d’Études et de Recherches sur l’Allemagne

Organisé par Cécile Chamayou-Kuhn (Paris III), Patrick Farges (Paris III) et Perin Emel Yavuz (EHESS)

Si le questionnement du (des) genre(s) a émergé assez tardivement en France, il constitue l’un des axes fondamentaux d’analyse de la culture et de la société dans la recherche germanophone, souvent plus avancée sur le sujet. Par-delà les contextes nationaux et les traditions universitaires toutefois, l’un des postulats des Gender / Queer Studies est de penser le genre à partir de sa performativité, c’est-à-dire de définir les constructions genrées comme résultant d’actes discursifs, notamment narratifs. Par ailleurs, la parution en français des textes de Judith Butler sur la théorie du genre a lieu alors même que la philosophe aborde une réflexion centrée sur la narration de soi, comme en témoigne la traduction de son ouvrage Le récit de soi [2005], Paris, PUF, 2007. Considérant le « phénomène-retard » propre à la réception française de Butler, il semble opportun de se confronter aux avancées des chercheurs germanophones sur le sujet. Enfin, la question des narrations et de leurs circulations est au cœur de la recherche (cf. Christian Salmon, Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, Paris, La Découverte, 2007).

Partant de ce double constat, la présente journée d’étude franco-allemande a pour objectif de procéder à une lecture approfondie de la problématique « genre(s) et narration(s) » et d’interroger les modes privilégiés d’expression du genre (mode ludique, mimétique, expérimental, normatif, subversif, etc.) et de mise en voix narrative. Paul Ricœur signalait déjà que « l’histoire d’une vie ne cesse d’être refigurée par toutes les histoires véridiques ou fictives qu’un sujet raconte sur lui-même. Cette refiguration fait de la vie elle-même un tissu d’histoires racontées ». Cette refiguration est alors une manière signifiante pour soi de ré-agencer son récit propre pour les autres, au moyen de masques et – serait-on tenté d’ajouter – de travestissements.

Les axes suivants pourront être développés :

Axe 1 : Le pouvoir genré des mots
Il faut avant tout disposer de normes – psychologiques, sociales – et de pouvoirs – discursif, politique, religieux – pour dire le genre. Quelles sont les contraintes qui encadrent la performance et quel est le poids historique des représentations dans ce domaine ? « Je » narré / narrant : le sujet peut-il narrer le genre sans pour autant être objectivé dans son propre récit et, partant, dépossédé de lui-même ?

Axe 2 : La fabrique du récit genré
Pour qu’un récit soit communicable, il faut qu’il soit compréhensible par d’autres. En effet, n’avons-nous pas recours dans nos performances genrées à des trames collectives, à des scripts préexistants socialement compréhensibles, sinon validés, qui, parce que nous les incorporons en les ré-assemblant sans cesse, finissent par nous ressembler ? Existe-t-il des modèles de tels agencements narratifs, des « modèles du genre » ? Existe-t-il, enfin, des formes narratives privilégiées qui permettent une re-signification des genres ?

Axe 3 : Fragments du genre
Ou bien le genre-performance est-il impossible à stabiliser ? Le genre serait-il le domaine par excellence du fragmentaire et de l’éclaté ? L’interpellation vient-elle interrompre la narration ? Peut-on parler de « narrations secrètes », ce qui implique des processus d’encodage et de décodage parfois difficiles à déchiffrer ? Pour que le récit du genre reste subversif, doit-il demeurer caché ?

Cette journée d’étude aura pour vocation de confronter les spécificités « nationales » de la recherche sur la question et de constituer un réseau durable de jeunes chercheurs travaillant sur les questions de genre, en France et en Allemagne notamment. Nous invitons les participants à proposer des modèles théoriques et à expérimenter des méthodes pour appréhender la narration du genre (analyse du discours, narratologie, histoire orale, Konversationsanalyse…).

Cette journée d’études soutenue par le CIERA qui s’adresse de manière privilégiée aux jeunes chercheurs aura lieu les 13 et 14 mars 2009 à Paris (École des Hautes Études en Sciences Sociales).

Une participation aux frais de transport et d’hébergement est prévue. Une publication est souhaitée.

Les propositions doivent faire une page maximum et être accompagnées d’un bref CV. Les propositions en allemand sont à envoyer à Cécile Chamayou-Kuhn (cecile.chamayou@wanadoo.fr) et les propositions en français à Patrick Farges (patrick.farges@univ-paris3.fr) le 15 octobre 2008 au plus tard.

Lieux

  • EHESS
    Paris, France

Dates

  • mercredi 15 octobre 2008

Mots-clés

  • genre, narration

Contacts

  • Cécile Chamayou Kuhn
    courriel : cecile [dot] chamayou [at] wanadoo [dot] fr
  • Patrick Farges
    courriel : patrick [dot] farges [at] univ-paris3 [dot] fr

Source de l'information

  • Perin Emel Yavuz
    courriel : pe [dot] yavuz [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Agencements – arrangements – a-genre-ments ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 27 juin 2008, http://calenda.org/195234