AccueilÀ quoi servent les sciences sociales du sport ? Recherches et utilité(s) sociale(s)

À quoi servent les sciences sociales du sport ? Recherches et utilité(s) sociale(s)

Cinquième congrès international 3SLF (Société de sociologie du sport de langue française)

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Publié le samedi 28 juin 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Au-delà du constat de la diversité des missions (diagnostic des politiques ou des organisations sportives, mesure des retombées économiques et sociales, études des usages et des consommations sportives…), ce Congrès voudrait questionner d’un point de vue épistémologique les liens entre recherche et utilité(s) sociale(s) : émergence de formes singulières d’enquête, enjeux de légitimité (formes « nobles » vs. « vulgaires »), lien entre utilité et médiatisation, risque de l’instrumentalisation, relations entre formes d’engagement et éthique. Plus largement, il est important d’étudier les types de relations qui se construisent entre les acteurs sociaux et les chercheurs : quelles formes de restitution des résultats pour quels usages des analyses des sciences sociales du sport ?

Annonce

L’équipe SPORTS (Sport, Professions, Organisations, Relations de Travail et de Service) du Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport (CRIS, EA 4167) organise le cinquième congrès de la Société de sociologie du sport de langue française (3SLF).

Il se déroulera du 27 au 29 mai 2009 dans les bâtiments de l’UFR-STAPS de l’Université Claude Bernard Lyon 1.

Constituée le 29 juin 2001, cette société savante a été présidée, à l’origine, par Jacques Defrance. Depuis 2005, elle est présidée par Catherine Louveau, professeure  à l’université Paris XI – Orsay. L’un des principaux objectifs de la 3SLF est d’organiser, tous les deux ans, un congrès destiné à rassembler la communauté des chercheurs de langue française en sociologie du sport et dans les sciences sociales connexes : anthropologie, ethnologie, histoire, géographie, économie, sciences de gestion…

Congrès 3SLF
Université Claude Bernard
UFR – STAPS
27-29 Bd du 11 nov. 1918
69622 VILLEURBANNE Cedex

Site internet : http://3slf2009.univ-lyon1.fr/
Courriel : 3slf2009@univ-lyon1.fr

Appel détaillé :

Les politiques publiques de la recherche sont de plus en plus centrées sur la logique de l’efficacité et la « culture du résultat ». Elles incitent les laboratoires à penser leurs projets dans la perspective de « retombées » socio-économiques à court terme (pilotage des projets ANR, « ouverture vers le monde de la demande sociale » comme indicateur de l’évaluation de la recherche par l’AERES…) et à rechercher des financements alternatifs (notamment en direction du secteur « privé » via le montage de partenariats, des bourses CIFRE…) qui rompent avec la logique des subventions. En ce sens, injonction leur est faite de légitimer leurs recherches, par définition « appliquées », à partir de leur « utilité sociale » et de leur capacité de répondre aux « demandes sociales », c’est-à-dire aux phénomènes construits comme « questions sociales » (violence, santé, intégration, développement durable…).

Pour autant, et notamment dans le champ des sciences sociales du sport, les analyses visant à répondre à ces « demandes sociales » ne sont pas récentes. En effet, depuis plus de vingt ans, sociologues, ethnologues, géographes, économistes, chercheurs en sciences de gestion… sont sollicités par les acteurs publics (Union européenne, Etat, région, communautés de communes…) pour éclairer leurs politiques sportives (transversales avec l’économie, le territoire, l’emploi, la formation, le social…) ou mesurer les retombées économiques, médiatiques et sociales des grands événements sportifs. Ils interviennent également auprès des organisations sportives du secteur associatif, au niveau national (fédérations, ligues…) ou international (CIO, AMA…) afin d’éclairer leurs modes de fonctionnement et de développement. Ils sont enfin sollicités par des entreprises du secteur marchand, notamment dans le domaine du sport professionnel, du tourisme, voire de la distribution ou de l’industrie des articles de sport pour réaliser des « études » sur les formes de consommation des pratiquants sportifs.

Ainsi, les réponses aux « demandes sociales » ne sont pas nouvelles. Le questionnement épistémologique sur le rapport entre sciences sociales (du sport) et « demandes sociales » ne l’est pas non plus. En revanche, le contexte institutionnel et politique de la recherche rend cette interrogation plus cruciale pour l’avenir des recherches dans ce domaine. Dans ce cadre, les sciences sociales (du sport) peuvent-elles se contenter d’un positionnement strictement critique de dénonciation des idéologies et des formes de domination ?
Un travail préalable de déconstruction/reconstruction des notions de « demandes et d’utilité(s) sociale(s) » issues des discours des acteurs publics ou privés et une interrogation sur les différentes formes d’ « utilité sociale » sont sans doute nécessaires. Il est d’ailleurs fort probable que la « communauté » des chercheurs en sciences sociales n’adopte pas une position homogène sur ce plan. N’existe-t-il pas une opposition entre les formes  « nobles » de l’utilité sociale (participation à une démocratie éclairée – politiques et citoyens - par les sciences sociales, voire visée réformiste de la société et intervention sur les questions « sociales ») et les formes « vulgaires », voire « pernicieuses » qui dénatureraient l’esprit et l’autonomie des sciences sociales (aide aux actions de rationalisation et de développement des organisations sportives) ?
Inversement, on peut se demander si l’accès des chercheurs à la visibilité médiatique ne devient pas une condition de légitimation de leurs productions scientifiques et de leur « utilité sociale » en termes de valorisation/vulgarisation. Dès lors, dans quelle mesure cette médiatisation produit-elle également une légitimation dans l’espace académique, voire un renversement de la hiérarchie des productions scientifiques ? Les chercheurs sont-ils condamnés à passer par le filtre, sans doute déformant, des médias pour éprouver « l’utilité sociale » de leurs recherches ?

Quoi qu’il en soit, une partie des chercheurs en sciences sociales (du sport) est engagée dans des recherches commanditées par des acteurs du secteur public, associatif ou marchand. Il s’agit donc de s’interroger sur les risques d’instrumentalisation des recherches et sur les conditions du maintien de l’autonomie du chercheur engagé dans une « étude commanditée ».
Au-delà, il s’agit de rendre compte des formes d’engagement du chercheur et des usages de ses « résultats » par les commanditaires. En premier lieu, les acteurs sociaux ont-ils tendance à davantage solliciter les chercheurs ou recourent-ils plus volontiers à des cabinets d’étude ? Le chercheur est-il condamné à formater ses recherches sur le modèle du consulting pour espérer y trouver des retombées en termes « d’utilité sociale » ? Ne risque-t-il pas au contraire de perdre sur les deux tableaux, c’est-à-dire, sans même parler de perdre son âme, ne pas maîtriser les ficelles du métier de consultant tout en étant improductif sur le plan de la production scientifique ? Quels types de relations se construisent entre les acteurs sociaux et les chercheurs ? Quelles sont les formes d’engagement « éthique » du chercheur ? Quelles sont les différentes formes de restitution des résultats auprès des acteurs sociaux ? Comment ces derniers s’approprient-ils les analyses des sciences sociales du sport ? Quels sont les usages des résultats des recherches en sciences sociales du sport ? Constituent-ils une réelle aide à la décision et à l’action ou servent-ils, au mieux, d’alibi pour valider les décisions a posteriori ?
Telles sont les questions dont nous souhaiterions débattre à l’occasion du 5ème Congrès de la société de sociologie du sport de langue française. Il s’agit sans doute d’une thématique controversée, mais gageons que les débats sauront dépasser les simples polémiques.
Quels types de relations se construisent entre les acteurs sociaux et les chercheurs ? Quelles sont les formes d’engagement « éthique » du chercheur ? Quelles sont les différentes formes de restitution des résultats auprès des acteurs sociaux ? Comment ces derniers s’approprient-ils les analyses des sciences sociales du sport ? Quels sont les usages des résultats des recherches en sciences sociales du sport ? Constituent-ils une réelle aide à la décision et à l’action ou servent-ils, au mieux, d’alibi pour valider les décisions a posteriori ?
Telles sont les questions dont nous souhaiterions débattre à l’occasion du 5ème Congrès de la société de sociologie du sport de langue française. Il s’agit sans doute d’une thématique controversée, mais gageons que les débats sauront dépasser les simples polémiques.

Organisation des sessions

Placé au cœur des séances plénières, le thème générique du Cinquième congrès a aussi pour but, dans un souci d’unité, d’orienter de manière problématique le contenu des communications attendues. Toutefois, en tant que lieu d’échanges et de débats scientifiques, le congrès reste aussi un lieu par définition ouvert à toute communication concernant les travaux les plus récents dans le domaine des sciences sociales prenant le sport pour objet d’analyse.
Chaque session, animée par un modérateur et d’une durée d’une heure trente, rassemblera trois communications de 15 minutes suivies chacune d’un temps de discussion de 10 minutes.
Suite à une décision de la 3SLF, les propositions de communications seront expertisées anonymement par 1 membre du Conseil d’administration de la 3SLF et 1 membre du Conseil local d’organisation.
Afin de simplifier le travail d’organisation en sessions, il sera demandé aux contributeurs de choisir la session qui correspond le mieux à l’objet de la communication envisagée. Dans le cas où aucun des thèmes listés par l’organisation ne conviendrait, deux possibilités restent ouvertes :

•    s’inscrire en « hors thèmes » (le Comité scientifique se chargera de positionner les projets « hors thèmes » de la manière la plus harmonieuse possible).
•    proposer l’organisation (en nom propre ou à trois maximum) d’une session spéciale sur un thème non programmé. L’ouverture de telles sessions sera soumise à l’appréciation du Comité scientifique.

Votre proposition de communication (modèle dans l'appel à contribution joint) doit nous parvenir sous forme d’un fichier au format RTF ou Word à l’adresse suivante 3slf2009@univ-lyon1.fr. Ce fichier envoyé aux organisateurs par voie électronique sera simplement nommé par les nom et prénom de l’auteur sous la forme : NOM.Prénom
Elle comprendra le titre de la communication, la session choisie, le résumé de 200 à 300 mots (ni moins, ni plus), ainsi que les mots clés (5 au maximum). Le tout en Times New Roman caractère 12.
Date limite de soumission : 10 janvier 2009

Sessions

‪N° 1 : Sport et instrumentalisation politique et économique     ‪
N° 2 : La construction du sport comme question « sociale » (santé, intégration, violence, développement durable…)    ‪
N° 3 : Quantifier et qualifier en sciences sociales : du travail des chercheurs aux usages citoyens et politiques
‪N° 4 : Sport(s) et genre(s)    ‪
N° 5 : La dynamique des emplois, métiers et professions du sport   
N° 6 : Fonctionnement (pouvoir, culture, conflit, changement…) et développement des organisations sportives
‪N° 7 : Rapport aux objets sportifs dans la pratique et la consommation de biens et de services sportifs   
N° 8 : Internationalisation et médiatisation des pratiques et des spectacles sportifs (acteurs, enjeux…)    ‪
N° 9 : Tourisme, sports et loisirs
N° 10 : Pratiques sportives, rapport à l’espace et au territoire    ‪ ‪
N° 11 : Hors thèmes ou proposition d’une session spéciale (sur papier libre)    ‪

Lieux

  • Université Claude Bernard UFR – STAPS 27-29 Bd du 11 nov. 1918, 69622 VILLEURBANNE Cedex
    Lyon, France

Dates

  • samedi 10 janvier 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sciences sociales du sport, sociologie, sport, loisir, tourisme, sciences sociales, utilité, organisation, profession, développement, consommation, économie

Contacts

  • Pascal Chantelat, Bertrand Réau ~
    courriel : 3slf2009 [at] univ-lyon1 [dot] fr
  • Eric Boutroy
    courriel : 3slf2009 [at] univ-lyon1 [dot] fr

Source de l'information

  • Bertrand Réau
    courriel : breau [at] univ-lyon1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« À quoi servent les sciences sociales du sport ? Recherches et utilité(s) sociale(s) », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 28 juin 2008, http://calenda.org/195239