AccueilSortie(s) de crise

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Publié le mercredi 02 juillet 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Dans le cadre du renouveau de l'histoire politique, cette rencontre se propose de réfléchir au sens donné à l'événement dit « crise » en portant l'attention sur le moment où il prend fin. Il s'agira principalement d'analyser les modalités, matérielles ou verbales, mises en oeuvre par les protagonistes, par les observateurs, par les gardiens de la mémoire, voire par les historiens, pour fermer une « parenthèse ».

Annonce

Colloque « Sortie(s) de crise »

Universités de Poitiers et Limoges
Laboratoire Gerhico-Cerhilim (EA 4270)

APPEL À CONTRIBUTIONS

Colloque organisé par l’équipe « Cultures politiques et religieuses » du laboratoire de recherche GERHICO-CERHILIM, les 27 et 28 novembre 2008, à la Maison des Sciences de l’Homme et des Sociétés de l’Université de Poitiers.

Responsable scientifique : Jérôme Grévy

Comité scientifique : Michel Cassan, Paul d’Hollander, Jacques Peret, Jérôme Grévy.

Par paresse ou par commodité, l’historien ne prend souvent pas la peine de définir la notion de crise, se contentant d’identifier et de décrire les différentes phases d’un moment du passé jugé particulièrement grave. La crise ne serait donc autre qu’un moment de tensions particulièrement fortes, paroxysme d’un conflit latent ou déclaré, que l’historien se contente de rapporter.

Le « retour » de l’événement dans le champ des préoccupations historiographiques, maintes fois proclamé, ne peut être considéré comme la simple résurgence d’une histoire narrative qui se contenterait de voir dans la démarche de l’historien une opération technique consistant à repérer, à nommer puis à énumérer les faits de l’histoire. L’historien admet désormais que le fait historique est une construction dont il est l’un des fabricants majeurs.

Reconsidérer l’événement conduit à s’interroger sur la notion de crise. Et d’abord se demander simultanément ce qui fait la crise et comment elle a été nommée ainsi. Pour ne pas tomber dans le piège de la description de ses étapes, il nous a semblé opératoire de considérer les mécanismes mis en jeu par et dans les sociétés pour mettre fin à la crise. Car la crise est manifestement un moment a-normal, qui fait naître l’angoisse du lendemain inconnu. Etudier le phénomène de sortie de crise conduit à s’interroger sur les modalités selon lesquelles les sociétés conjurent l’exceptionnel pour retrouver un état de pacification compris soit comme un retour à une situation antérieure idéalisée soit comme mise en place d’un état nouveau.

Qu’elle soit dite parlementaire et politique, sociale, religieuse, économique, la sortie de crise est le produit de décisions majeures. Il s’agira de s’interroger sur modalités qui sont mises en œuvre pour tenter de mettre fin à la situation de crise et sur les acteurs qui jouent un rôle décisif dans ce processus. Le schéma traditionnel – ignorance, mise en œuvre des mécanismes confirmés puis essai de nouvelles expérimentations – est-il effectivement valide ? Il importe de repérer à quel moment et pourquoi se produit le tournant qui amorce le reflux conduisant à la sortie de crise, de déterminer ce qui permet d’affirmer que la crise est terminée, qu’elle est passée définitivement, qu’elle est derrière les protagonistes,.

Il convient de ne pas oublier que la crise tient également à la perception que les contemporains ont d’elle. En sortir est donc affaire de mots et de symboles. Tout en mettant à jour le rôle joué par les protagonistes dans la proclamation de la fin de crise, il s’agira d’en décrypter les mots utilisés pour conjurer les angoisses de la société et la convaincre que la parenthèse était fermée, ainsi que les signes qui ont eu pour rôle de manifester que l’événement exceptionnel était clos, que la normalité était de nouveau établie. Ce faisant, l’historien ne manquera pas de s’interroger sur le rôle qu’il joue lui-même, à son insu parfois, pour clore la crise ou pour réfuter le discours de sortie qui a été tenu par les contemporains de la crise.

Le regard comparatif porté sur des crises de natures diverses et s’étant produites à différents moments, sans liens directs apparents, a pour objectif non de déterminer des invariants événementiels mais au contraire d’historiciser le regard qu’ont porté sur elles les contemporains et les historiens.

Les propositions de communication sont à envoyer d’ici le 15 septembre 2008 sous forme de résumé de 1500 caractères, à l’adresse électronique suivante : jerome.grevy@univ-poitiers.fr

Lieux

  • Université
    Poitiers, France

Dates

  • lundi 15 septembre 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • crise, événement,politique, representation, historiens

Contacts

  • Jerome Grevy
    courriel : jgrevy [at] univ-poitiers [dot] fr

Source de l'information

  • Jerome Grevy
    courriel : jgrevy [at] univ-poitiers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sortie(s) de crise », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 02 juillet 2008, http://calenda.org/195254