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Enquêter dans les partis politiques

Journée d'études - 30 janvier 2009

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Publié le lundi 07 juillet 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Sous le parrainage de deux groupes de travail de l’AFSP, le GEOPP (Groupe d’études sur les organisations et les partis politiques) et le MOD (Méthode, observation et données), un séminaire a été mis en place depuis le printemps 2007 pour engager une réflexion collective sur les méthodes d’enquête dans les partis politiques. Ce travail débouche sur l’organisation d’une journée d’études visant à enrichir les réflexions produites au cours du séminaire sur les enjeux et difficultés méthodologiques propres à ce domaine de recherche. L’objectif est de renforcer les réflexions sur les méthodes, qui demeurent largement absentes du débat en science politique, et de souligner ce qu’elles apportent à la compréhension de l’objet « parti ».

Annonce

ENQUETER DANS LES PARTIS POLITIQUES

Appel à communications pour une Journée d’études

en partenariat avec les groupes MOD et GEOPP de l’AFSP
30 janvier 2009

Comité scientifique :

Myriam Aït-Aoudia (CRPS, Paris 1), Carole Bachelot (Sciences Po Paris), Lucie Bargel (CRPS, Paris 1), Hélène Combes (CNRS-CRPS, Paris 1), Stéphanie Dechezelles (SPIRIT, Sciences Po Bordeaux), Nathalie Ethuin (CERAPS, Lille 2), Florence Haegel (CEVIPOF-Sciences Po), Catherine Leclercq (Sciences Po Paris), Elise Massicard (CNRS-EHESS), Anne-Sophie Petitfils (CERAPS, Lille 2).

Sous le parrainage de deux groupes de travail de l’AFSP, le GEOPP (Groupe d’études sur les organisations et les partis politiques) et le MOD (Méthode, observation et données), un séminaire a été mis en place depuis le printemps 2007 pour engager une réflexion collective sur les méthodes d’enquête dans les partis politiques. Ce travail débouche sur l’organisation d’une journée d’études visant à enrichir les réflexions produites au cours du séminaire sur les enjeux et difficultés méthodologiques propres à ce domaine de recherche. L’objectif est de renforcer les réflexions sur les méthodes, qui demeurent largement absentes du débat en science politique, et de souligner ce qu’elles apportent à la compréhension de l’objet « parti ». En effet, la réflexivité sur les pratiques d’enquête mises en œuvre dans les études sur les partis permet de percevoir  leurs spécificités sociologiques, historiques, leurs répertoires militants, leurs relations aux milieux intellectuels, etc. Les réflexions porteront sur les différentes étapes jalonnant le travail d’enquête : de la prise de contact à la publicisation des résultats, en passant par l’accès aux sources, les relations d’enquête et l’écriture scientifique.

Les communications devront s’appuyer sur un matériau empirique recueilli au cours d’enquêtes dans un ou plusieurs partis, en France ou dans d’autres pays, sous forme monographique ou comparative. Plus précisément, le comité scientifique privilégiera les propositions s’inscrivant dans l’un des axes suivants :

L’accès au terrain, ou comment négocier une enquête (de science politique) auprès des différents acteurs partisans

Les premiers moments d’une enquête peuvent s’avérer décisifs ; les premiers contacts avec des enquêtés contribuent à ouvrir et fermer certaines portes, en fonction de leur statut et de leur perception des enjeux de la recherche. Il semble dès lors nécessaire de réfléchir spécifiquement à ce qui se joue durant ces premières interactions et aux effets de cadrage qu’elles induisent. Cette réflexion est d’autant plus utile lorsqu’il s’agit de recherches sur les partis politiques que les chercheurs sont souvent incités à justifier voire à expliciter leur rapport politique à l’objet face à des dirigeants et militants engagés dans la sphère politique. Qui plus est, il n’est pas rare que dès le début de l’enquête les usages politiques potentiels de la recherche soient perçus par les enquêtés et que le/la chercheur-e se trouve enrôlé-e dans des enjeux et concurrences internes, qu’il/elle en ait conscience ou non.

Les communications relevant de cet axe de réflexion devront permettre de soulever les enjeux relatifs à :

-         la perception différentielle de ce que veut dire faire une recherche en général et en science politique en particulier (par exemple, quelles représentations les enquêtés se font-ils de la recherche ? L’étiquette « science politique » n’exerce pas d’effets univoques en terme de perception et d’interaction entre enquêteurs et enquêtés : que se joue t-il autour des perceptions de cette discipline ?)

-         la proximité et/ou la distance entre enquêteurs et enquêtés (sur le plan politique bien sûr mais aussi sur le plan de l’âge, du genre, du statut socio-culturel en s’intéressant aux perceptions mutuelles, ce qui implique de réfléchir non seulement à la proximité ou à la distance objectives mais aussi subjectivement perçues )

-         la construction dans l’interaction de bonnes raisons d’accepter l’enquête (l’offre de parole, la volonté de réhabilitation, de démontrer l’ouverture de l’organisation, de se positionner dans des conflits internes peuvent être autant de motifs pour accepter la relation d’enquête)

Maintien sur le terrain et gestion de la relation d’enquête sur la durée

Dans quelle mesure les partis, en tant qu’univers institués et pluriels, présentent-ils des spécificités (par exemple au niveau des rythmes et temporalités, des types d’intérêts en présence, de l’instabilité de certaines positions), susceptibles de peser sur les relations enquêteur-trice / enquêtés et leur gestion ? Plutôt que de postuler que les rapports initiaux à l’objet conditionnent durablement la posture du/de la chercheur-e, les relations enquêteur-trice / enquêtés seront envisagées comme dynamiques, susceptibles d’évoluer et de modifier les représentations des uns et des autres. Quelles sont les dynamiques de changement qui peuvent influer sur ces relations ? Dans quelles conditions peuvent-elles se routiniser ou se dé-routiniser ?

L’enquêteur-trice doit gérer les distances (idéologiques et sociales dans leurs différentes dimensions) avec les enquêtés, en faisant usage de ressources dispositionnelles – par exemple pour passer du statut d’« étranger » au statut de « familier ». Or la conduite de cette relation n’est pas du seul ressort de l’enquêteur-trice, qui peut être amené-e ou contraint-e à prendre de la distance, voire à rompre les relations d’enquête. Avec le temps, il devient souvent plus difficile d’avoir prise sur elles, et de maîtriser les différents paramètres qui les contraignent. En outre, les univers partisans sont pluriels et souvent concurrentiels, ce qui rend la gestion des relations d’enquête encore plus complexe. Comment l’enquêteur-trice gère t-il/elle d’éventuels conflits de rôles que son insertion dans différents sous-groupes partisans peut induire ?

Les communications s’attacheront à cerner les spécificités de ces relations d’enquête, de leurs dynamiques, et de leurs articulations avec les différentes temporalités et les espaces partisans dans lesquelles elles évoluent.

Les usages politiques et scientifiques des productions partisanes et militantes.

Ce thème s'intéressera aux productions des partis (archives, littérature grise, tracts, textes politiques, sites Internet) et de leurs membres (archives privées, autobiographies, etc.), en les situant dans la double perspective : le rapport des partis à leurs archives et celui du/de la chercheur-e dans le cadre de son d'enquête.

Ainsi, une attention particulière sera donnée aux investissements symboliques et matériels des partis à l'égard de leurs archives et de la construction ou non de la mémoire de l'organisation partisane.

Cette mémoire est-elle un enjeu pour l'organisation ? Le devient-elle dans des contextes spécifiques ? Fait-elle l'objet  d'attentions particulières ou de luttes entre groupes ? Quelles sont  alors les implications pour les chercheurs, les effets sur  l'enquête, sur l'accès à certains fonds, etc. ?

Par ailleurs une réflexion sera menée sur les modes d'accès à ces sources, les interactions avec les autres "terrains" (observations, entretiens) et les effets de l’accès ou non à des archives partisanes sur d’éventuelles reformulations des hypothèses et des problématiques (en fonction des agendas et du timing, de l'ouverture possible de nouveaux champs de recherche, etc.). Il s’agira aussi de s’interroger sur les spécificités d'un travail sur des textes: Comment trier? Comment construit-on ce type particulier de sources ? Comment identifier leurs conditions de  production et les usages par les enquêtés ? Enfin, une réflexion sur la question de la "collectivisation" mise à la disposition d'autres chercheurs des documents recueillis) mérite d’être menée.

Ecriture, restitution et réception

Il est très rare de trouver des travaux analysant la dernière étape que constitue l’exposition de l’enquête à travers les trois opérations que sont l’écriture, la restitution et la réception. Ce thème soulève différents types d’enjeux que les communications devront appliquer à l’objet partisan :

-         Enjeux que posent les processus de distanciation indissociables du « deuil du terrain » et le travail d’écriture comme « expérimentation » scientifique spécifique. Cette question, traitée par d’autres disciplines, est absente des débats en science politique.

-          Enjeux déontologiques : qu’est-ce qu’implique concrètement, dans l’écriture et l’analyse, la « fidélité » aux terrains, aux enquêtés, aux personnes ressources ? Que veut dire la « neutralité » politique quand on travaille sur les partis ? L’injonction de « neutralité » joue-t-elle différemment selon les contextes nationaux et que nous dit-elle de l’imbrication entre milieux universitaires et partisans ? Comment se fabrique-t-elle, se met- elle en scène ou y déroge-t-on ?

-         Enjeux soulevés par la réception de l’enquête auprès de différents publics : public non spécialisé, médias, universitaires. Les travaux universitaires intéressent-ils les partis ? Quels usages en font-ils ? Quels sont les avantages, les difficultés, les résistances que suscitent les interactions avec les médias et les non-spécialistes ?

Les propositions de communication, d’une longueur d’environ 2500 signes (espaces compris), sont à adresser par mail avant le 1er octobre 2008 à l’adresse suivante : enqueterdanslespartis@gmail.com. Elles comprendront un titre, présenteront le matériau empirique mobilisé et préciseront dans quel axe de l’appel à communication elles s’inscrivent.

Les choix des propositions seront notifiés aux auteurs courant novembre 2008.

Les textes des communications devront parvenir au comité scientifique pour le 5 janvier 2009 au plus tard.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mercredi 01 octobre 2008

Mots-clés

  • méthodes d'enquête, partis politiques

Source de l'information

  • Stéphanie Dechezelles
    courriel : stephanie [dot] dechezelles [at] sciencespo-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Enquêter dans les partis politiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 07 juillet 2008, http://calenda.org/195273