AccueilDes apories de l’universalisme aux promesses de l’universel

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Publié le lundi 18 août 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Le groupe de recherche interdisciplinaire sur les cultures en contact (GRICC) de l'Université de Moncton lance un appel de communications pour un colloque international sur le thème : « Des apories de l’universalisme aux promesses de l’universel ».

Annonce

Des apories de l’universalisme aux promesses de l’universel
Chantiers pour une réflexion

Le groupe de recherche interdisciplinaire sur les cultures en contact (GRICC) lance un appel de communications pour un colloque international qui aura lieu à l’Université de Moncton (Nouveau-Brunswick, Canada), du 19 au 21 août 2009.

Quiconque engage aujourd’hui une réflexion sur le contact et la rencontre des cultures ne peut faire l’économie d’un retour sur l’un des moments les plus marquants de la modernité occidentale : le Siècle des Lumières. Ce siècle fut en effet celui de toutes les audaces, de toutes les mutations – philosophiques, politiques, intellectuelles, juridiques, culturelles, scientifiques, esthétiques, économiques et techniques. De ce siècle, on retient aussi le fait qu’aux maîtres-concepts tels que, par exemple, ceux de Liberté, de Progrès, de Nature, de Démocratie, de Justice et d’Égalité qui tous seront bientôt indissociables de l’Europe – « espace mental » et espace politique alors en formation –, viendront se greffer ceux de civilisation et/ou de Kultur avec ce qu’ils susciteront de riches mais de si problématiques « géographies de l’esprit » qui, toutes, prenant pour objet l’humanité en son entier, jaugeront cependant, par delà les nuances parfois radicales qui les séparent, mais à la seule aune de l’identité européenne, toutes les différences culturelles. Nous savons aujourd’hui les effets considérables de ce travail symbolique et politique de réduction propre à la pensée universaliste qui, sans discrimination géopolitique aucune, délégitime en permanence le local, révélant ainsi « l’arrogante ignorance des grands ». Autant dire que c’est dans cette réduction que la pensée universaliste a trouvé sa véritable mesure, et ce, en dépit de l’horizon d’émancipation qu’elle a systématiquement invoqué afin de justifier le déploiement de la rationalité occidentale et légitimé par là même ses stratégies hégémoniques; mesure qu’ont néanmoins trahi, au gré de l’histoire politique et culturelle mondiale, des apories, des errements rédhibitoires qui ont généralement ignoré les chemins ouverts par une autre pensée de l’universel qui, dans ses expressions multiples et parfois paradoxales, prétendait et prétend toujours se délester de tout particularisme – aussi monumental et exemplaire soit-il.

C’est donc autour de cette idée-force que le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les cultures en contact propose d’explorer quelques-unes des figures les plus significatives de ce travail de réduction propre à la pensée universaliste et ses nombreuses implications d’une part, et, d’autre part, de prendre la mesure des promesses d’un universel non encore advenu, mais qui doit tant au « décentrement » et au brouillage des catégories et des repères de la pensée et de l’action dont on a pu se satisfaire jusqu’ici et que les expériences culturelles et politiques contemporaines ont radicalement remis en question et « dé-constitués ». Si cette dernière dimension illustre en creux le fait que toute épistémologie des sciences humaines est aussi une épistémologie politique, elle requiert donc une réflexion sur les modalités nouvelles de construction de nos savoirs – modalités auxquelles notre colloque fera une place – et rejoint en définitive le souci des membres du GRICC de penser et de traiter nos objets au-delà des frontières disciplinaires conventionnelles. Nous invitons donc les personnes intéressées, dont les étudiants de cycles supérieurs, à montrer comment, à travers l’analyse d’objets particuliers, les champs de la philosophie, de la littérature, de la sociolinguistique, de la traduction, de la science politique, du droit et de la sociologie ont été traversés à des degrés divers, par les projets, les certitudes et les incertitudes, les tensions et les ambivalences de la pensée universaliste tout comme par les nombreuses tentatives de penser un autre universel.

Voilà autant de chantiers pour une réflexion sur la rencontre des cultures, que nous voulons originale et qui permettra, une fois encore, d’enrichir et de consolider la raison d’être de notre groupe de recherche.

Comité scientifique :

Mourad Ali-Khodja, professeur au Département de sociologie, Université de Moncton

Annette Boudreau, professeure de linguistique au Département d’études françaises, Université de Moncton

Jean Morency, directeur du GRICC et professeur au Département d’études françaises, Université de Moncton

Jean-François Thibault, professeur au Département de science politique, Université de Moncton

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir, au plus tard le 15 septembre 2008, un titre et une proposition de communication (200 mots au maximum), ainsi que leurs coordonnées institutionnelles, à l’adresse suivante : jean.morency@umoncton.ca.

Les décisions du comité scientifique quant au choix des participants seront communiquées au plus tard le 7 octobre. La publication d’un ouvrage issu du colloque est d’ores et déjà envisagée.

Frais d’inscription (payables au début du colloque) : 100$ pour les professeurs et 25$ pour les étudiants.

Lieux

  • Université de Moncton
    Moncton, Canada

Dates

  • lundi 15 septembre 2008

Contacts

  • Jean Morency
    courriel : jean [dot] morency [at] umoncton [dot] ca

Source de l'information

  • Jean-François Thibault
    courriel : thibaujf [at] umoncton [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Des apories de l’universalisme aux promesses de l’universel », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 18 août 2008, http://calenda.org/195295