AccueilFabrique de la norme, fabrique des normes : inventaire et ouverture

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Publié le mardi 02 septembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Axe de recherche du CERHIC-EA2616 (Reims), la « Fabrique de norme » associe médiévistes et modernistes à une études pragmatique et comparative des normes (règles formelles, législatives et jurisprudentielle), des discours producteurs de la norme et du cheminement de son élaboration. Cette première rencontre souhaite établir un état des lieux des modes de production des normes, d’inventorier les différents types de normes à partir des lieux qui peuvent être considérés comme des « fabriques de normes ». Comment ce lieu est-il un lieu de fabrique d’une norme ? À quelles conditions tel discours et telle pratique sont-ils créateurs de normes ?

Annonce

Vendredi 17 octobre 2008 : Journée d’études

1ère Rencontre “Fabrique de la norme”

Maison de la Recherche (Campus Croix Rouge, Reims) - Salle R112 - 9h - 17h

Présentation générale

L’un des axes de recherche de l’EA 2616-CERHIC est l’étude de la « fabrique des normes », le terme de « fabrique » ayant été choisi à dessein pour inviter à une approche pragmatique des normes, qui associe à l’étude des règles formelles (normes explicites) et des institutions (législatives et jurisprudentielles), celle des pratiques et des discours producteurs de normes. L’un des présupposés du projet fédérateur de l’axe est la centralité des pratiques dans le processus de production de la norme, encore qu’il ne s’agisse pas de substituer l’immanence sociale des règles à la transcendance de la Loi, fût-elle celle du roi, mais de s’intéresser au cheminement pratique des élaborations normatives. L’investigation est centrée sur les siècles médiévaux et modernes (VIe-XVIIIe siècles), ceux d’un « pluralisme juridique » européen. En effet, parce qu’ils se caractérisent par une grande pluralité des instances, des lieux de production des normes, des « droits » et des juridictions, ils offrent un terrain à la fois relativement spécifique et propice à la réflexion collective et comparative sur la normativité.

La manière dont la norme a été conçue, élaborée et perçue au cours de ces siècles appellera une série de rencontres autour d’une part, de la théorie des normes, des instances normatives et de la légitimité des normes, d’autre part des conflits de normes et des situations d’internormativité. Mais, en guise d’ouverture, on souhaite ébaucher un état des lieux et des modes de production des normes. On tentera ainsi d’inventorier les différents types de normes à partir des lieux qui peuvent être considérés comme des « fabriques de normes », en tenant compte à la fois du contexte large et des conditions spécifiques de leur production. Les questions qui seront soulevées au cours de cette première journée d’étude seront donc celles du « comment ? » et du « où ? » : Comment ce lieu est-il un lieu de fabrique d’une norme ? À quelles conditions tel discours et telle pratique sont-ils créateurs de normes ?

Lieu du travail de la norme par excellence, l’ordre judiciaire requiert un examen de certains modes de production de la norme qu’il abrite, examen non pas guidé par le schème classique de l’application de la loi, mais consacré à la fonction proprement normative des procédures. La pratique judiciaire semble en effet productrice de normes non codifiées a priori ou dont le code reste en partie tacite. Celles qui touchent à la régulation de la violence et à la discipline des comportements constituent évidemment un champ d’étude propice. Le règlement des conflits civils est également créateur ou reconducteur de normes, comme le suggère l’étude des normes de l’endettement privé. Enfin, bien évidemment, on envisagera l’élaboration des normes qui semblent les plus évidentes, à savoir les lois et codes.

Mais les normes sociales et comportementales sont également produites hors de l’ordre judiciaire. C’est le cas du très vaste ensemble « des médiateurs culturels religieux » (littérature de dévotion, livrets de pèlerinage, images, prédication, catéchisme, casuistique, mobilier liturgique, …), qui s’ajoutent au droit canonique et dont on pourra se demander en quoi ils sont des lieux de production de normes, des vecteurs de normalisation des comportements, que ce soit au « temps des chrétiens conformes » (fin du Moyen Âge) ou à l’époque de la « confessionnalisation ».
D’autres lieux de production normative doivent encore être visités. La culture savante, théologique en particulier, est sans doute l’un de ceux-ci, car la norme qui s’y fabrique, sans être purement spéculative, a ceci de singulier qu’elle semble dénuée d’effectivité. La question se pose en outre de savoir quels rapports cette « normativité théologique » entretient avec la norme juridique et appelle également un examen des lieux et des modes de production de celle-ci.

Ces quelques lignes, qui laissent délibérément ouverte la réflexion sur la définition de la « norme », suggèrent déjà la variété des types de « normes » et l’existence de possibles confluences et dissonances entre eux. L’enquête proposée porte en effet sur des modes et sur des lieux de production normative divers et, pour certains, inhabituels, afin de faire varier les points de vue sur la norme, d’en préciser la définition et d’ébaucher une première typologie de la normativité.

Programme de la journée

Bruno Restif (MCF, Université de Reims Champagne-Ardenne) : Lieux de production des normes et processus de confessionalisation dans le catholicisme post-tridentin. Catéchisme, statuts synodaux et édition patristique dans l'entreprise d'Aymar Hennequin, évêque de Rennes (années 1570-1580),

Julie Claustre (MCF, Université de Reims Champagne-Ardenne) : La grâce royale, lieu d’énonciation d’une norme ? L’exemple des lettres de répit (XIVe-XVe s.),

Elsa Marmursztejn (MCF, Université de Reims Champagne-Ardenne, Institut Universitaire de France) : Une fabrique de la norme au XIIIe siècle : l'université de Paris,

Bruno Maes (MCF, Université de Reims Champagne-Ardenne) : Les chemins de la constitution des normes dans la spiritualité des livrets de pèlerinage au XVIIe siècle,

Diane Roussel (Université de Reims Champagne-Ardenne) : Expression, défense et construction des normes sociales dans les instructions criminelles de Saint-Germain-des-Prés au XVIe siècle,

Sylvie Joye (MCF, Université de Reims Champagne-Ardenne) : Fabrique d'une loi, fabrique d'un peuple, fabrique des mœurs : les lois barbares,

Jean-Pascal Gay (MCF, Université de Strasbourg) : La casuistique moderne entre expression et production de normes


Marcelo Candido da Silva (Université de Sao Paulo) : Sujets et biens dans la construction des normes juridiques à l'époque mérovingienne

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Cette journée d'études est ouverte à tous et à toutes.

Pour venir sur le campus Croix Rouge de l'Université de Reims Champagne-Ardenne, Bus H (arrêt "facs droits/lettres") depuis le centre ville ou ligne K (arrêt "Guyard") depuis les gares SNCF-TGV. L'Université de Reims Champagne-Ardenne est à 45 minutes de Paris en TGV.

Catégories

Lieux

  • Maison de la Recherche (Campus Croix Rouge), Salle R112, 57 rue Pierre Taittinger, 51110 Reims
    Reims, France

Dates

  • vendredi 17 octobre 2008

Mots-clés

  • fabrique de la norme, droit, casuistique, moeurs

Contacts

  • Jérôme Malois
    courriel : jerome [dot] malois [at] univ-reims [dot] fr

Source de l'information

  • Jérôme Malois
    courriel : jerome [dot] malois [at] univ-reims [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Fabrique de la norme, fabrique des normes : inventaire et ouverture », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 02 septembre 2008, http://calenda.org/195395