AccueilPartis politiques et mouvements sociaux à la croisée des approches : interdépendances, transformations et traits communs

Partis politiques et mouvements sociaux à la croisée des approches : interdépendances, transformations et traits communs

Appel à communication pour une Section thématique du congrès de l'Association française de science politique, 7-9 septembre 2009

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Publié le jeudi 04 septembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Durant les dernières décennies, les mouvements sociaux ont progressivement rejoint les partis dans la liste des objets légitimes de la science politique. Pour autant, les deux domaines d’étude sont restés relativement cloisonnés. Alors que les recherches sur l’action collective ont connu en France un fort essor depuis les années 1990, il semble opportun d’opérer un retour critique sur les travaux existants et de suggérer les points de contacts et passerelles entre les différentes études. C’est le but que s’assigne cette section thématique.

Annonce

Directeurs de section :

  • Simon LUCK (CRPS, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne)
  • Stéphanie DECHEZELLES (SPIRIT, Sciences Po Bordeaux)

Durant les dernières décennies, les mouvements sociaux ont progressivement rejoint les partis dans la liste des objets légitimes de la science politique. Pour autant, les deux domaines d’étude sont restés relativement cloisonnés. Alors que les recherches sur l’action collective ont connu en France un fort essor depuis les années 1990, il semble opportun d’opérer un retour critique sur les travaux existants et de suggérer les points de contacts et passerelles entre les différentes études. C’est le but que s’assigne cette section thématique. Pour ce faire, trois axes seront privilégiés :

1) Une première série de réflexions portera sur les liens d’influence et d’interdépendance que peuvent nouer les mouvements avec les partis. Il s’agit par exemple de réfléchir aux effets des mobilisations (et de l’éventuelle multi-appartenance des acteurs) sur les positionnements, les propositions programmatiques ou l’organisation interne des partis, mais aussi de s’interroger sur les espaces d’opportunité que peuvent ouvrir les partis pour les mouvements (McAdam, 1982 ; Tarrow, 1994), voire sur la possibilité pour un parti d’être acteur à part entière d’un mouvement. L’étude de ces interactions invite, plus globalement, à penser les processus d’émergence, de construction et de mise sur agenda des problèmes publics.

2) La question des transformations des institutions de la démocratie représentative (Kitschelt, 1993 ; Giugni, Mac Adam et Tilly, 1998) constituera un second angle d’approche. Il s’agira en particulier de réfléchir aux processus et conditions par lesquels des acteurs des mobilisations peuvent ou non se constituer en une organisation partisane nouvelle (Kitschelt, 1989), ainsi qu’à la progressive « normalisation » politique de la participation des mouvements sociaux au jeu politique (Goldstone, 2003).

3) Enfin, l’étude du militantisme devra être elle aussi envisagée, afin de voir en quoi elle peut suggérer la fertilité d’approches croisées. Les recherches sur les organisations de mouvement social (au sens de McCarthy et Zald, 1977) offrent en effet l’opportunité d’employer avec profit des analyses issues de la littérature sur les partis : approches localisées (Sawicki, 1997), étude des modes de structuration et de démocratie interne (Davis, McAdam, Scott et Zald, 2005 ; Polletta, 2002 ; Wintrebert, 2007), des cultures militantes, etc. En retour, les travaux sur les mouvements sociaux (carrières individuelles (Fillieule, 2001), cadres de l’action collective (Benford et Snow, 2000), etc.) peuvent projeter une lumière nouvelle sur la sociologie des partis et leurs liens avec des organisations périphériques ou connexes.

La dimension comparatiste (dans le temps et dans l’espace) des communications, ainsi que les propositions des jeunes chercheurs seront tout particulièrement appréciées. Les travaux en cours comme les relectures d’études plus anciennes et revues de la littérature seront les bienvenus.

Les propositions de communications, d’une longueur de 5000 signes maximum (espaces compris), sont à adresser par courriel aux deux directeurs, Stéphanie Dechezelles (sdechezelles@wanadoo.fr) et Simon Luck (simonluck@free.fr), avant le 15 octobre 2008.

Bibliographie

-BENFORD, Robert D. SNOW, David A., 2000, « Framing Processes and Social Movements : An Overview and Assessment », Annual Review of Sociology, vol. 26, p. 611-639.

-DAVIS Gerald F., MAC Adam Doug, Scott W. Richard et Zald Mayer N. (eds.), 2005, Social Movements and Organization Theory, New York, Cambridge University Press

-FILLIEULE Olivier, 2001, « Propositions pour une analyse processuelle de l’engagement individuel », Revue Française de Science Politique, vol. 51, n° 1-2, p. 199-215

-GIUGNI Marco, MAC ADAM Doug, TILLY Charles (eds), 1998, From Contention to Democracy, Lanham, Rowman & Littlefield

-GOLDSTONE Jack A., 2003, States, Parties, and Social Movements, Cambridge, Cambridge University Press

-KITSCHELT Herbert, 1989, The Logics of Party Formation: Ecological Politics in Belgium and West Germany. Ithaca-New York: Cornell University Press

-KITSCHELT Herbert, 1993, « Social Movements, Political Parties, and Democratic Theory », The Annals of the American Academy of Political and Social Science, n° 528, p. 13-29

-McADAM Doug, 1982, Political Process and the Development of Black Insurgency 1930-1970, Chicago, University of Chicago Press

-McCARTHY John D., ZALD Mayer N., 1977, « Resource mobilization and social movements: a partial theory », American Journal of Sociology, vol. 82 n° 6, p. 1212-1241

-POLLETTA Francesca, 2002, Freedom is an Endless Meeting: Democracy in American Social Movements, Chicago, University of Chicago Press

-SAWICKI Frédéric, 1997, Les réseaux du parti socialiste. Sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin

-TARROW Sidney, 1994, Power in Movement. Social Movements, Collective Action and Politics, Cambridge, Cambridge University Press

-Wintrebert Raphaël, 2007, Attac, la politique autrement ? : enquête sur l'histoire et la crise d'une organisation militante, Paris, La Découverte

Lieux

  • Institut d'études politiques de Grenoble
    Grenoble, France

Dates

  • mercredi 15 octobre 2008

Mots-clés

  • mouvements sociaux, partis politiques, démocratisation, militantisme

Contacts

  • Stéphanie Dechezelles
    courriel : stephanie [dot] dechezelles [at] sciencespo-aix [dot] fr
  • Simon Luck
    courriel : simon [dot] luck [at] paris-iea [dot] fr

Source de l'information

  • Simon Luck
    courriel : simon [dot] luck [at] paris-iea [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Partis politiques et mouvements sociaux à la croisée des approches : interdépendances, transformations et traits communs », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 04 septembre 2008, http://calenda.org/195400