AccueilMutations contemporaines des musées : un espace public à revisiter ?

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Publié le lundi 08 septembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Les musées sont confrontés aujourd’hui à des interrogations, voire des mutations majeures concernant leurs modes de gestion, leur statut, leur insertion territoriale, leur relation au public, leurs dispositifs de médiation et de valorisation. Le présent colloque organisé par l’IDETCOM se propose d’analyser ces évolutions dans leurs dimensions institutionnelles, territoriales, historiques ou communicationnelles car il apparaît que c’est le devenir même des institutions muséales qui est en jeu tant au niveau national qu’international. Ces mutations sont-elles de nature à opérer une rupture épistémologique dans la définition même du musée ? La réponse à cette question doit se fonder sur une approche résolument pluridisciplinaire s’appuyant sur le droit et les sciences de l’information et de la communication mais également l’histoire, l’économie, la gestion ou la sociologie...

Annonce

L’article L410.1 du code du patrimoine définit le musée comme « toute collection permanente composée de biens dont la conservation et la présentation revêtent un intérêt public et organisée en vue de la connaissance, de l’éducation et du plaisir du public ». Cette définition donne du musée une vision patrimoniale un peu figée, qui ne prend guère en compte les substantielles évolutions en cours.

Les musées sont confrontés aujourd’hui à des interrogations, voire des mutations majeures concernant leurs modes de gestion, leur statut, leur insertion territoriale, leur relation au public, leurs dispositifs de médiation et de valorisation.

Le présent colloque organisé par l’IDETCOM se propose d’analyser ces évolutions dans leurs dimensions institutionnelles, territoriales, historiques ou communicationnelles car il apparaît que c’est le devenir même des institutions muséales qui est en jeu tant au niveau national qu’international.

Ces mutations sont-elles de nature à opérer une rupture épistémologique dans la définition même du musée ?

La réponse à cette question doit se fonder sur une approche résolument pluridisciplinaire s’appuyant sur le droit et les sciences de l’information et de la communication mais également l’histoire, l’économie, la gestion ou la sociologie...

Axe 1 : Logiques institutionnelles et territoire(s)

A travers la création de l’appellation « musée de France » le législateur par la loi du 4 janvier 2002 a tenté de donner une unité aux institutions qui en faisaient la demande. Il convient d’interroger ce label : quels effets juridiques, quels effets communicationnels produit-il ?

Par ailleurs le processus de décentralisation a réactivé d’une part les compétences des collectivités territoriales et d’autre part les rôles des stratégies territoriales en légitimant l’intervention des collectivités territoriales autour du postulat de la proximité. Les musées apparaissent comme les fers de lance du développement local. Par une architecture conçue comme un véritable processus communicationnel, par les expositions temporaires, les musées deviennent-ils des marqueurs territoriaux qui identifient les territoires voire qui les recomposent ?

Axe 2 : Gestion(s) contemporaine(s) des musées

Les musées présentent à un large public des collections qui sont souvent la propriété de l’État ou des collectivités territoriales. Mais le musée est-il l’apanage du secteur public ? Constitue-t-il par nature un service public ? Quels sont les avantages et utilités de confier leur constitution ou leur gestion à des personnes privées ou des établissements publics de coopération culturelle ?

Les musées sont de plus en plus soumis à une logique de rentabilité. De quelle autonomie un musée dispose-t-il à cette fin ? Ce nouvel objectif remet-il en cause les missions fondatrices de conservation et d’exposition ? Quels peuvent être alors les stratégies et modes de gestion des collections publiques en matière d’acquisition, de vente ou d’échange face au principe de l’inaliénabilité de celles-là ?

Le marketing semble devenir inhérent à cette activité clef pour le secteur du tourisme. Quelle exploitation faire des oeuvres au travers de produits dérivés (affiches, cartes, numérisation, etc.)? Comment respecter les droits de création et de repentir des artistes ? Quelles précautions prendre quand l’artiste n’est pas identifié ?

De plus en plus d’auteurs souhaitent par ailleurs placer leurs oeuvres dans le cadre des licences creative commons. Quels sont à terme les effets de cette nouvelle pratique sur la définition de l’œuvre elle-même, éventuellement écrite à plusieurs voix et jamais achevée ?

Axe 3 : De nouvelles formes de médiations

Les dispositifs de médiations culturelles ont connu de profonds bouleversements ces dernières années. Les thématiques présentées étant de nature toujours plus variée, les musées et les expositions temporaires font l’objet de mises en scène sans cesse renouvelées, qui jouent sur le sensoriel et intègrent fréquemment des dispositifs multimédias. Comment penser l’espace extérieur (architecture et insertion du bâtiment) et intérieur de ces musées (comme une succession de salles ou un cheminement ouvert...) ? Le cadre d’exposition est-il au service des oeuvres exposées ou constitue-t-il en soi une oeuvre autonome, parfois aux dépens des contenus présentés?

Attirer un public toujours plus nombreux, au moyen de dispositifs esthétiques ou ludiques inattendus, semble en effet être la priorité de nombreuses institutions muséales et l’effort d’adaptation aux attentes des publics reste constant. On assiste à une multiplication des méthodes visant à intégrer le public au centre du dispositif. Quel est alors le statut de ce public, tour à tour spectateur ou acteur du dispositif muséal ? Comment s’approprie t-il les dispositifs proposés ?

Par ailleurs, comment les dispositifs de médiation culturelle s’inscrivent-ils dans les logiques institutionnelles ? On peut observer de nombreuses interactions entre les dispositifs de médiation culturelle et leur encadrement juridiques. La loi sur le mécénat, dite loi Aillagon du 1er août 2003, a par exemple développé l’implication d’acteurs du secteur privé tels que les clubs d’entreprises et les fondations d’entreprises. Ces derniers induisent-ils de nouvelles formes de sociabilité par rapport aux acteurs traditionnels (société d’amis) ? Qu’advient-il, dans ce contexte, du « contrat de communication » implicite entre l’institution et le public ?

Axe 4 : International

La « mondialisation» semble concerner tous les domaines de la culture. Ainsi en va-t-il désormais des musées. Ceux-ci se voient assigner de nouvelles missions en termes de valorisation financière. Les musées se retrouvent ainsi placés au cœur de l’économie de l’immatériel ou considérés comme des « marques ».

Cette évolution induit de nouveaux modes de gestion tels que la création de France muséums ou de l’Agence internationale des musées. Le récent Accord entre les gouvernements des Émirats arabes unis et de la France est au cœur des débats sur les enjeux de l’internationalisation des musées ; s’agit-il d’une « délocalisation-marchandisation » des musées ou d’une «universalisation des oeuvres d’art » ?

En somme, la politique de l’internationalisation de ce qu’on appelle « les musées super stars » pose, entre autres, les questions relatives aux approches de ladite politique et à l’effectivité de la « mission universelle » des musées. Ces interrogations sont intimement liées aux dispositifs juridiques de l’UNESCO portant sur la propriété des oeuvres d’art, sur la question de leur restitution aux pays sources et sur la diversité culturelle.

Comité scientifique :

Françoise Benhamou (Université de Rouen), Robert Boure (Université Paul Sabatier Toulouse III), Renaud Carrier (Université de Pau et des Pays de l’Adour), Marie Cornu (Université de Poitiers CNRS), (Martine Corral-Regourd (Université Toulouse 1 Sciences Sociales), Jean Davallon (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse), Bernadette Dufrêne (Université Grenoble 2 Pierre Mendes France), Michelle Gellereau (Université Charles de Gaulle Lille 3), Nathalie Mallet-Poujol (Université de Montpellier I. CNRS), Joëlle Le Marec (ENS Lettres et Sciences Humaine de Lyon), Dominique Poulot (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) Bernard Schiele (Université du Quebec à Montréal), Jean-Marie Pontier (Université Paris1 Panthèon-Sorbonne).

Soumission et évaluation des communications :

Nous vous invitons à soumettre des propositions de communication en français précisant l’axe dans lequel elle s’inscrit, le titre, la problématique, le cadre théorique et la méthodologie en ne dépassant pas 3 000 signes. Ces propositions seront adressées avant le 15 novembre à l’adresse e-mail suivante : Martine.Regourd@univ-tlse1.fr ou sur papier à : Martine Corral- Regourd Université Toulouse 1 Sciences Sociales, Secrétariat IDETCOM, Colloque « Musées en mutations », 2, rue du Doyen-Gabriel-Marty, 31042 Toulouse Cedex 9.

Elles seront étudiées selon une procédure d’anonymat et les réponses seront communiquées aux auteurs au plus tard le 15 janvier 2009. Les communications devront être rédigées en français, en anglais ou en espagnol. Les communications seront publiées sous forme d’actes.

 

Comité d’organisation :

Christophe Alcantara, Martine Corral Regourd ,Didier Guignard, Saïd Hamdouni, Jean-Charles Jobart, Sylvie Laval, Muriel Lefebvre, Emilie Leroy, Fabrice Reneaud, Sandra Vera Zambrano, tous membres de l’IDETCOM, Université de Toulouse 1 Sciences Sociales.

Lieux

  • Université Toulouse 1 sciences sociales
    Toulouse, France

Dates

  • samedi 15 novembre 2008

Mots-clés

  • musées, mutations, droit, communication, histoire, sociologie, économie, international

Contacts

  • Martine Corral-Regourd
    courriel : Martine [dot] Corral [at] ut-capitole [dot] fr

Source de l'information

  • Muriel Lefebvre
    courriel : muriel [dot] lefebvre [at] ut-capitole [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mutations contemporaines des musées : un espace public à revisiter ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 08 septembre 2008, http://calenda.org/195417