AccueilFictionalité et économie dans la France moderne et contemporaine (XIXe-XXIe siècle)

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Publié le vendredi 12 septembre 2008 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Dans le sillage des récents travaux menés sur la question de la représentation de l’argent et de l’économie dans les fictions littéraires et théâtrales aux XVIIe et XVIIIe siècles , nous proposons de poursuivre ces investigations sur les XIXe et XXe siècles, encore relativement peu explorés. Laissant volontairement de côté monographies et approches thématiques, on cherchera surtout à mettre en évidence les procédures et expérimentations de type économique littéralement à l’œuvre dans les textes littéraires, afin d’isoler des schèmes communs de fonctionnement et peut-être, des régimes de fictionalité comparables.

Annonce

Compte tenu de l'ampleur du projet, nous devons apporter quelques modifications à cet appel, notamment concernant la date du colloque. Elles seront communiquées dans le courant du mois de janvier. Merci de votre compréhension

Appel à contributions pour le colloque international interdisciplinaire
Université Paris X – Nanterre
Jeudi 14 et vendredi 15 mai 2009
Organisateurs : Stéphanie Loncle et Martial Poirson

Dans le sillage des récents travaux menés sur la question de la représentation de l’argent et de l’économie dans les fictions littéraires et théâtrales aux XVIIe et XVIIIe siècles , nous proposons de poursuivre ces investigations sur les XIXe et XXe siècles, encore relativement peu explorés. Laissant volontairement de côté monographies et approches thématiques, on cherchera surtout à mettre en évidence les procédures et expérimentations de type économique littéralement à l’œuvre dans les textes littéraires, afin d’isoler des schèmes communs de fonctionnement et peut-être, des régimes de fictionalité comparables.
La multiplication des supports et des formes de la fiction dans cette période (livres, journaux, spectacle vivant, cinéma, télévision, multimédia …) nous a conduits à ne pas préjuger d’un mode d’expression particulier (même si la littérature est susceptible d’être particulièrement bien représentée compte tenu de son rapport très privilégié à la fiction). En outre, la question de la fiction nous semble au cœur du problème posé par la relation entre l’art et l’économie sur cette période historique. En effet, au cours des XIXe et XXe siècles, dans le cadre de l’émergence progressive et problématique des sciences sociales, l’économie, comme discipline productrice de savoirs à prétention hégémonique, s’affirme de façon polémique comme une science du réel, une représentation théorique capable de rendre compte et du fonctionnement du réel et même de l’anticiper, basculant insensiblement du descriptif au prescriptif et du prescriptif au normatif. Ce faisant, elle devient donc un outil légitime pour gouverner. Pendant la même période, le critère de distinction entre le littéraire et le journalistique, entre le cinéma et le documentaire, ou encore entre le théâtre et la conférence, bref entre ce qui relève de l’art et ce qui n’en relève pas apparaît comme le critère qui sépare la vérité de la fiction.
Comment interpréter ce double mouvement qui conduit à une forme de partage du domaine des représentations et donc du travail intellectuel, entre d’un côté l’économie, ou plus largement les sciences sociales et de l’autre, la littérature ou plus largement, les arts du récit : représentations revendiquant un caractère scientifique et une certaine forme d’utilité sociale pour les uns, représentations fictionnelles n’ayant d’autre finalité qu’elles-mêmes pour les autres. On serait tenté de suggérer que ce partage entre science et fiction correspond aussi peu à peu à un partage des usages qui s’impose non sans conflit au cours de la période : l’économie serait par exemple destinée à alimenter le débat public, politique, tandis que la fiction serait destinée à aborder ce qui est de l’ordre de la sphère privée. Il faudra interroger cette hypothèse, qui, en particulier, devient problématique dans le cadre des représentations éminemment publiques du spectacle vivant, quand bien même ces spectacles reposent sur des fictions de l’intime, comme dans une grande partie du drame moderne et contemporain.
Par ailleurs, quelles sont les conséquences d’une telle distinction dans la constitution de chacun des domaines de l’économie et de l’art de la fiction ? Et quelles sont les conséquences de cette distinction dans les relations qui s’établissent entre ces deux domaines ? Leur constitution sur cette distinction présuppose-t-elle leurs points de rencontre possible : par exemple, exclue-t-elle un dialogue théorique entre les disciplines ? Autorise-t-elle uniquement la représentation de l’économie dans la fiction ou l’étude de l’économie de la production de fictions ? Dans quelle mesure et à quelle occasion y a-t-il contamination de l’un par l’autre ? Et qu’advient-il quand la littérature se veut une représentation du réel, y compris dans sa dimension économique, plus productrice de savoir que la discipline économique ? Inversement, qu’advient-il quand l’économie se dote de fables et des métaphores et se revendique comme productrice de fictions efficaces pour rendre compte des phénomènes a priori réservés à la littérature ?
Les communications pourront porter par exemple sur :
- Les liens entre fiction et vérité au sein des romans du XIXe et XXe siècles
- La construction du savoir économique par la fiction
- La fiction au regard de la science économique dans le débat public ou le débat politique
- Les fictions économiques et le théâtre aux XIXe et XXe siècles
- Le déterminisme économique dans les fictions romanesques, théâtrales et cinématographiques
- L’exhibition des conditions de production économique dans les œuvres de fictions
- Mais aussi l’absence délibérée et revendiquée de référent économique dans la construction de la fiction
- Etc.
Le colloque sera ainsi l’occasion de croiser les approches suivantes du domaine art et économie :
- L’usage de l’économie dans les représentations fictionnelles
- L’effet des conditions de production économiques des œuvres sur les fictions elles-mêmes (selon par exemple les approches de Walter Benjamin dans De la reproductibilité de l’œuvre d’art à l’heure industrielle, ou de Pierre Macherey dans Pour une théorie de la production littéraire).
Ces questions devraient nous amener, non seulement à étudier la constitution de champs disciplinaires par la distinction et l’exclusion, mais aussi à nous interroger sur les productions, les formes et les effets des représentations intellectuelles du réel.

Colloque organisé par Stéphanie Loncle et Martial Poirson.

Prière d’envoyer vos propositions de communication, d’environ 750 mots, avec un titre, même provisoire, incluant vos coordonnées, votre appartenance institutionnelle, une adresse postale et une adresse électronique avant le 15 Janvier 2009 à stephanie.loncle@gmail.com et à martial.poirson@yahoo.fr

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • dimanche 15 mars 2009

Mots-clés

  • fiction, science économique, littérature

Contacts

  • Loncle #
    courriel : stephanie [dot] loncle [at] gmail [dot] com
  • Poirson #
    courriel : martial [dot] poirson [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Stéphanie Loncle
    courriel : stephanie [dot] loncle [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Fictionalité et économie dans la France moderne et contemporaine (XIXe-XXIe siècle) », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 12 septembre 2008, http://calenda.org/195450