AccueilHistoriographie léonaise, castillane et navarraise du XIIe siècle

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Publié le lundi 15 septembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Chronique universelle, la Chronica naiarensis est surtout connue pour les parties qu’elle consacre à l’histoire des royautés chrétiennes hispaniques postérieures à la conquête de la péninsule ibérique par les armées arabo-berbères. Elle puise à toute la tradition asturo-léonaise -Chroniques d’Alphonse III, Chronique de Sampire, Corpus pelagianum, Historia (dite) silensis- mais elle recueille aussi les premières expressions d’une historiographie royale aragonaise et navarraise (Généalogies de Roda, entre autres), des légendes orales et sans doute des gestes, latines et romanes. La Chronica naiarensis offre ainsi un point de vue panoramique permettant de reconstituer un puzzle dont le SEMH-Sorbonne se propose d’étudier les pièces une à une dans les prochaines années.

Annonce

1. OBJECTIFS DU COLLOQUE

Le SEMH-Sorbonne (CLEA, EA 4083), en collaboration avec le SIREM (GDR 2378, CNRS), a clôturé en 2006 une recherche à moyen terme (1999-2006) portant sur l’historiographie royale castillano-léonaise de la première moitié du XIIIe siècle. Ce corpus historiographique formait une unité à plusieurs titres, notamment parce qu’il était l’oeuvre de trois hommes étroitement liés à l’activité gouvernementale de Ferdinand III (1217-1252) et de sa mère la reine Bérengère. Au-delà de la genèse des œuvres, de leurs sources, de leur architecture et de leur influence, l’étude a porté sur le fond d’un propos politique dont il est ressorti qu’il concernait fondamentalement la définition des fondements spirituels et temporels du pouvoir royal ainsi que l’art de gouverner et qu’il variait très profondément d’un auteur à l’autre. Nous avons ainsi identifié un modèle isidorien ou ministériel dans le Chronicon mundi de Luc de Tuy (1236), un modèle féodal dans le De rebus Hispaniae de Rodrigue de Tolède (1243), un modèle providentialiste et bureaucratique dans la Chronica regum Castellae de Jean d’Osma (1224-1236).

Or, deux au moins de ces grandes œuvres (le Chronicon et le De rebus) reposent quant à leur matière et à leur organisation, mais également quant aux conceptions historico-politiques qu’elles défendent sur un important corpus historiographique qui se développe, aussi bien à León qu’en Navarre et en Castille au long du XIIe siècle. La dernière en date de ces œuvres latines –précédant immédiatement le Liber regum qui, en dépit de son titre latin traditionnel, est la première chronique hispanique en langue vernaculaire et auquel nous nous intéresserons dès l’année prochaine- est la Chronica naiarensis, très probablement composée dans la Rioja castillane, au monastère de Notre-Dame de Nájera, dans les années 1160.

Chronique universelle, l’œuvre est surtout connue pour les parties qu’elle consacre à l’histoire des royautés chrétiennes hispaniques postérieures à la conquête de la péninsule ibérique par les armées arabo-berbères. Elle puise à toute la tradition asturo-léonaise -Chroniques d’Alphonse III, Chronique de Sampire, Corpus pelagianum, Historia (dite) silensis- mais elle recueille aussi les premières expressions d’une historiographie royale aragonaise et navarraise (Généalogies de Roda, entre autres), des légendes orales et sans doute des gestes, latines et romanes.

La Chronica naiarensis offre ainsi un point de vue panoramique permettant de reconstituer un puzzle dont le SEMH-Sorbonne se propose d’étudier les pièces une à une dans les prochaines années. Elle couronne également un grand mouvement de la signification politique de l’historiographie royale en péninsule ibérique dont le principal enjeu semble avoir été d’établir l’origine dynastique de royautés concurrentes, de fixer l’histoire de leur développement territorial, et, en conséquence, d’apprécier leur légitimité, de fonder leurs droits et de définir leur hiérarchie.

Découverte par le philologue français Georges Cirot dans la première décennie du XXe siècle, la Chronica naiarensis, n’a fait que très récemment (1995) l’objet d’une édition scientifique exploitable. Le mérite en revient à José Antonio Estévez Solá, qui sera présent à notre colloque. Il faut cependant remonter dans la première moitié du XXe siècle, pour trouver les dernières expressions d’une bibliographie critique ou du moins les marques d’un intérêt scientifique partagé et un peu constant. De même que nous avons tenu les premiers colloques spécifiquement consacrés aux trois grands historiens castillano-léonais de la première moitié du XIIIe siècle, nous souhaitons être les premiers à rouvrir l’immense dossier de l’historiographie royale ou particulière du XIIe siècle hispanique. Et nous souhaitons le faire selon la perspective résolument pluridisciplinaire qui nous caractérise et où se croisent les approches des linguistes, des philologues, des littéraires et des historiens.

Huit chercheurs étrangers, d’horizons disciplinaires divers, ont décidé de rejoindre huit chercheurs français relevant eux-mêmes de disciplines diverses afin d’analyser une œuvre de la plus grande importance dans l’espoir de mieux comprendre les causes et les effets de la puissante floraison historiographique hispanique du XIIe comme, du reste, le silence complet qui, des années 1160 du XIIe siècle aux années 1230 du XIIIe, dans la couronne castillano-léonaise, lui a succédé.

Les actes seront publiés dans e-Spania, revue électronique de l’Université Paris-Sorbonne, fondée par nous en 2006.

2. PROGRAMME

HISTORIOGRAPHIE LÉONAISE, NAVARRAISE ET CASTILLANE
DU XIIe SIECLE. 1: LA CHRONICA NAIARENSIS

Unités organisatrices : SEMH-Sorbonne (CLEA, EA 4083), SIREM (GDR 2378, CNRS), FRAMESPA (UMR 5136, CNRS)

Coordonné par Georges MARTIN (Université Paris-Sorbonne), Amaia ARIZALETA (Université Toulouse II) et Patrick HENRIET (Université Bordeaux III)

Avec le soutien du Conseil scientifique et de l’École doctorale IV
de l’Université Paris-Sorbonne

Maison de la Recherche (Université Paris-Sorbonne), salle D 035
28, rue Serpente 75006 PARIS

13-14 novembre 2008

JEUDI 13 NOVEMBRE

9h Ouverture par Marie-Madeleine MARTINET, directrice de l’École doctorale IV et Annie MOLINIÉ, directrice de CLEA (EA 4083)

9h 30 Présentation par Georges MARTIN, directeur du SEMH-Sorbonne (CLEA), directeur du SIREM (GDR 2378, CNRS)

PREMIERE SESSION : La Chronica naiarensis dans la tradition historiographique hispanique médiévale

10h Carlos REGLERO DE LA FUENTE (Université de Valladolid) : « El priorato cluniacense de Santa María de Nájera y la Crónica najerense: una relación problemática » (« Le prieuré clunisien de Notre-Dame de Nájera et la Crónica najerense: une relation problématique »)

10h 30 Juan ESTÉVEZ SOLÁ (Université de Séville) : « Chronica Naierensis e Historia Silensis: modelos historiográficos y crítica textual » (« Chronica Naierensis e Historia Silensis: modèles historiographiques et critique textuelle »)

11h Pause

11h 30 Alberto MONTANER (Université de aragosse) et Jesús RODRÍGUEZ VELASCO (Université de Berkeley) : « La construcción historiográfica que subyace a la transmisión conjunta de la Crónica Najerense, la Historia Roderici y las Genealogías de Roda » (« La construction historiographique sous-jacente à la transmission conjointe de la Crónica Najerense, de l’Historia Roderici et des Généalogies de Roda »)

12h-12h30 débat

DEUXIÈME SESSION : La Chronica naiarensis et la latinité ancienne et médiévale

15h Helena DE CARLOS (Université de Saint-Jacques de Compostelle) : « Letras antiguas y mundo medieval en la Crónica najerense » (« Lettres anciennes et monde médiéval dans la Crónica najerense »)

15h 30 Michel BANNIARD (École pratique des hautes études) : « Construction narrative et carrefours langagiers dans la Chronica naiarensis »

16h Amaia ARIZALETA (Université de Toulouse-Le Mirail) : « La Historia Scholastica en la Chronica Naiarensis » (« L’Historia scholastica dans la Chronica naiarensis »)

16h 30 débat

VENDREDI 14 NOVEMBRE

TROISIÈME SESSION : Enjeux politiques de la Chronica naiarensis

9h 30 Hélène SIRANTOINE (École des hautes études hispaniques, Casa de Velázquez, Madrid) : "L'Hispania dans la Naiarensis".

10h Francisco BAUTISTA (Université de Salamanque) : « Los orígenes de Castilla, Navarra y Aragón en la Chronica Naiarensis » (« Les origines de la Castille, de la Navarre et de l’Aragon dans la Chronica naiarensis »)

10h 30 Georges MARTIN (Université Paris-Sorbonne) : « Femmes et genèse des pouvoirs territoriaux dans la Chronica naiarensis »

11h Pause

11h 30 Rica AMRAN (Université d’Amiens) : « El tratamiento de lo judío en la Crónica najerense » (« Les juifs dans la Crónica najerense »)

12h-12h 30 Débat

QUATRIÈME SESSION : Quelques épisodes cruciaux

15h Jean-Pierre JARDIN (Université Paris III) : « La partition des royaumes de Ferdinand Ier dans la Najerense. Marques textuelles d'une anomalie ? »

15h 30 Patrick HENRIET (Université Bordeaux III) : « L'épisode de la libération d'Alphonse VI dans la Chronica naiarensis. Sources, diffusion et sens »

16h Emmanuelle KLINKA (Université de Nice) : « Vengeances, trahisons et repentirs dans la Chronica naiarensis »

16h 30-17h Débat

Lieux

  • Maison de la Recherche de l'Université Paris-Sorbonne, salle D035, 28, rue Serpente
    Paris, France

Dates

  • jeudi 13 novembre 2008
  • vendredi 14 novembre 2008

Mots-clés

  • Espagne, XIIe siècle, historiographie royale, Chronica naiarensis, Cronica najerense, origines de la Castille, SIREM, SEMH-Sorbonne, Alphonse VI, Alfonso VI, Ferdinand Ier, Fernando I

Contacts

  • Georges Martin
    courriel : georgesmartin4 [at] gmail [dot] com
  • Hélène Thieulin
    courriel : elena [dot] thieulin [dot] pardo [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Georges Martin
    courriel : georgesmartin4 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Historiographie léonaise, castillane et navarraise du XIIe siècle », Colloque, Calenda, Publié le lundi 15 septembre 2008, http://calenda.org/195460