AccueilGouvernement et gouvernance des espaces urbains

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Publié le lundi 15 septembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce colloque pluridisciplinaire a pour objet, à travers les notions d'échelles, de frontières, et de périmètres, de s'interroger sur les combinaisons gouvernementales et partenariales pouvant répondre efficacement aujourd'hui et demain aux défis de la nouvelle gouvernance urbaine. Que ce soit à travers l'accroissement diversifié de relations horizontales entre les municipalités (intercommunalités, réseaux de villes…), l'articulation des différents échelons gouvernementaux (des communes aux gouvernements métropolitains, de la centralisation à la subsidiarité…), ou encore l'essor de la démocratie participative, il s'agira de mesurer collectivement et internationalement le caractère achevé ou utopique de la quête du territoire optimum qui cherche à superposer le plus idéalement possible cadres institutionnels et espaces de vie.

Annonce

 

Organisation : UMR 6266 IDEES

Date : 13, 14,15 mai 2009

Durée : 3 jours

Lieux : Université de Rouen et Le Havre (visite)

La date limite d'envoi des propositions à communication est fixée au 15 décembre 2008.
Modalités et feuille de style sur le http://www.gouv-espacesurbains.org/

I. Contexte

Selon le rapport ONU-Habitat 2006/2007, l'avenir de l'humanité sera de plus en plus lié à celui des espaces urbains : en 2030, les villes abriteraient 5 des 8,1 milliards d'habitants que devrait compter notre planète. Le phénomène n'est évidemment pas circonscrit aux pays développés, au contraire. Toujours selon l'ONU, 95 % de la croissance urbaine se concentrerait dans les Etats du Sud, qui devraient accueillir 4 milliards de citadins dès la prochaine génération. Bien entendu, d’une aire géographique à l'autre, la forme, le rythme et le niveau d’urbanisation ne seront toutefois pas identiques et le développement d’un nombre restreint de villes décamillionnaires ne pose pas les mêmes défis que la multiplication des agglomérations de rang inférieur. Cependant, l'avènement universel de grandes régions urbaines semble probable : l'étalement des agglomérations pose inévitablement la question des modes de gestion à conforter ou à inventer pour faire face aux enjeux fonctionnels et sociaux attachés à ces vastes espaces polycentriques.

II. Objectif du colloque

L'objectif principal de ce colloque pluridisciplinaire est donc à travers les notions d'échelles, de frontières, et de périmètres, de s'interroger sur les combinaisons gouvernementales et partenariales pouvant répondre efficacement aujourd'hui et demain aux défis de la nouvelle gouvernance urbaine. Que ce soit à travers l'accroissement diversifié de relations horizontales entre les municipalités (intercommunalités, réseaux de villes…), l'articulation des différents échelons gouvernementaux (des communes aux gouvernements métropolitains, de la centralisation à la subsidiarité…), ou encore l'essor de la démocratie participative, il s'agira de mesurer collectivement et internationalement le caractère achevé ou utopique de la quête du territoire optimum qui cherche à superposer le plus idéalement possible cadres institutionnels et espaces de vie.

III. Axe des ateliers :

A.     Transports et mobilités

L’époque où le  terminus de la ligne de bus signifiait le passage de la ville à la campagne est bien révolue. La course de vitesse entre l’extension des périmètres de transports collectifs et l’étalement de l’urbanisation est au cœur des problématiques de la gestion urbaine, des politiques environnementales et pour faire simple de la gouvernance territoriale. La gestion des navettes domicile travail et autres mobilités quotidiennes, devient de ce fait l’un des principaux vecteurs des expériences innovantes de coopération territoriale.

Comment la confrontation entre l’intensification des mobilités et les nouvelles pratiques de multi territorialité d’une part et les impératifs tant environnementaux qu’économiques de maîtrise des déplacements individuels d’autre part peut donner naissance à de nouvelles formes de coopération ou de regroupements territoriaux ? Quelles leçons, positives ou négatives, tirer des expériences étrangères pour éclairer les choix que l’on peut qualifier d’inéluctables de réorganisation territoriale en France. La perspective d’une gestion intégrée des réseaux de transport sur un territoire en expansion devient aussi compliquée que la gestion des territoires eux-mêmes. Il n’est pas rare de voir sur un même bassin de vie des autorités multiples intervenir dans le domaine des transports ; région, département, intercommunalités, gestionnaires privés d’infrastructures et de services, le tout démultiplié par le nombre de mailles traversées. Dans le cas des villes françaises, l’hyper mobilité des citadins correspond de moins en moins à une échelle unique celle des espaces centraux et périurbains contigus pour impliquer des villes distantes de plus en plus intégrées par les réseaux à grande vitesse. Si, reprenant la parabole de Françoise CHOAY, la logique de l’urbain est devenue indissociable de la logique des réseaux, on peut s’interroger pour savoir si ce n’est pas à partir de l’unification des deux gouvernements -celui des territoires et celui des réseaux qui reste à inventer- que pourrait émerger une nouvelle forme d’organisation de la vie urbaine. Cette optique aurait le mérite de recentrer la question de la gouvernance territoriale non plus sur un problème de périmètre mais sur une question d’échelle.

B.    Les fragmentations

En l'absence de mécanismes de consolidation (annexion) ou de fusion de communes, la croissance des espaces urbains conduit le plus souvent à une augmentation de la fragmentation institutionnelle des agglomérations. Source généralement de conflits politiques, ce morcellement gouvernemental des régions urbaines peut générer un traitement différencié des habitants partageant pourtant la même destinée socio-spatiale élargie.

Comment et pourquoi mesurer la dilution du pouvoir politique sous l'impact de l'extension spatiale des agglomérations ? Du point de vue des politiques publiques, quelles réponses peuvent encore apporter les gouvernements locaux aujourd'hui face à l'étalement urbain qui distend conjointement le territoire fonctionnel, le bâti, et les groupes sociaux ? Quelles sont les conséquences locales de ce polycentrisme gouvernemental en termes d'habitat, de politiques sociale ou culturelle, d'équipements ou encore de développement foncier… ? En quoi les mécanismes de « tris socio-spatiaux » à l’œuvre  dans les aires urbaines relèvent-ils de simples logiques économiques, de politiques ségrégatives plus ou moins affichées, ou bien du résultat combiné de choix et volontés individuels non arbitrés (la tyrannie des petits actes de Schelling) ? La notion d’intérêt communautaire, souvent définie préalablement à toute compétence d’agglomération, est-elle compatible, au-delà de la gestion des équipements structurants et de la planification stratégique, avec la prise en charge politique des inégalités de proximité et de quotidienneté ?

C.    La démocratie locale

Théoriquement dans une démocratie, plus l'échelle est grande, plus l'autodétermination qui renvoie au plus près de la notion de peuple souverain, a des chances de se matérialiser. Le district, l'arrondissement ou la commune apparaissent ainsi comme des référents démocratiques garantissant a priori une bonne représentativité des intérêts des citoyens au quotidien. Devant la formation de larges régions urbaines, le maintien de circonscriptions de petites tailles démultiplie mécaniquement la prise de décision publique en une somme d’intérêts locaux souvent contradictoires. Dans un système urbain marqué par la mobilité des citadins et l’emboîtement des spatialités, la démocratie représentative apparaît comme l’une des dernières contraintes de territorialisation (vote, taux des taxes locales, politiques d’habitat…). Outre les questions de représentativité politique des citoyens et de connexion entre vote et résidence (démocratie du sommeil contre démocratie des usagers), la re-territorialisation des gouvernements locaux revêt un enjeu fonctionnel majeur mais semble aujourd'hui soulever une multitude d'interrogations. Quelle pérennité pour les municipalités au périmètre désormais trop étriqué ? Quels modes d'association de communes peuvent générer une administration légitime et efficace des espaces urbains en mutation ? La création de gouvernements de type métropolitain aux compétences et territoire élargis est-elle une issue politico-spatiale acceptable et réaliste ? La consolidation ou la construction de nouvelles alliances public-privé polycentriques peuvent-elles générer une plus-value pour la gouvernabilité des agglomérations ? 

D.    Gérer la qualité du cadre de vie 

La ville est devenue un lieu de concentration des problèmes socio-environnementaux caractéristiques de la planète mondialisée, et ceci quelque soit le degré de « développement » économique et social des Etats et des territoires. Les densités humaines de la ville, la concentration des activités, la circulation intra et extra-urbaine, l'extension des aires bâties, la conservation du patrimoine architectural et urbanistique, les jardins et les périphéries, agricoles et forestières, placent le gestionnaire de la ville face à ses responsabilités au regard de la durabilité environnementale, sociale et culturelle, devenue une nécessité et une exigence dans les sociétés contemporaines. 

Dans les pays « riches » fortement urbanisés, les normes de qualité de vie et de gestion des risques, ainsi que la forte exigence de conservation du patrimoine mettent particulièrement à l'ordre du jour les questions d'assainissement des eaux, de pollution de l'air et de sols de friches industrielles. La circulation de produits toxiques, la présence d'usines dangereuses au cœur ou en périphérie urbaine conditionnent les aménagements. Dans les pays en développement, l'urbanisation souvent récente, l'ampleur et la rapidité de la croissance ainsi que la faible capacité financière des gestionnaires politico-administratifs des espaces urbains ont entraîné dispersion et concurrence des actions mises en œuvre par les collectivités territoriales, et un déficit global des différentes facettes de la qualité de vie des populations dans la cité. La durabilité et la qualité des ressources environnementales nécessaires à la vie, l’assainissement, notamment en termes de risque endémique (paludisme), la gestion des espaces « inconstructibles » (bas fonds, zones inondables, pentes fortes) sont, avec la gestion de « la ville étalée », des enjeux majeurs.   

Dans quelle mesure et selon quelles modalités l'interaction entre le secteur public et l’entreprise privée contribue-t-elle à la construction et à la gouvernance de la qualité de vie dans la ville ? Quelles politiques de sensibilisation des populations sont nécessaires pour que celles-ci « s’approprient » la question socio-environnementale de leur agglomération, au delà de leur rue et de leur quartier ?

Comité d'organisation

  • Coordinateur général : Gérald Billard (MCF, Université de Rouen)
  • Coordinateur scientifique : Michel Bussi (PR, Université de Rouen)
  • Secrétariat : Sylvie Vérité (CNRS UMR 6266 IDEES)
  • Infographie : Guillaume Bailly (ATER, Université de Rouen)
  • Coordinateur session de terrain : Laurent Levesque (MCF, Université du Havre)

Comité Scientifique :

Franck Chignier-Riboulon (Université de Clermont-Ferrand), Kevin Cox (Pr., Ohio State University), Frederick Douzet (MCF, Institut Français de Géopolitique, Paris 8), Frédérique Giraut (Pr., Université de Genève), François Hulbert (Pr. Université de Metz), Bernard Jouve (Ecole Nationale des Travaux Publics de l'Etat), Michel Lesourd (Pr, Université de Rouen), Sylvain Lefebvre (Pr., UQAM, Montréal), François Madoré (Pr, Université de Nantes), Emmanuel Négrier (Dr., CNRS, Université de Montpellier) , Benjamin Steck (Pr, Université du Havre),  Martin Vannier (Pr., Université de Grenoble 1).

Lieux

  • Maison de l'Université
    Rouen, France

Dates

  • lundi 15 décembre 2008

Mots-clés

  • gouvernance, espace urbain, périmètre, frontière, transport, qualité de vie

Contacts

  • Gérald Billard
    courriel : gerald [dot] billard [at] univ-rouen [dot] fr

Source de l'information

  • Gérald Billard
    courriel : gerald [dot] billard [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Gouvernement et gouvernance des espaces urbains », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 15 septembre 2008, http://calenda.org/195465