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La « desamortización » des biens ecclésiastiques

Une perspective comparatiste : France, Péninsule ibérique, Amérique ibérique

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Publié le jeudi 18 septembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Les organisateurs de ce colloque ont souhaité réunir des historiens s’occupant de la désamortisation opérée dans le cadre des « révolutions libérales » hispaniques, et de sa comparaison avec la nationalisation et la vente effectuées dans le contexte français. Ils proposent de centrer la discussion autour de la désamortisation des biens ecclésiastiques. Ils pensent que l’étude de la confiscation des biens de l’Eglise présente un certain nombre de caractéristiques qui permettent de la distinguer du reste du processus. Ce qui facilite, dans un premier moment, l’approche comparatiste, sans en restreindre la portée de la problématique.

Annonce

Colloque international 

20-22 Novembre 2008

Organisateurs :

  • Bernard Bodinier (Université de Rouen, AHSR)
  • Rosa Congost (Centre de Recerca d'Història Rural-Universitat de Girona)
  • Pablo F. Luna (Université Paris 4 Sorbonne)

Sous les auspices du GDR CNRS Sociétés rurales européennes, Groupe de recherches pour l’histoire économique et sociale des campagnes (XVe-XXe siècles) SORE-GHREC, du Centre de recherches historiques (CRH-EHESS-Paris) et du Centre de Recerca d'Història Rural (CRHC) de la Universitat de Girona, proyecto MEC: HUM2005-04731/HIST.

Avec le soutien de la Commission nationale de la recherche scientifique (CNRS), de la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) de Paris, du Centre d’études Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA-Mexique) et de l’Institut Français d’Etudes Andines (IFEA-Lima).

Comité scientifique :

Gérard Béaur (CNRS et EHESS, Paris), Nadine Vivier (Université du Maine, Le Mans), Maurice Aymard (MSH Paris), Guy Lemarchand (Université de Rouen), Alejandro Tortolero (Universidad Autónoma Metropolitana, México), Núria Sala i Vila (Université de Girona), Josep Fontana (Université Pompeu Fabra, Barcelone), Jean Piel (Université Denis Diderot, Paris 7).

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L'Église s'est souvent heurtée à travers l'histoire aux États qui ont cherché à la faire participer à leurs dépenses, quand ils n'ont pas confisqué tout ou partie de son patrimoine. Mais, à partir de la Révolution française, le phénomène atteint une nouvelle dimension, en s’appuyant sur une nouvelle conception de l’Etat et de la Nation. Le 2 novembre 1789, en France, l'Assemblée Nationale Constituante vote la nationalisation des biens de l'Eglise et les met en vente. Les conquêtes des armées de la Révolution et de l'Empire étendent le phénomène sur une bonne partie de l'Europe, par exemple en Espagne et au Portugal, et le prolongent jusqu’en Amérique espagnole et en Amérique portugaise. Dans tous ces territoires, le phénomène de la désamortisation, qui comprenait une phase préalable de confiscation et de nationalisation des biens, touche aussi les terres de possession collective et même les terres dites « sans propriétaire ». Deux cents ans après le début des indépendances hispano-américaines, il est intéressant d’observer un tel processus, dans une perspective comparatiste.

Les organisateurs de ce colloque souhaitent réunir des chercheurs s’occupant de la désamortisation opérée dans le cadre des « révolutions libérales » hispaniques, et de sa comparaison avec la nationalisation et la vente effectuées dans le contexte français. Ils proposent de centrer la discussion autour de la désamortisation des biens ecclésiastiques. Ils pensent que l’étude de la confiscation des biens de l’Eglise présente un certain nombre de caractéristiques qui permettent de la distinguer du reste du processus. Ce qui facilite, dans un premier moment, l’approche comparatiste, sans en restreindre la portée de la problématique. Pour preuve, voici la liste des sujets de discussion que le colloque peut effectivement accueillir :

-         La présentation des bilans ou des tableaux généraux des possessions ecclésiastiques, aussi bien du clergé régulier que du clergé séculier, entre la fin du 18e siècle et le début du 19e siècle.

-         L’analyse de la chronologie des différents processus et des conjonctures de nationalisation et de vente des biens ecclésiastiques ; ce qui devrait permettre d’en déterminer leur ampleur quantitative.

-         L’analyse et la mise en contexte de la législation relative à la désamortisation ecclésiastique, du point de vue de la forme et du contenu, ainsi que sa comparaison,  compris avec la législation française. Ce qui devrait également permettre d’approcher les mécanismes de son application concrète.

-         La présentation des différentes sources documentaires, aussi bien de celles existant avant le processus de nationalisation et de vente des biens que de celles générées par l’opération elle même. Une présentation qui devrait en même temps montrer les limitations de ces sources pour l’analyse historique.

-         L’identification des principaux bénéficiaires, à court terme et à moyen terme, de la désamortisation ecclésiastique.

-         Les conséquences sociales et économiques de la nationalisation et de la vente des biens ecclésiastiques. Par exemple : les changements dans la production agricole et dans les relations sociales autour du travail ; les modifications enregistrées dans les marchés des produits, de la terre et du crédit.

-         Les conséquences sociopolitiques de la désamortisation ecclésiastique. Par exemple : la réaction des institutions ecclésiastiques ; l’impact de l’opération sur les comportements religieux ou sociaux.

Programme

Le colloque est organisé sur trois jours et portera sur quatre problématiques spécifiques. Les deux langues principales du colloque seront l’espagnol et le français.

Jeudi 20 novembre 2008

15h30 : Ouverture du colloque et introduction de la problématique générale.

Première séance, sous la présidence de Bernard Bodinier (Université de Rouen, France).

La propriété ecclésiastique et la puissance socioéconomique et financière du clergé, avant la nationalisation de ses biens et de la désamortisation.

16h00 : Guy Lemarchand (Université de Rouen, France) : L’importance de la propriété ecclésiastique en France, aspects quantitatifs et qualitatifs.

16h30 : Pegerto Saavedra (Université de Santiago de Compostela, Espagne) : La richesse ecclésiastique en Espagne, à la fin de l’Ancien régime.

Pause

17h30 : Pablo F. Luna (Université Paris Sorbonne) : Les possessions des couvents et des monastères à Lima, seconde moitié du 18e siècle, début du 19e siècle.

18h00 : María Elena Barral (Conicet, Université de Luján, Argentine) : Les possessions rurales ecclésiastiques dans la vice-royauté du Rio de la Plata, 18e siècle – début du 19e siècle.

18h30 : Francisco Cervantes (Université de Puebla, Mexique) : Propriétés et rentes des institutions ecclésiastiques à Puebla, 1780-1850.

19h00 : Discussion générale

Vendredi 21 novembre 2008

Seconde séance, sous la présidence de Nadine Vivier (Université du Maine, France).

La législation, les mécanismes et l’ampleur de la nationalisation des biens ecclésiastiques, la chronologie et les conjonctures de la désamortisation.

09h30 : Bernard Bodinier (Université de Rouen, France) : La nationalisation des biens du clergé en 1789 : la législation, les mécanismes et les aspects quantitatifs.

10h00 : Josep Fontana (Université Pompeu Fabra, Espagne) : Désamortisation et « révolution libérale » en Espagne.

Pause

11h00 : Nuno Monteiro (Université de Lisbonne, Portugal) : La désamortisation dans le cadre de la législation agraire de la révolution libérale au Portugal.

11h30 : Nuria Sala i Vila (Université de Gérone, Espagne) : Désamortisation ecclésiastique et projets libéraux dans le monde andin (XIXe siècle).

12h00 : Discussion générale.

Troisième séance, sous la présidence Josep Fontana (Université Pompeu Fabra, Espagne).

Les bénéficiaires de la vente des biens ecclésiastiques, à court terme et à moyen terme ; la réaction sociopolitique  du clergé.

15h30 : Bernard Bodinier (Université de Rouen, France) : La problématique des bénéficiaires à court terme et à moyen terme de la vente des biens ecclésiastiques.

16h00 : Rosa Congost (Université de Gérone, Espagne) : Nouveaux et anciens propriétaires : réflexions sur le processus de désamortisation en Espagne.

Pause

17h00 Gisela Von Wobeser (Université Nationale Autonome du Mexique) : La consolidation des Vales Reales en Nouvelle-Espagne, 1804-1809 : importance financière et sociopolitique.

17h30 : Alex Ortegal (Université Nationale de San Marcos, Pérou) et Pablo F. Luna (Université Paris-Sorbonne) : 1867 : la dernière tentative échouée de la désamortisation des biens ecclésiastiques au Pérou.

18h00 : Discussion générale.

Samedi 22 novembre 2008

Quatrième séance, sous la présidence de d’Alejandro Tortolero (Université Autonome Métropolitaine du Mexique).

Les conséquences économiques et sociales de la vente des biens du clergé.

09h00 : Gérard Béaur (CNRS, CRH-EHESS, France) : La vente des biens nationaux et l’élargissement du marché immobilier.

09h30 : Fabrice Boudjaaba (CNRS, France) : La vente des biens nationaux : de nouveaux acteurs et de nouveaux réseaux pour le marché foncier ?

Pause

10h30 : Germán Rueda (Université de Cantabrie, Espagne) : Approche quantitative de la désamortisation espagnole, le processus et ses conséquences sociales et économiques.

11h00 : Fernando Armas Asín (Université de Lima, Pérou) : Les conséquences de la désamortisation sur l’évolution du crédit et de l’investissement ecclésiastiques au Pérou, 19e siècle.

11h30 : Discussion générale.

Pause

12h30 : Conclusions du colloque, par Maurice Aymard (MSH-Paris, France).

Lieux

  • Gérone, Espagne

Dates

  • samedi 22 novembre 2008
  • vendredi 21 novembre 2008
  • jeudi 20 novembre 2008

Contacts

  • Pablo F. Luna
    courriel : pfluna [at] yahoo [dot] com

Source de l'information

  • Pablo F. Luna
    courriel : pfluna [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« La « desamortización » des biens ecclésiastiques », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 18 septembre 2008, http://calenda.org/195500