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Les formes contemporaines de la biopolitique

États, connaissances biomédicales et politiques publiques comparées

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Publié le mercredi 24 septembre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Depuis une vingtaine d’années environ, les signes extérieurs d’un renouvellement des instruments liés à la gouvernementalité biopolitique se multiplient, sous la forme de campagnes d’information adressées au grand public dans le domaine de la nutrition, par la généralisation des programmes de dépistage et de vaccination, ou encore par le renforcement du cadre législatif en matière de tabagisme. Cet atelier, organisé dans le cadre du congrès de l'Association française de science politique en septembre 2009, vise à comprendre les enjeux actuels des formes d’intervention politique dans le champ de la santé publique et de l’organisation des soins, à partir de cas d’étude issus de la période contemporaine.

Annonce

Présentation

Cet atelier vise à comprendre les formes d’intervention politique dans le champ de la santé publique et de l’organisation des soins, à partir de cas d’étude issus de la période contemporaine.

La sociologie des risques et l’étude des nouveaux risques sanitaires a montré que l’action publique est rarement acquise en première instance (amiante, sang contaminé, obésité…). Dans ces cas de figure, le déclenchement et la forme de l’action publique résultent d’un travail politique spécifique, visant à établir la légitimité et la nécessité d’une intervention des pouvoirs publics. L’objet de cet atelier est donc de proposer d’étudier l’action étatique en matière de santé comme variable dépendante.

La biopolitique, qui fournit un point de départ analytique à cette réflexion commune, se définit comme « la manière dont on a essayé, depuis le 18e siècle, de rationaliser les problèmes posés à la pratique gouvernementale par les phénomènes propres à un ensemble de vivants constitués en population : santé, hygiène, natalité, longévité, races… » [1]. Cette entrée de lecture se décline de différentes manières. Le cadre d’analyse proposé ici se fonde en grande partie sur l’étude de la biopolitique comme instrument d’action publique fondé sur « l’administration étatique des corps »  [2], notamment des souffrances et de la mort, couplé à l’analyse de son soubassement idéologique, lui-même lié à la gouvernementalité libérale [3].

De nouvelles politiques de santé publique ?

Depuis une vingtaine d’années environ, les signes extérieurs d’un renouvellement des instruments liés à la gouvernementalité biopolitique se multiplient, sous la forme de campagnes d’information adressées au grand public dans le domaine de la nutrition, par la généralisation des programmes de dépistage et de vaccination, ou encore par le renforcement du cadre législatif en matière de tabagisme.

En France particulièrement, on observe le développement de la « sécurité sanitaire » suite aux crises de santé publique (sang contaminé, épidémie de sida), la loi d’orientation de la santé publique du 9 août 2004 et l’écriture de plans luttant contre les maladies de l’abondance (diseases of affluence).

L’observation de ces évolutions, qui touchent l’ensemble des démocraties occidentales, a fréquemment été interprétée comme un renouveau de la santé publique [4], ce que cet atelier se propose de vérifier en mettant à l’épreuve, empiriquement et en perspective comparée, les formes contemporaines de la biopolitique dans l’action de l’État.

Axes de recherche

L’atelier met l’accent sur trois axes de recherche transversaux, dont l’articulation devra apparaître dans les communications.

1.       L’analyse portera premièrement sur la construction sociale des problèmes biomédicaux. L’objet de ce premier axe est d’identifier les mécanismes servant à inscrire une donnée biomédicale problématique sur l’agenda politique.

2.       Ensuite, quels sont les acteurs sociaux mobilisés autour des problèmes biomédicaux ? Comment s’insèrent-ils dans les dispositifs de décision et de mise en œuvre des bureaucraties gouvernementales ? Qu’y apportent-ils en termes de réforme ou de résistances au changement ?

3.       Enfin, sur quels registres de connaissances biomédicales l’action publique prend-elle appui ? Dans quelle mesure ces connaissances scientifiques servent-elles de facteur persuasif auprès des acteurs publics ?

Les contributions portant sur d’autres pays que la France et/ou présentant un caractère comparatif sont encouragées.

Organisation

La date limite pour faire une proposition de communication (2 pages maximum) est le 15 octobre 2008. Une réponse sera donnée le 17 novembre 2008 au plus tard. Les communications écrites – en français ou en anglais – devront être envoyées le 30 juin 2009, dernier délai.


Thibault Bossy

Institut d’Études Politiques de Paris

thibault[point]bossy(at)sciences-po[point]fr

François Briatte

Institut d’Études Politiques de Grenoble

f[point]briatte(at)ed[point]ac[point]uk


[1] M. Foucault, Naissance de la biopolitique, Paris, Gallimard/Le Seuil, 2004, p. 323.

[2] D. Memmi, « Vers une confession laïque ? La nouvelle administration étatique des corps », Revue française de science politique, 50 (1), 2000, p. 3-20.

[3] M. Foucault, « Les techniques de soi », Dits et Écrits, t. 2, Paris, Gallimard, p. 1602-1632.

[4] A. Petersen, D. Lupton, The New Public Health: Health and Self in the Age of Risk, Londres, Sage, 1996.

Lieux

  • Grenoble, France

Dates

  • mercredi 15 octobre 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Santé publique, politiques de santé publique, biopolitique

Contacts

  • Thibault Bossy
    courriel : thibault [dot] bossy [at] sciences-po [dot] org
  • François Briatte
    courriel : f [dot] briatte [at] ed [dot] ac [dot] uk

Source de l'information

  • Thibault Bossy
    courriel : thibault [dot] bossy [at] sciences-po [dot] org

Pour citer cette annonce

« Les formes contemporaines de la biopolitique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 24 septembre 2008, http://calenda.org/195542