AccueilLes théories du complot et leur puissance persuasive

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Publié le vendredi 26 septembre 2008 par Marie Pellen

Résumé

« Il n’y a pas de fumée sans feu » dit le proverbe. La pensée par l’indice est aussi courante qu’elle est féconde pour l’esprit humain. Comprendre l’environnement en attribuant des causes et des effets à des successions d’événements apparemment sans lien est à la base de la pensée. La psychologie du développement nous enseigne que la lecture causale du monde est très puissante, dès le plus jeune âge. Outre sa capacité explicative, la recherche des causes permet à l’individu de donner du sens à ce qui l’entoure, ce qui semblerait être une condition essentielle à son inscription dans le monde.

Annonce

Séminaire interdisciplinaire en argumentation 2008-2009

Conception et animation par Emmanuelle DANBLON et Jean-Philippe SCHREIBER

 « Il n’y a pas de fumée sans feu » dit le proverbe. La pensée par l’indice est aussi courante qu’elle est féconde pour l’esprit humain. Comprendre l’environnement en attribuant des causes et des effets à des successions d’événements apparemment sans lien est à la base de la pensée. La psychologie du développement nous enseigne que la lecture causale du monde est très puissante, dès le plus jeune âge. Outre sa capacité explicative, la recherche des causes permet à l’individu de donner du sens à ce qui l’entoure, ce qui semblerait être une condition essentielle à son inscription dans le monde.

Ainsi, la pensée par l’indice et la tendance de l’esprit humain à lire le monde en termes de causalité intéresse simultanément la théorie du raisonnement et celle des représentations collectives qui sont au centre de la question rhétorique : à quelles conditions un raisonnement est-il valide, à quelles conditions une représentation est-elle persuasive ?

Le raisonnement causal et la preuve par l’indice sont généralement relayés par des techniques de mise à l’épreuve des hypothèses : tentatives de réfutations, expérimentations, comparaisons différentielles sont autant de démarches propres à l’épistémologie des sciences modernes pour donner aux hypothèses un statut scientifique. Mais il arrive aussi que des domaines entiers de la pensée s’immunisent contre la démarche critique pour renforcer la puissance explicative des représentations. Elles peuvent alors donner lieu à une inflation de sens, débouchant sur une conception déterministe du monde, telle que la pensée conspiratrice, la peur des causes cachées, le goût pour la révélation.

Dans ce séminaire d’esprit interdisciplinaire, nous voudrions, depuis notre compétence propre —celle d’une linguiste et celle d’un historien— approcher la question sous son double rapport. Nous voudrions aussi bien investiguer la puissance heuristique, que la tendance à l’inflation de sens et au déterminisme de ces modes de raisonnements. À cette fin, nous voudrions aborder des cas concrets traités depuis des disciplines différentes qui, toutes, ont une expertise pour explorer ce phénomène commun de la pensée humaine.

Les séances ont lieu le mercredi de 12h à 14h

Salle AY2.112

Université Libre de Bruxelles

Campus du Solbosch

17, avenue Franklin Roosevelt

1050 Bruxelles

 

PROGRAMME

15-10-08     Marc ANGENOT (Mc Gill) : « Éléments, figures et esquisse d’un historique de la pensée conspiratoire – de l’Abbé Barruel à Internet. »

29-10-08     Marc DOMINICY (ULB) : « Les sources cognitives de la théorie du complot. La causalité et les “faits”. »

12-11-08     Thierry HERMAN (Université de Neuchâtel & ULB) : « Stratégies médiatiques du dévoilement d’un complot : le cas de l'imposture de la Lune. » L’analyse portera sur le cas suivant : http://video.google.fr/videoplay?docid=-2411548770836462608

19-11-08      Mylène BAUM (UCL) :  « Faut-il faire sens de la rumeur de sorcellerie affectant les enfants malades de Kinshasa ? »

03-12-08      Tufan Danyal KARA (ULB) : « La théorie du complot en Turquie. »

10-12-08              Valérie ANDRÉ (ULB) : « La réception des philosophes au XIXe siècle et de l’exacerbation de la théorie du complot judéo-maçonnique par la droite réactionnaire (en particulier à propos de Voltaire). »

17-12-08              Loïc NICOLAS (ULB – EHESS) : « La thèse du complot ou la rhétorique de la facilité. »

04-02-09              Evgenia PAPAROUNI (ULB) : « Des trames à détisser, une lutte inégale : points de friction entre le discours politique et médiatique dans un corpus de conférences de presse. »

04-03-09             Cédric PASSART (Université de Lille) : « L’imaginaire conspiratoire dans les pamphlets d’Édouard Drumont. »

18-03-09           Olivier KLEIN (ULB) : « Fondations cognitives des stéréotypes sociaux et leur rôle dans l’émergence des théories du complot. »

25-03-09    Françoise LAUWERT (ULB) : « Les théories du complot en Chine. »

01-04-09           Emmanuel de JONGE (ULB) : « L’argumentation conspiration-niste : un exercice sophistique. »

22-04-09             Evelyne GUZY (ULB) : « Face au complot, la guerre sainte – Analyse d’un texte jihadiste. »

06-05-09           Jean-Philippe SCHREIBER (ULB) : « Satan : l’esprit du complot ? Du théologique au politique. »

Lieux

  • Salle AY2.112 - (Bâtiment A, Porte Y, Niveau 2) / Université Libre de Bruxelles, Campus du Solbosch 17, avenue Franklin Roosevelt, 1050 BRUXELLES
    Bruxelles, Belgique

Dates

  • mercredi 15 octobre 2008
  • mercredi 12 novembre 2008
  • mercredi 19 novembre 2008
  • mercredi 03 décembre 2008
  • mercredi 10 décembre 2008
  • mercredi 17 décembre 2008
  • mercredi 04 février 2009
  • mercredi 18 mars 2009
  • mercredi 25 mars 2009
  • mercredi 01 avril 2009
  • mercredi 06 mai 2009

Mots-clés

  • Rhétorique, linguistique, histoire des idées, théories du complot

Contacts

  • Emmanuelle DANBLON
    courriel : edanblon [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Loïc Nicolas
    courriel : loic [dot] nicolas [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les théories du complot et leur puissance persuasive », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 26 septembre 2008, http://calenda.org/195568