AccueilAddictions : pathologie de la modernité ?

Addictions : pathologie de la modernité ?

Dixième Journée d'étude de l'IREMA

*  *  *

Publié le lundi 29 septembre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Nous voyons se développer un paradoxe : le discours officiel promeut les conduites addictives (via la publicité notamment) en même temps qu'il stigmatise ceux qui sont du coté de la démesure. La place du sujet dans la modernité est en travail, et nous souhaitons, à notre mesure l'accompagner.

Annonce

La condition « post-moderne » s’argumente du constat que les grands récits d’émancipation, qui ont nourri le positivisme et la notion de progrès, s’effondrent. Emerge une position qui privilégie le présent au futur, le vécu de l’événement à l’élaboration de son sens.

Les nouvelles technologies participent à la redéfinition de la subjectivité : remodelage de son rapport au temps, à l’espace, à son corps même… Elles isolent les acteurs en même temps qu’elles permettent la création de réseaux d’un nouveau type, un collectif mouvant en émergence qui réaménage et redéfinit la notion de solidarité.

Nous voyons ainsi se développer dans un même temps :

  • une promotion des conduites addictives dans un spectre large de consommations : usage d’écrans et expériences virtuelles, conduites alimentaires anorexiques, promotion de l’agir (réactivité, vitesse) avec son corollaire de dévaluation du temps de la pensée et de son expression, jeux d’argent…
  • et leur promotion / leur dénonciation, avec visée de « prévention » dans un registre normatif peu productif.

 

C’est un paradoxe : le discours officiel promeut les conduites addictives - la publicité en est un canal très actif - en même temps qu’il stigmatise ceux qui sont du côté de la démesure : surendettement, dépendances aux jeux, aux produits psychotropes, obésité, bascule massive dans des mondes virtuels. L’environnement politique et social se modélise sur le principe du choix addictif : intolérance à la frustration, tyrannie des affects, immédiateté, accélération des rythmes et prévalence de la sensation, dévaluation de l’élaboration subjective, indifférence aux objets qui demandent pour les obtenir distanciation, discours, implication, temps…, désir du changement au delà de ce qu’il vise – ce qui conduit paradoxalement le sujet à rester indéfiniment dans ce temps même du changement !

 

L’économie industrielle et financière est en voie de capter l’économie libidinale des sujets. Les espaces virtuels tiennent un rôle dans ce processus de captation. L'adolescence aussi, qui reçoit et transforme les injonctions paradoxales, les nouveaux objets sans mode d'emploi, les sollicitations diverses qui permettent des échappées vers d'autres modalités relationnelles...

 

Parallèlement, la standardisation des soins, y compris le soin psychothérapique, conduit à l’identification de repères très normés pour une conduite socialement acceptable.

 

Nous nous devons de mieux comprendre les paradoxes et les enjeux de ce nouvel environnement que nous contribuons à créer, et, si possible, contribuer à tracer quelques lignes d’un mode d’emploi. La place du sujet dans la modernité est en travail, et nous souhaitons, à notre mesure, l’accompagner au service des patients – et du nôtre !

 

Pré-programme

Vendredi 13 mars 2009

9h – 12h30

  • Marie José MONDZAIN, Philosophe, directrice de recherche au CNRS
  • David LE BRETON, Sociologue
  • Christiane VOLLAIRE, Philosophe, membre du comité de rédaction des revues Drôle d’époque et Pratiques.

14h30 – 17h30

  • Jean MAISONDIEU, Psychiatre
  • Jean Pierre LEBRUN, Psychiatre, Psychanalyste
  • Fernando GEBEROVITCH, Psychiatre, psychanalyste

Samedi 14 mars 2009

9h – 13h

  • Jean Yves HEURTEBISE, Philosophe
  • Bertrand OGILVIE  Philosophe, Collège International de Philosophie
  • Tim GREACEN, Directeur du Laboratoire de recherche EPS Maison Blanche, ancien Président d’Aides
  • Jean Pierre COUTERON, Psychologue clinicien, Président de l’ANITEA

14h30 – 17h30

  • Christian TORRES, Médecin du travail, Consultation Souffrance et travail / Réseau régional d’Accueil et de Prévention. Lyon 
  • Tristan GARCIA FONS, Pédopsychiatre, psychanalyste 
  • Marc VALLEUR, Psychiatre, médecin-chef de l'Hôpital Marmottan
  • Vischnuda DEGRANDI : Directeur des écoles de formation de biodanza Ile de France, la Réunion, Strasbourg

Lieux

  • Association Notre Dame des Champs, 92 bis Boulevard du Montparnasse, 75014 Paris
    Paris, France

Dates

  • vendredi 13 mars 2009
  • samedi 14 mars 2009

Fichiers attachés

Contacts

  • Laurence Emin
    courriel : l [dot] emin [at] irema [dot] net

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurence Emin
    courriel : l [dot] emin [at] irema [dot] net

Pour citer cette annonce

« Addictions : pathologie de la modernité ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 29 septembre 2008, http://calenda.org/195592