AccueilL’imaginaire de la parenté dans les romans arthuriens (XIIe-XIVe siècle)

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Publié le mercredi 01 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

La parenté est au cœur de la matière de Bretagne. Les structures de parenté forment un cadre privilégié pour la prédestination et l’évolution des personnages. Parfois elles fonctionnent selon de pratiques réelles, dans certains cas elles les influencent, enfin parfois elles s’en écartent entièrement. Les alliances matrimoniales souvent problématiques, les généalogies complexes, les conflits et les loyautés d’ordre familial parviennent-ils à nous renseigner mieux sur la société médiévale, la légitimité, la violence, l'espace domestique, la femme, ou bien ont-ils juste une valeur littéraire ? Et quelle est la place du mythe païen ou de la pratique chrétienne dans le fonctionnement de la parenté ? Enfin, l’héraldique occupe une place centrale dans l’imaginaire arthurien. Les textes, leur contexte ou l’iconographie, pris séparément ou mis en vis-à-vis, peuvent répondre à toutes ces questions, voire en susciter d’autres.

Annonce

Quoique éclipsée par la figure proéminente d’un héros, la parenté est au cœur de la matière de Bretagne. Or, nous n’insistons peut-être pas assez sur son rôle primordial aussi bien pour l’économie narrative que pour une meilleure compréhension, par le biais de l’imaginaire, d’aspects essentiels de la société médiévale. Les romans arthuriens mettent en scène toutes sortes de familles, touffues comme celle de Lancelot, ou bien restreintes comme celles des vavasseurs ou petits nobles qui font des apparitions fulgurantes. Il y a aussi des lignées sanctifiées comme celle des gardiens du Graal, ou damnées comme la descendance de Modred. C’est pourquoi les structures de parenté forment un cadre privilégié pour la prédestination et l’évolution des personnages. Parfois elles fonctionnent selon de pratiques réelles, dans certains cas elles les influencent, enfin parfois elles s’en écartent entièrement. Les alliances matrimoniales souvent problématiques, les généalogies complexes, les conflits et les loyautés d’ordre familial parviennent-ils à nous renseigner mieux sur la société médiévale, la légitimité, la violence, la vie privée, la femme, ou bien ont-ils juste une valeur littéraire ? Et quelle est la place du mythe païen ou de la pratique chrétienne dans le fonctionnement de la parenté ? Enfin, l’héraldique occupe une place centrale dans l’imaginaire arthurien. Les armoiries, généralement signes d’appartenance à une parentèle, acquièrent des significations multiples et subissent des distorsions. Elles ont une valeur symbolique, marquant des étapes dans le devenir d’un personnage. Leur rôle politique de propagande n’est pas non plus négligeable. L’héraldique sert à la fois de marqueur d’identité ou de masque : elle rattache l’individu à son lignage ou souligne, au contraire, sa spécificité. Les textes, leur contexte ou l’iconographie, pris séparément ou mis en vis-à-vis, peuvent répondre à toutes ces questions, voire en susciter d’autres.

VENDREDI, 12 JUIN 2009

10h00 : Martin AURELL, professeur à l’Université de Poitiers, Catalina GIRBEA, maître de conférences à l’Université de Bucarest, « Rapport introductif »

Visages de la mère

Sous la présidence de Christine FERLAMPIN-ACHER, professeur à l’Université de Rennes II

11h00-12h30 :

Philippe WALTER, professeur à l’Université de Grenoble III, « Les neveux et la matrilinéarité arthurienne »

Joseph GŒRING, professeur à l’Université de Toronto, « Perceval, his Mother, and the Grail »
Brandusa GRIGORIU, doctorante à l’Université de Poitiers, « L’amer et la mère : images maternelles à travers les mondes tristaniens »

Songes et imaginaires

Sous la présidence de Claudio GALDERISI, directeur du CESCM

14h00-15h30 :

Jean-Marie FRITZ, professeur à l’Université de Bourgogne, « Les images de la parenté dans les songes des héros arthuriens »

Karin UELTSCHI, habilitée à diriger des recherches, Institut Catholique de Rennes, « La maudite lignée des roux »

Christine FERLAMPIN-ACHER, professeur à l’Université de Rennes II, « Les parentés imaginées dans Perceforest »

15h30 – 15h45: Pause

La chair et l’esprit, le réel et le symbole

Anne BERTHELOT, professeur à l’Université du Connecticut

15h45-17h15 :

Andrew BREEZE, professeur à l’Université de Navarre (Pampelune), « La famille bretonne irréelle : parents et enfants dans les Mabinogion »

Armand STRUBEL, professeur à l’Université de Montpellier III, « Mère, sœur et oncles : le Graal, une histoire de famille ? »

Jean-René VALETTE, professeur à l’Université de Bordeaux III, « Parenté charnelle et parenté spirituelle dans la Queste del Saint Graal »

17h15 – 17h30 : Pause

Connaître et aimer les siens

Sous la présidence de Michel PASTOUREAU, directeur d’études à l’EPHE

17h30-19h00 :

Denis HUË, professeur à l’Université de Rennes II, « Famille et connaissance dans le Perlesvaus »

Claudio GALDERISI, directeur du CESCM, « Connaître et reconnaître “au sanc” : l’amour familial dans la Queste del Saint Graal et dans la Suite du roman de Merlin »

Mihaela VOICU, professeur à l’Université de Bucarest, « Le fils, “autre même” que le père. Lancelot et Galaad dans le Lancelot-Graal ».

SAMEDI, 13 JUIN 2009

De la fiction à la réalité et retour

Sous la présidence de Richard TRACHSLER, professeur à l’Université de Göttingen

9h00-11h00 :

Jean-Jacques VINCENSINI, professeur à l’Université de Corse, « Du réel au symbolique : la mise en fiction des relations de parenté (l’exemple du Conte du Graal) »

Catherine DANIEL, maître de conférences à l’Université de Rennes II, « De la parenté imaginaire à la parenté historique : la récupération politique du lignage d’Arthur et de Joseph d’Arimathie »

Stéphane BOISSELIER, professeur à l’Université de Poitiers, « Vocabulaire de la parenté dans la Demanda do Santo Graal : comparaison avec les Livres de lignages et les sources de la pratique »

Ioan PANZARU, président de l’Université de Bucarest, « Un air de famille : généalogies et similitudes dans les textes arthuriens du XIIIe s. »

11h00-11h15 : Pause

Images de la bâtardise

Andrew BREEZE, professeur à l’Université de Navarre

11h15-12h15 :

Ad PUTTER, professeur à l’Université de Bristol, « Arthur and Mordred: Father and Nephew / Father and Son(s) »

Anne BERTHELOT, professeur à l’Université du Connecticut, « Bâtards et “fils de diable” dans quelques textes arthuriens tardifs »

Armoiries arthuriennes et flatteries héraldiques

Sous la présidence de Jean-Marie FRITZ, professeur à l’Université de Bourgogne

14h00-15h30 :

Michel PASTOUREAU, directeur d’études à l’EPHE, « Héraldique et parenté arthurienne : quatre générations, cinq lignages, cent-cinquante armoiries (XIIe-XVe s.) »

Richard TRACHSLER, professeur à l’Université de Göttingen, « Du roman à l’histoire. Héraldique et onomastique arthuriennes »

Amaury CHAUOU, agrégé d’histoire, docteur de l’Université de Rennes II, « De gueules à deux léopards d’or : enjeux de la bâtardise et l’union illégitime dans la matière de Bretagne pour la cour des premiers Plantagenêts »

15h30-16h00 :
Michel ZINK, professeur au Collège de France, « Conclusions »

Lieux

  • Centre d'études supérieures de civilisation médiévale, 24, rue de la Chaîne
    Poitiers, France

Dates

  • samedi 13 juin 2009
  • vendredi 12 juin 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • parenté, société, arthurianisme, avunculat

Contacts

  • Martin Aurell, Catalina Girbea ~
    courriel : catalinagirbea [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Martin Aurell, Catalina Girbea ~
    courriel : catalinagirbea [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’imaginaire de la parenté dans les romans arthuriens (XIIe-XIVe siècle) », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 01 octobre 2008, http://calenda.org/195614