AccueilLes interactions entre mobilités quotidienne et résidentielle à l'épreuve des nouvelles pratiques sociales

Les interactions entre mobilités quotidienne et résidentielle à l'épreuve des nouvelles pratiques sociales

Neuvième colloque du groupe de travail « Mobilités spatiales et fluidité sociale » de l'AISLF

*  *  *

Publié le lundi 06 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

L'objet de ce colloque est de savoir dans quelle mesure les articulations entre déplacements routiniers et stratégies résidentielles constituent une ressource mobilisée par les individus pour assurer la faisabilité et la pérennité de leur programme d’activités. En d’autres termes, comment les comportements individuels peuvent-ils faire émerger de nouveaux modes d’habiter ? Trois axes de réflexion sont proposés : mobilités et évolution des structures familiales ; mobilités, ressources techniques et modes de vie ; mobilités, formes urbaines et inégalités sociales.

Annonce

Le 9e colloque du groupe de travail « Mobilités Spatiales et Fluidité Sociale » (GT23) de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF) se tiendra à Luxembourg les 26 et 27 mars 2009. Ce colloque est envisagé comme une rencontre interdisciplinaire visant à faire dialoguer sociologues, géographes, démographes, psychologues, économistes, aménageurs, ainsi que les divers acteurs territoriaux concernés par cette thématique.

***********************

La transition urbaine avait marqué l’avènement et l’hégémonie de la ville motorisée aux dépens des autres modes de transport. Les évolutions récentes, tant du contexte économique que des pratiques sociales, et leurs conséquences environnementales mettent aujourd’hui en doute la durabilité de ces systèmes métropolitains étalés qui combinent une mosaïque d’espaces socialement ségrégés, fonctionnellement spécialisés, où dominent les déplacements automobiles.

Résidant dans ces espaces éclatés, l’individu, face à son programme d’activités, éprouve alors un dilemme grandissant entre, d’une part, des logements de plus en plus chers, l’entraînant souvent à s’établir loin des zones de centralité et, d’autre part, des coûts de transport dont l’augmentation récente ne devrait pas se démentir dans les prochaines décennies. De ce fait, les arbitrages entre mobilité quotidienne et mobilité résidentielle entrent désormais dans une zone d’incertitude. En effet, alors que, pendant des années, l’homo-mobilus a trouvé dans l’automobile la prothèse idéale de sa mobilité généralisée, son utilisation s’avère aujourd’hui de moins en moins satisfaisante (plafonnement des vitesses, congestion urbaine), voire culpabilisante (nuisances environnementales), et, dans tous les cas, de plus en plus onéreuse. Les espaces de vie des individus, notamment des périurbains, se trouvent ainsi de plus en plus sous tensions, ce qui suppose l’élaboration de stratégies d’adaptation, notamment comportementales, dont les modalités ne sont pas encore bien identifiées. Doit-on s’attendre à un retour à la ville ? À une réduction du nombre d’activités ou à une substitution des déplacements par les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ? À un report modal ? Ou encore, à défaut d’adaptation, à un renforcement des inégalités socio-spatiales ?

Ce colloque se focalise donc sur les interactions entre mobilité quotidienne et mobilité résidentielle. La question est de savoir dans quelle mesure les articulations entre déplacements routiniers et stratégies résidentielles constituent une ressource mobilisée par les individus pour assurer la faisabilité et la pérennité de leur programme d’activités. En d’autres termes, comment les comportements individuels peuvent-ils faire émerger de nouveaux modes d’habiter ?

Concrètement, pour éclairer les tensions et les arbitrages évoqués, trois angles d’approche sont proposés :

 

Mobilités et évolution des structures familiales :

Aujourd’hui, les doubles résidences, les décohabitations tardives, les familles monoparentales, les familles recomposées, voire les gardes d’enfants partagées, façonnent un nouveau paysage sociodémographique. Alors que la forme traditionnelle du « ménage-logement » avait comme lieu structurant principal un domicile unique, on peut se demander dans quelle mesure l’émergence de nouveaux types de ménages génère des stratégies résidentielles et de mobilité quotidienne plus complexes. Par exemple, comment concilier les activités des enfants vivant alternativement dans deux logements et quelle est l’influence de ces situations familiales sur les stratégies résidentielles ? Dans quelle mesure le développement des bi-résidences (hebdomadaires, mensuelles…) constitue-t-il une réponse aux tensions actuelles du logement et du transport, quelle en est l’incidence sur les programmes d’activités familiaux ? Compte tenu des contraintes qui pèsent actuellement sur la vie professionnelle, n'observe-t-on pas une tendance à se rapprocher du domicile des parents auxquels on « confie » certaines mobilités (chercher les enfants à l'école...), ou alors, à un certain éloignement entre les générations ?

 

Mobilités, ressources techniques et modes de vie :

Les études sur les relations entre NTIC et mobilité suggèrent qu’à défaut de substitution, ces dernières génèrent plutôt de la complémentarité, voire stimulent les déplacements quotidiens, témoignant ainsi de l’importance donnée à la coprésence. Pour autant, les ressources techniques (NTIC ou autres) n’en sont pas moins un outil puissant qui fait désormais partie intégrante des modes de vie. On peut alors se demander dans quelle mesure ces outils ont favorisé l’émergence de nouveaux modes d’habiter. Par exemple, les nouvelles technologies ont-elles facilité le développement des bi-résidences ou des pendularités de longue distance, en permettant de garder un contact à distance avec sa famille ou son employeur ? Par ailleurs, les services à la personne (informels ou institutionnels) se substituent-ils à la mobilité quotidienne (vente par correspondance…), voire résidentielle (maintien à domicile des personnes âgées…) ?

 

Mobilités, formes urbaines et inégalités sociales :

La conjonction de prix immobiliers très élevés et de coût du transport en nette augmentation contrarie la logique du développement périurbain. Dans ce contexte d’inégalités d’accès à la ville, quel choix résidentiel est laissé aux ménages (les plus) modestes ? En quoi ces évolutions génèrent, renforcent ou dissipent les ségrégations sociales ou la spécialisation fonctionnelle dans l'espace ? Comment concilier la hausse des coûts énergétiques et les besoins de déplacement ? La hausse du prix de l’essence aura-t-elle plus d’impact que les discours environnementaux sur les représentations de l’automobile et les pratiques modales ? Confrontés à ces nouveaux modes d’habiter, comment et avec quels outils les politiques d’urbanisme et d’aménagement peuvent-elles relever le défi d’une approche intégrée transport/logement pour répondre à la demande de mobilité ?

Les réponses à l'appel à communication

Soumission d’une proposition

Les propositions de communication seront fournies au format .doc, .docx ou .rtf et comprendront entre 3 et 4 pages dans lesquelles devront figurer :

  • Les coordonnées précises du ou des auteurs
  • Le titre de la communication,
  • La référence à l’axe thématique visé,
  • Un résumé de la communication comprenant :

- les références théoriques mobilisées,

- la méthode utilisée et le corpus de données (s’il y a lieu),

- les résultats attendus,

- une courte bibliographie.

Toute proposition ne respectant pas ces critères ne pourra être évaluée. Les contributions pourront relever de différentes perspectives : théorique, qualitative, empirique, quantitative, modélisatrice ou méthodologique.

 

Les propositions de communication sont à adresser par courriel au plus tard pour le lundi 15 décembre 2008 aux adresses électroniques suivantes :

samuel.carpentier@ceps.lu ; philippe.gerber@ceps.lu

Acceptation

L'avis du comité scientifique sera communiqué aux auteurs des propositions au plus tard le mercredi 21 janvier 2009.

Après acceptation par le comité scientifique, les textes complets des communications seront fournis au format .doc, .docx ou .rtf et comprendront au maximum 15 pages, incluant les figures, les tableaux et la bibliographie.

Ces textes devront être envoyés au plus tard le 18 mars 2009, par courriel, aux adresses électroniques suivantes : samuel.carpentier@ceps.lu ; philippe.gerber@ceps.lu

Comité scientifique

  • Marie-Hélène VANDERSMISSEN (CRAD, Université LAVAL, Québec)
  • Isabelle THOMAS (CORE, UCL, Louvain-la-Neuve)
  • Thierry RAMADIER (Image et Ville, CNRS/ULP, Strasbourg)
  • Bertrand MONTULET (CES/FUSL, Bruxelles)
  • Sébastien LORD (CEPS/INSTEAD, Luxembourg)
  • Pierre LANNOY (METICES/CRU/ULB, Bruxelles)
  • Vincent KAUFMANN (LaSUR/EPFL, Lausanne)
  • Philippe GERBER (CEPS/INSTEAD, Luxembourg)
  • Christophe ENAUX (Image et Ville, CNRS/ULP, Strasbourg)
  • Thierry EGGERICKX (GéDAP/UCL, Louvain-la-Neuve)
  • Eric CORNELIS (GRT/FUNDP, Namur)
  • Geoffrey CARUSO (IPSE, Université du Luxembourg)
  • Samuel CARPENTIER (CEPS/INSTEAD, Luxembourg)

Comité d’organisation

  • Carole STEFANUTO (CEPS/INSTEAD, Luxembourg)
  • Sébastien LORD (CEPS/INSTEAD, Luxembourg)
  • Philippe GERBER (CEPS/INSTEAD, Luxembourg)
  • Samuel CARPENTIER (CEPS/INSTEAD, Luxembourg)

Lieux

  • Hotel Novotel Luxembourg-Centre
    Luxembourg, Grand-Duché de Luxembourg

Dates

  • lundi 15 décembre 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • mobilité quotidienne, mobilité résidentielle, pratiques sociales, espace, modes d'habiter

Contacts

  • Samuel Carpentier
    courriel : samuel [dot] carpentier [at] ceps [dot] lu
  • Philippe Gerber
    courriel : philippe [dot] gerber [at] ceps [dot] lu

URLS de référence

Source de l'information

  • Samuel Carpentier
    courriel : samuel [dot] carpentier [at] ceps [dot] lu

Pour citer cette annonce

« Les interactions entre mobilités quotidienne et résidentielle à l'épreuve des nouvelles pratiques sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 06 octobre 2008, http://calenda.org/195643