AccueilLes cultures politiques blanches dans l'Europe méridionale

Les cultures politiques blanches dans l'Europe méridionale

France, Italie, Espagne, Portugal - XIXe siècle et début XXe siècle

*  *  *

Publié le lundi 06 octobre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Cette deuxième rencontre est organisée à Lyon les 6 et 7 novembre 2008 par le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes LARHRA (UMR CNRS 5190), en collaboration avec l'École française de Rome et l'École normale supérieure LSH de Lyon. Elle fait partie d'une série de journée d’études destinées à définir les espaces, les culturelles mémorielles et les sociabilités de l’univers des « Blancs » dans l’Europe méditerranéenne (France, Italie, Espagne, Portugal). Au cours de cette session, il s’agira d’étudier les régions - les « Vendées » hexagonales, les régions de culture carliste ou miguéliste, les terres du Brigantaggio dans l'Italie méridionale - ayant servi de refuges à une culture politique née du refus de la politisation - au sens puis de concentrer sur les lieux et les quartiers à l'échelle de l'espace urbain. Ces deux journées sont organisées par Hilaire Multon (directeur délégué du Centre culturel français de Turin, LARHRA) et Bruno Dumons (CNRS, LARHRA).

Annonce

Deuxième Rencontre scientifique Espaces, territoires, quartiers. Les lieux d’inscription d’une culture politique

Il s'agira ainsi de définir les grandes étapes du développement de cette culture politique « blanche » enracinée dans le rejet des Lumières et de la Révolution française, en étant attentif aux lieux, aux acteurs et aux sociabilités. Au-delà de l'analyse du discours et des formes politiques, il s'agira de contribuer à une « histoire sociale du politique », en soulignant les passeurs culturels et les intermédiaires sociaux qui permettent à cette culture politique « blanche » de survivre au choc de la libéralisation et au processus de sécularisation. Dans trois nations de culture catholique dominante, il s'agit de s'interroger sur le passage d'une contre-révolution, considérée comme une alternative politique crédible à une « sub-culture » s'appuyant sur des milieux et de cercles étroits, soudés par une mythologie et un discours fondé sur une « histoire désespérante », aux antipodes du rationalisme et de la foi placée dans le progrès de l'humanité.

Face au processus de politisation et face au modèle agulhonien de la « descente de la politique vers les masses », la culture politique "blanche" fait donc figure de parent pauvre de l'historiographie. Cette histoire des vaincus et des proscrits est un chantier négligé par les historiens du contemporain, si l'on excepte les travaux sur les textes et les auteurs contre-révolutionnaires comme Burke, Maistre, Bonald (L. Dimier, G. Gengembre, S. Rials), mais aussi les importantes études sur le personnel politique légitimiste et les réseaux locaux du légitimisme politique (M. Denis, J. C. Martin, P. Levillain, S. Osgood, M. L. Brown, S.oD. Kale). Le rejet des discours contre-révolutionnaires à l'époque contemporaine mérite pourtant que l'on s'arrête sur les acteurs sociaux et sur les lieux de fidélité qui ont permis de pérenniser cette culture politique dans la longue durée. Si l'Italie pré-unitaire a fait l'objet de travaux importants, notamment ceux qui se sont intéressés aux soulèvements populaires ayant accompagné la présence française à l'époque napoléonienne (A.M. Rao, G. Turi) et si l'Espagne des soulèvements carlistes est désormais mieux connue grâce aux travaux de Jordi Canal, l'étude des réseaux de fidélité et d'allégeance dans la longue durée permettrait d'éclairer la mise en oeuvre d'une politisation qui se fonde sur des logiques sociales différentes de celles du courant libéral et démocratique. Dans cette perspective, il conviendra de mettre en regard les récits nationaux et de déterminer les chronologies des survivances et des ré-inventions du courant contre-révolutionnaire pour chacun des quatre pays.

Institutions partenaires :
École Française de Rome (EFR) - École Normale Supérieure LSH de Lyon - Laboratoire de Recherches Historiques Rhône-Alpes (LARHRA)

Organisateurs :
Bruno Dumons (CNRS-LARHRA) Hilaire Multon (CCF Turin – LARHRA)

Programme

Jeudi 6 novembre 2008

14h00-14h15 :

Accueil : Olivier Faron (ENS-LSH Lyon)

Introduction : Bruno Dumons (CNRS - LARHRA)

Les régions blanches

Présidence : Jean-François Chauvard (École Française de Rome)

* 14h15-14h45 : Antonino de Francesco (Université de Milan) : Du Sanfedismo au brigantaggio : le stéréotype contre-révolutionnaire du Mezzogiorno dans l'Italie du XIXe siècle

* 14h45-15h15 : Antonio Monteiro Cardoso (Université de Porto) : Le Douro, un bastion du miguélisme

* 15h15-15h45 : Francisco Javier Caspistegui (Université de Navarre) : La Navarre carliste : réalité et construction d’une géographie contre-révolutionnaire

* 15h45-16h15 : Discussion

* 16h15-16h30 : Pause

* 16h30-17h00 : Jean-Clément Martin (Université Paris I) : La persistance d'une Vendée blanche, les raisons d’une tradition XIXe - XXe siècles

* 17h00-17h30 : Gérard Cholvy (Université Montpellier III) : Le « Midi blanc »

* 17h30-18h00 : Discussion : Bruno Dumons (CNRS-LARHRA)

Vendredi 7 novembre 2008

Quartiers et espaces « blancs »

Conclusion : Hilaire Multon (CCF Turin - LARHRA)

Présidence : Jean-Luc Pinol (Université Lyon II-LARHRA)

* 9h30-10h00 : Bruno Dumons (CNRS-LARHRA) : Ainay, le quartier "blanc" de Lyon ?

* 10h00-10h30 : Matthieu Brejon de Lavergnée (Fondation Thiers) : Culture blanche et oeuvres de charité. Le faubourg Saint-Germain à Paris au XIXe siècle

* 10h30-11h00 : Paul d’Hollander (Université de Limoges) : Processions et manifestations de rue dans « Limoges, ville rouge »

* 11h00-11h30 : Discussion

Des lieux « blancs »

Présidence : Christian Sorrel (Université Lyon II-LARHRA)

* 14h00-14h30 : Paul Chopelin (Université Jean Moulin Lyon III-LARHRA) : Mémoires « blanches » de la Terreur : les chapelles expiatoires de Lyon et de Feurs

* 14h30-15h00 : Emmanuel Fureix (Université Paris XII) : Nécropoles et charniers « blancs » dans le Paris du premier XIXe siècle

* 15h00-15h30 : Jordi Canal (EHESS) : Montejurra, 1976 : une fête fratricide dans un lieu de mémoire carliste

* 15h30-16h00 : Discussion

*16h00 : Conclusion : Hilaire Multon (CCF Turin - LARHRA)

Lieux

  • École Normale Supérieure Lettres Sciences Humaines, salle F 112
    Lyon, France

Dates

  • jeudi 06 novembre 2008
  • vendredi 07 novembre 2008

Mots-clés

  • culture politique blanche, politisation des droites, espace méditerranéen, lieux de mémoire urbains, identité et mémoire de la contre révolution, carlisme, légitimisme

Contacts

  • Bruno Dumons
    courriel :
  • Hilaire Multon
    courriel : h [dot] multon [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Hilaire Multon
    courriel : h [dot] multon [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les cultures politiques blanches dans l'Europe méridionale », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 06 octobre 2008, http://calenda.org/195644