AccueilSavoirs invisibles. Pratiques, acteurs et institutions (XVIIe-XIXe siècle)

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Publié le lundi 06 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Parler de « savoirs invisibles », c’est à proprement parler de savoirs (ie : des acteurs, des institutions, des réseaux, des productions, des pratiques…) qui ne se voient pas, restent cachés ou sont masqués. Invisibilité volontaire de savoirs secrets, réservés aux seuls initiés ; obscurité de savoirs sans dignité ; pure transparence de savoirs discrets ; effacement de savoirs marginaux. À ces formes partielles d’invisibilité sont associés des pratiques de diffusion empruntant des circuits spécifiques. « L’invisibilité » prend ainsi en compte des processus très différents allant du secret à la marginalité. Peu d’activités cognitives échappent à l’invisibilité, quelle soit partielle ou totale. Un autre niveau d’analyse peut se situer sur le plan de l’historiographie et des formes d’invisibilité construite à travers et par l’historiographie.

Annonce

 Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

 Bruno Belhoste, Jean-Luc Chappey, Vincent Denis

1 vendredi / mois ----  10h30 – 12 h

Parler de « savoirs invisibles », c’est à proprement parler de savoirs (ie : des acteurs, des institutions, des réseaux, des productions, des pratiques…) qui ne se voient pas, restent cachés ou sont masqués. Invisibilité volontaire de savoirs secrets, réservés aux seuls initiés ; obscurité de savoirs sans dignité ; pure transparence de savoirs discrets ; effacement de savoirs marginaux. À ces formes partielles d’invisibilité sont associés des pratiques de diffusion empruntant des circuits spécifiques. « L’invisibilité » prend ainsi en compte des processus très différents allant du secret à la marginalité. Peu d’activités cognitives échappent à l’invisibilité, quelle soit partielle ou totale. Un autre niveau d’analyse peut se situer sur le plan de l’historiographie et des formes d’invisibilité construite à travers et par l’historiographie. A travers les histoires des sciences, les éloges académiques, les distributions de pensions ou les notices biographiques se construit une histoire officielle des savoirs canoniques, avec ses « héros », ses institutionnelles dominantes. Si ces récits ne cessent de publier des savoirs, ils trient, masquent, font tomber dans l’oubli un ensemble d’acteurs, de pratiques, de productions… ces récits étant toujours écrits par des « vainqueurs », nouveaux gardiens du temple qui rendent ainsi invisibles les savoirs jugés illégitimes (pensons par exemple au mesmérisme). Un savoir invisible est ainsi un savoir qui n’est pas certifié par les instances disposant du monopole de la certification légitime, hier comme aujourd’hui. Ces entreprises sont souvent particulièrement efficaces et aboutissent à construire une histoire « classique » des sciences qu’il convient de revisiter à travers cette problématique.  L'objectif du séminaire sera de repérer et d’analyser ces savoirs invisibles et ceux qui les produisent, leurs modes d'invisibilité (dans un champ donné) et de circulation (par des réseaux souvent eux-mêmes invisibles) ainsi que les processus de montée en visibilité, voire de descente en invisibilité, et les stratégies qui leurs sont associées.

Programme

24 OCTOBRE

Présentation générale : « La question des savoirs invisibles »

 21 novembre

Koen VERMEIR : « The circulation of invisible knowledge: dowsing at the turn of 18th century »

 19 décembre

Ulrike KRAMPL : « Le secret de "faire voir le diable". Comment rendre visible l'au-delà à Paris au XVIIIe siècle? »

 23 janvier

François JARRIGE : « L'intelligence pratique du boulanger: savoirs invisibles et industrialisation des fournils au XIXe siècle »

 27 février

Hervé DREVILLON : « L’ellipse et le carré. Impasses et détours de la mathématisation des savoirs guerriers à l’époque moderne »

 27 mars

Dinah RIBARD : « Les ouvriers des couleurs et leurs savoirs dans la première moitié du XIXe siècle »

 24 avril

Grégoire CHAMAYOU : « S'aveugler pour mieux savoir. Histoire d'une tactique de preuve médicale en France, de l'examen du mesmérisme à la querelle sur la méthode numérique (1784-1837) »

 29 mai

Anne WEGENER : « Autour des parères. La valorisation de la pratique en droit commercial, XVIIe-XVIIIe siècles »

Contacts :

jean-luc.chappey@univ-paris1.fr ; bruno.belhoste@univ-paris1.frvjdenis2@yahoo.fr

Lieux

  • Sorbonne, salle Picard 2 (Galerie Rollin, 3e étage)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 24 octobre 2008
  • vendredi 24 avril 2009
  • vendredi 21 novembre 2008
  • vendredi 19 décembre 2008
  • vendredi 23 janvier 2009
  • vendredi 27 février 2009
  • vendredi 27 mars 2009
  • vendredi 29 mai 2009

Contacts

  • Jean-Luc Chappey
    courriel : jlchappey [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Jean-Luc Chappey
    courriel : jlchappey [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Savoirs invisibles. Pratiques, acteurs et institutions (XVIIe-XIXe siècle) », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 06 octobre 2008, http://calenda.org/195652