AccueilDe la fragilité à la violence : les organisations internationales à l'épreuve

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Publié le lundi 13 octobre 2008 par Marie Pellen

Résumé

La revue Afrique Contemporaine lance un appel à articles sur les déterminants structurels de la violence dans le monde en développement, et la capacité des acteurs publics à les identifier et à les anticiper. Le dossier proposera un regard croisé entre sources de fragilités et dispositifs d'analyse et d'action des organisations internationales.

Annonce

Ces dernières années ont vu la consécration du terme « États fragiles », employé de façon croissante dans les instances internationales et le monde de la recherche. Remplaçant le terme très marqué « d’États faillis », il permet de mieux prendre en compte l’interpénétration et les basculements complexes entre des phases pré-conflictuelles, post-conflictuelles et d’instabilité chronique.

Longtemps focalisé sur les seules fragilités des structures gouvernantes, ce concept s’est récemment élargi aux fragilités des sociétés, pour rendre compte des tensions sociétales fortes qui se trouvent souvent à l’origine de la violence. Mais s’il est intuitif, ce terme demeure polysémique et abstrait: peu de travaux ont exploré de façon approfondie ces fragilités auxquelles il est fait référence, et comment elles sont liées aux phénomènes de violence.

1. Le premier objectif de ce dossier est d’assembler une série de monographies et d’études comparatives qui permettront d’affiner notre compréhension des liens entre celles-ci et le recours à la violence. Laissant volontairement de côté ses facteurs déclencheurs, elles présenteront différentes facettes des vulnérabilités, notamment économiques et sociales, qui, en mettant des sociétés sous tension, participent du terreau de la violence (tensions foncières, fragilités environnementales, tensions urbaines, bousculements identitaires, violences résiduelles en situation de post-conflit, persistance d’économies de guerre…). Sans entrer dans le débat conceptuel « greed versus grievance », proposer de grande théorie sur les causes de la violence, ni viser une cartographie exhaustive des facteurs de tension, ce dossier cherchera plus modestement à éclairer les débats sur les la conflictualité violente dans des sociétés en changement par une série d’études de cas complémentaires.  

Le positionnement commun à cette première série de papiers, qui devront chacun apporter un éclairage concret de la problématique d’ensemble, est le suivant :

  • ils se focaliseront moins sur les Etats que sur les sociétés et les économies (sans, évidemment, s’interdire d’analyser les interactions avec les structures publiques) ;
  • ils privilégieront comme horizon d’analyse le moyen à long terme, afin de rendre compte d’évolutions en cours dans ces deux sphères (économique et sociale);
  • ils tenteront d’illustrer concrètement les liens entre ces phénomènes sociaux, économiques, identitaires et le recours à la violence ou son risque ;
  • ils porteront une attention particulière aux « fragilités émergentes », celles qui sont les plus susceptibles de contribuer, demain, au terreau de la violence ;
  • ils pourront apporter un éclairage de cette problématique sur un périmètre géographique large, les études de cas pouvant traiter de toute société en développement.

2. Dans sa deuxième partie, le dossier interrogera la capacité des acteurs publics locaux et internationaux à identifier ces fragilités et à les anticiper. De nombreux exemples récents (Rwanda, Côte d’Ivoire, Kenya) ont montré que les acteurs du développement peinent à identifier les sources de fragilités, ou à traduire leur connaissance en principes d’action. Elles peuvent aussi être accusées d’appuyer leurs actions et recommandations sur des relais de terrain défaillants. Ce ou ces papiers interrogeraient donc la relation entre les fragilités identifiées en première partie du dossier et les dispositifs d’analyse et d’action des acteurs internationaux. Disposent-ils des « bonnes » informations, connexions au terrain et analyses ? Quelles est la qualité des indicateurs dont ils disposent pour saisir les évolutions de ces sociétés, leurs fragilités, leurs dynamiques ?

Il s’agira de discuter le lien entre la complexité du contexte local et les dispositifs d’identification et d’anticipation. Il est donc demandé aux auteurs de ces papiers:

  • de questionner la relation entre fragilités (« terreaux de la violence ») et leurs représentations ;
  • de suivre les dispositifs concrets de remontée et de mise en forme des relevés (en tous genres) de « terrain fragiles » vers les décideurs des politiques internationales et de développement ;
  • de montrer en quoi ils parviennent ou ne parviennent pas à identifier les facteurs de fragilité pertinents et à agir en fonction de cette information ;
  • de s’appuyer sur des cas concrets, pris sur la moyenne ou longue durée (l’analyse historique pourra être adoptée).

Soumettre un papier

L’objectif du dossier est que ces deux parties soient en dialogue l’une avec l’autre, c'est-à-dire qu’elles couvrent les mêmes pays / crises. Les auteurs ou groupes d’auteurs sont donc invités :

Option A – A proposer un papier unique et indépendant, pour la première ou seconde partie. Si l’auteur ne parvient pas à trouver un second auteur pour l’autre partie du dossier, les coordinateurs du dossier chercheront un second auteur pour le papier-miroir.

Option B – A proposer un papier en deux parties, qui sera séparé entre les deux parties du dossier : 1/ analyse de fragilités et 2/ analyse de la façon dont les acteurs internationaux sont ou ne sont pas (/ont ou n’ont pas été) capables d’identifier les éléments structurels qui ont mené ou qui risquent de mener à la violence.

Les articles de dossier comptent typiquement entre 25 000 et 40 000 signes, espaces compris. Ils peuvent être soumis en français ou en anglais, et comporter des tableaux et des cartes, libres de droits.

Merci de soumettre un résumé de proposition, de 2 500 signes maximum, avant la fin du mois de novembre 2008. Ils pourront être envoyés par courriel à Olivier Ray (rayo@afd.fr), Raphaël Jozan (jozanr@afd.fr) et afrique-contemporaine@afd.fr, ou par courrier au 5 rue Roland Barthes, 75012 Paris. Nous vous répondrons sous 10 jours maximum.

Pour toute question au sujet de ce dossier : + 33 1 53 44 39 26.

Catégories

Dates

  • dimanche 30 novembre 2008

Mots-clés

  • conflit, violence, indicateurs, organisations internationales

Contacts

  • Olivier Ray
    courriel : rayo [at] afd [dot] fr
  • Raphael Jozan
    courriel : jozanr [at] afd [dot] fr

Source de l'information

  • Raphael Jozan
    courriel : jozanr [at] afd [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De la fragilité à la violence : les organisations internationales à l'épreuve », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 13 octobre 2008, http://calenda.org/195698