AccueilCuba, aujourd'hui. Les paradoxes d'un demi siècle de révolution

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Publié le mardi 14 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

L'objectif de ce colloque est de dresser un état des lieux après ces cinquante années écoulées de processus révolutionnaire et non pas de nous projeter dans l'analyse spéculative d'une transition en marche. Il s'agit de dialoguer autour de l'expérience de la révolution cubaine, d'échanger autour de ses paradoxes, de ses orientations et de ses ruptures afin de tenter de saisir ses dynamiques de fonctionnement et de reproduction. Il s'agira de saisir le processus révolutionnaire de façon large, en donnant la priorité à l'analyse des expériences économiques, sociales, culturelles, religieuses et politiques vécues dans l'île et d'interroger les relations de Cuba avec l'étranger, notamment dans des cadres internationalistes, sa relation bilatérale avec les États-Unis (notamment la question migratoire) et le positionnement actuel de Cuba en Amérique Latine.

Annonce

Le 31 juillet 2006, l'annonce de la passation du pouvoir de Fidel Castro à son frère Raul a été interprétée comme un évènement majeur de la « transition » cubaine. Qu'il s'agisse des liesses populaires orchestrées par la communauté cubaine sur la « calle ocho » de Miami ou des commentaires et analyses de l'ensemble de la presse internationale, tout allait dans le sens d'une mort politique de F. Castro, d'un nouvel élan dans le changement de la politique intérieure comme extérieure cubaine. Pourtant, le mois d'août 2006 fut un mois comme les autres à La Havane et ce « tournant historique » semble avoir eu bien peu de conséquences visibles sur le quotidien des Cubains et l'orientation politique de l'île. 

Certes des recompositions politiques et de nouvelles alliances sont à l'œuvre à l'intérieur comme à l'extérieur de la République Cubaine mais elles ne viennent en aucune manière remettre fondamentalement en question le processus révolutionnaire semi-séculaire. Si des critiques, au sein même des leaders de la révolution cubaine, nous parviennent, comme celles de Mariela Castro, fille de Raul Castro, sur la persistance d'un machisme et d'une homophobie fortes, ou celles d'intellectuels sur l'absence d'un véritable débat national sur la censure dont les artistes et écrivains ont été l'objet dans les années 1970, elles restent sectorielles et peu audibles pour la population cubaine dans son ensemble. Le discours de Raul Castro, le 26 juillet 2007, jour de la fête nationale, a semblé pourtant venir remettre en question l'organisation économique et sociale du pays. Il a pointé les problèmes de productivité liés à la faiblesse des salaires et les phénomènes d'absentéisme au travail, de corruption et de vol qui en résultent. Mais aucune réforme n'est envisagée pour changer structurellement cet état de fait. Le présent des Cubains semble donc s'accommoder tant bien que mal de ces paradoxes entre libreta et pesos convertibles.

Par ailleurs, au cours de la dernière décennie, l'exportation du modèle social cubain et la dimension internationaliste de sa révolution sont à nouveau sur le devant de la scène. Au sein du continent latino-américain, notamment à travers des programmes comme « Misión Milagro » qui fait partie de l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), La Havane semble se replacer au cœur d'un nouveau réseau d'alliances et d'échanges. Ces orientations récentes se font sentir à l'intérieur de l'île et ont une influence sur la vie quotidienne des cubains notamment en matière d'énergie grâce aux accords pétroliers avec le Venezuela.  Les évolutions internes récentes redessinent également en pointillé les relations de l'île avec les Etats-Unis. Des volontés de rapprochement ont été exprimées notamment à travers le discours de Raul Castro du 2 décembre 2006 qui proposait de négocier avec Washington, mais également au sein d'une partie la communauté cubaine aux Etats-Unis soucieuse de faciliter les liens entre les pays, les associations et les familles dedans et dehors.
Les objectifs d'un colloque alors que 2009 marque le cinquantenaire de la révolution :
L'objectif de ce colloque est de dresser un état des lieux après ces cinquante années écoulées de processus révolutionnaire et non pas de nous projeter dans l'analyse spéculative d'une transition en marche. Il s'agit de dialoguer autour de l'expérience de la révolution cubaine, d'échanger autour de ses paradoxes, de ses orientations et de ses ruptures afin de tenter de saisir ses dynamiques de fonctionnement et de reproduction.
Il s'agira de saisir le processus révolutionnaire de façon large, en donnant la priorité à l'analyse des expériences économiques, sociales, culturelles, religieuses et politiques vécues dans l'île et d'interroger les relations de Cuba avec l'étranger, notamment dans des cadres internationalistes, sa relation bilatérale avec les États-Unis (notamment la question migratoire) et le positionnement actuel de Cuba en Amérique Latine. 

Les axes de réflexion :

- Quelles sont les permanences et les mutations du processus révolutionnaire ? Comment comprendre  les contradictions entrainées par un certain immobilisme dans la révolution venant de sa direction, de ses élites et de ses cadres, sachant que la définition même de la Révolution est d'être vectrice de changements et d'évolutions ?  Et comment porter attention aux évolutions et adaptations nées de cette expérience révolutionnaire et issues des créations et changements venus « du bas » de la société cubaine ?

- Quels regards porter aujourd'hui sur l'île dans sa dimension internationale ? Quel est le rapport au monde de Cuba en ce début de XXIè siècle entre fermeture et ouverture ? Comment analyser les réseaux nés de la révolution aussi bien à travers les expériences migratoires que les accords diplomatiques et économiques ?

PROGRAMME DU 23 OCTOBRE

Accueil : 9h-9h30 Ouverture : 9h30 – Olivier DABÈNE Professeur à Sciences Po et directeur scientifique du colloque

10h : Cuba au XXIe siècle, le temps des réformes

Modérateur : Georges COUFFIGNAL - Professeur de sciences politiques, Directeur de l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine (IHEAL)

  • Reynaldo JIMENEZ - Directeur de la Faculté Latino Américaine de Sciences Sociales (FLACSO – Universidad de La Habana) : « Agricultura cubana : las nuevas transformaciones »
  • Sabrina DOYON - Professeur d’anthropologie, Université Laval, Québec, Canada : « Les redéfinitions d’une révolution. Pratiques et politiques dans le secteur de la recherche environnementale à Cuba »

11 h : Pause café (15 mn)

  • Hal KLEPAK - Professeur au Royal Military College, Ontario, Canada : « Le rôle des forces armées révolutionnaires »
  • Janette HABEL - Maître de Conférences à l’Université de Marne-La-Vallée et à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine (IHEAL) : « Cuba victime de la discordance des temps »

13 h 15 -14 h 45 : déjeuner (libre)

15 h : Cuba dans les Amériques, des changements stratégiques

Modérateur : James COHEN Maître de Conférences à l’Université Paris VIII

  • Nathalie BLASCO - Maître de Conférences à l’Université de Paris III – Sorbonne nouvelle : « La diplomatie sous-continentale de Cuba aujourd’hui : de la révolution intégrée guévarienne à l’intégration anti-impérialiste néo-bolivarienne »
  • Hortense FAIVRE D’ARCIER-FLORES - Professeur agrégé-docteur aux Écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan et chercheur au CREC : « La politique internationaliste de Cuba : entre éthique et stratégies »
  • Violaine JOLIVET - Doctorante à l’UMR PRODIG/ Université Paris I : « Miami à l’heure des élections, l’autre transition ? » 17 h 30 : Projection de films documentaires

PROGRAMME DU 24 OCTOBRE

9 h 30 - 10 h 15 : Conférence de l’Ambassadeur de Cuba en France

10 h 30 : Cuba, nouveaux acteurs, nouvelle société ?

Modérateur : Olivier DABÈNE - Professeur à Sciences Po

  • Adriana RABINOVICH - Chercheuse au laboratoire de Sociologie urbaine, École polytechnique fédérale de Lausanne, Suisse : « Les enjeux d’intérêts sectoriels dans le logement social à Cuba »
  • Marie-Laure GEOFFRAY - Doctorante à l’Institut d’Études politiques de Paris (IEP) et ATER à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine (IHEAL) : « La construction de nouvelles pratiques politiques à Cuba »

11 h 30 Pause café (15 mn)

  • Géraldine MOREL-BARO - Doctorante à l’Université de Neuchâtel, Suisse : « Puissances abakuás et pouvoir politique à la Havane : entre institutionnalisation et contestation »
  • Silvina TESTA - Post-doctorante au Centre International de Recherches sur l’Esclavage (GDRI-CNRS) - MIGRINTER : « Résurgence de la mémoire de l’esclavage à Cuba »

13 h 45 - 15 h déjeuner (libre)

15 h : Cuba sur la scène internationale

Modérateur : Olivier COMPAGNON - Maître de Conférences en histoire à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine (IHEAL)

  • Jorge Mario SANCHEZ EGOZCUE - Chercheur au Centro de Estudios sobre Estados Unidos – Universidad de La Habana et professeur invité à l’IHEAL (2008-2009) : « Las relaciones económicas Cuba - EE.UU en la década del 2000 : mitos y realidades »
  • Claire CHASTAIN - Doctorante à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine (IHEAL) : « Une relation triangulaire ambiguë : Cuba, l’UE et le relatif déclin des Etats-Unis »
  • Carlos QUENAN - Professeur d’économie à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine : « L’insertion internationale de Cuba »

17 h 30 : Conclusion : Laurence WHITEHEAD - Professeur au Nuffield College, Oxford, Grande Bretagne

Comité Scientifique :

Georges COUFFIGNAL , Professeur des Universités, Directeur de l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine (IHEAL-Paris 3 - Sorbonne nouvelle) ; Myriam COTTIAS , Directrice de recherche CNRS, Directrice du Centre International de Recherches sur les Esclavages (CIRESC) ; Olivier DABENE (Professeur des Universités à Sciences Po).

Coordination :

Marie Laure GEOFFRAY, doctorante à Sciences Po, ATER à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine (IHEAL-Paris 3) ; Violaine JOLIVET, doctorante et monitrice à l’Université Paris I, PRODIG ; Silvina TESTA, post-doctorante au Centre International de Recherches sur les Esclavages (CIRESC), MIGRINTER.

Contacts :

marielaureg@gmail.com, vjolivet@hotmail.com, silvinatesta@gmail.com

Ce colloque a lieu avec le soutien du CERI/Sciences Po, de l’Université Paris III - Sorbonne nouvelle, de l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine (IHEAL), de l’Institut des Amériques (IDA), du laboratoire PRODIG /UMR 8586, de l’Observatoire Politique de l’Amérique latine (OPALC).

Catégories

Lieux

  • Sciences Po-CERI, 56 rue Jacob
    Paris, France

Dates

  • jeudi 23 octobre 2008
  • vendredi 24 octobre 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Cuba

Contacts

  • Silvina Testa
    courriel : silvinatesta [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Silvina Testa
    courriel : silvinatesta [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Cuba, aujourd'hui. Les paradoxes d'un demi siècle de révolution », Colloque, Calenda, Publié le mardi 14 octobre 2008, http://calenda.org/195707