AccueilEnseignement et colonisations du XVIIIe siècle à nos jours dans l’empire français

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Publié le lundi 20 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce colloque souhaite renouveler la réflexion sur les relations entre enseignement et colonisation en proposant un changement d’échelle : il s’agira d’appréhender la question de l’enseignement dans sa dimension impériale c’est-à-dire d’envisager non seulement les discours et les pratiques dans les différents territoires dominés en les comparant éventuellement, mais aussi d’examiner leurs effets métropolitains et nationaux.

Annonce

Depuis le début des années 1990, les travaux scientifiques se sont multipliés sur l’enseignement colonial dans les différentes parties de l’Empire français comme sur l’enseignement du fait colonial en France, sans pourtant que ces recherches entrent toujours en résonance les unes avec les autres. Le sujet est doublement sensible. Au premier chef parce que la « mission civilisatrice » dont l’école fut l’un des principaux volets a servi à légitimer – dans les colonies comme en métropole – l’entreprise de conquête et de domination ; également parce que les élèves d’aujourd’hui sont pour partie des descendants des anciennes populations colonisées.

Ce colloque souhaite renouveler la réflexion sur les relations entre enseignement et colonisation en proposant un changement d’échelle : il s’agira d’appréhender la question de l’enseignement dans sa dimension impériale c’est-à-dire d’envisager non seulement les discours et les pratiques dans les différents territoires dominés en les comparant éventuellement, mais aussi d’examiner leurs effets métropolitains et nationaux.

En mettant en relation les connaissances produites sur l’Afrique, l’Indochine, les pays du Maghreb, le Levant, la Nouvelle-Calédonie ou les Antilles on tentera une histoire « connectée » attentive aux circulations (des discours, des programmes, des enseignants, des pratiques pédagogiques, des élèves), aux rencontres et aux transmissions entre les régions colonisées et la métropole, comme entre les régions de l’Empire.

En examinant aussi les mécanismes qui relèvent du fonctionnement de l’institution scolaire d’une façon générale (entreprise de sélection, de formatage des esprits et des corps, de « reproduction » sociale) et les caractéristiques propres à l’enseignement colonial dans les différents territoires sous domination française, on s’interrogera sur les points de convergences et de divergences entre métropole et colonies, sur des situations concrètes d’enseignement et sur les circulations et transmissions qui s’opèrent à l’échelle impériale.

Ce colloque sera organisé sous la forme de deux journées consacrées aux contributions scientifiques, suivies par une journée « formation »  à destination des professeurs du second degré  sur l’enseignement en situation coloniale et sur l’histoire coloniale. La première journée scientifique sera centrée sur les aspects politiques et culturels du sujet, la seconde mettra l’accent sur une histoire sociale des acteurs de l’enseignement colonial.

Journée 1 : Discours politiques et pratiques d’enseignement en situation coloniale

Un premier axe de réflexion souhaite revenir sur la « mission civilisatrice » sous l’angle de l’assimilation et de « l’adaptation » de l’enseignement au « milieu indigène » tel qu’il est pensé par les colonisateurs, sur la confrontation entre discours et pratiques. Dans le prolongement des travaux de Francine Muel-Dreyfus (1977) à propos de l’école républicaine ou de Fanny Colonna sur l’Algérie (1975) ou d’Alice Conklin (1997), on s’intéressera aux textes politiques, aux programmes et aux pratiques pédagogiques, aux matières « classiques » (langue française, histoire, géographie, sciences) mais aussi à l’ensemble des activités menées dans le cadre scolaire afin de transformer les modes d’être (ethos) des colonisé-e-s : le chant, le sport, les activités artistiques, ménagères, manuelles d’une manière générale. Les textes sur l’enseignement, qu’ils proviennent des missionnaires ou des instances gouvernementales, seront confrontés aux réalisations concrètes, aux dispositifs qui furent mis en place, aux moyens effectivement affectés à l’action et aux résultats obtenus. On reviendra également sur la chronologie de l’enseignement colonial et sur la notion de « système » éducatif pour désigner une politique qui, si elle fut fondée sur un certain nombre de grands principes, se caractérise par les improvisations locales et les distorsions entre la rhétorique des déclarations et les mesures mises en œuvre.

Journée 2 : Pour une histoire sociale de l’enseignement colonial

Un deuxième axe de réflexion souhaite mettre l’accent sur les acteurs et les actrices et sur la « rencontre coloniale » en milieu scolaire. On travaillera sur les parcours et les expériences professionnels et personnels des administrateurs, missionnaires, inspecteurs, enseignant-e-s – qui, pour nombre d’entre eux, ont exercé dans plusieurs régions (à l’échelle nationale et impériale) durant leur carrière – et ont contribué à la circulation des modèles et des pratiques. On réfléchira à leur marge de manœuvre en situation coloniale, à leurs relations avec leurs élèves qui, dans certains cas, se sont prolongées bien après leur départ (pour une autre région ou pour la métropole), à la façon dont ils et elles ont exercé leurs fonctions. On reviendra sur la « mission civilisatrice » et sur le couple « émancipation/coercition » qui la fonde. Les expériences scolaires des colonisé-e-s seront aussi étudiées. Ce colloque voudrait ainsi comparer les phénomènes d’appropriations et de recompositions identitaires provoqués par le passage, plus ou moins long, sur les bancs de l’école française. Des institutions scolaires, des groupes d’élèves, des parcours individuels pourront être analysés, dans la mesure où les acteurs et leurs logiques seront privilégiées.

Les propositions de communication de deux pages au maximum préciseront la méthodologie et les sources utilisées. Elles sont à envoyer avant le 15 décembre 2008 à : enseignement.et.colonies@gmail.com

Elles seront accompagnées d’une courte notice biographique mentionnant le rattachement institutionnel et les principales publications dans le champ concerné.

Comité scientifique :

Emmanuelle Picard (SHE), Rebecca Rogers (Université Paris Descartes), Pascale Barthélémy (Université de Lyon, ENS-LSH), Michelle Zancarini-Fournel (Université de Lyon 1, IUFM)), Gilles Boyer (Université de Lyon 1, IUFM), Pascal Clerc (Université de Lyon 1, IUFM).
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Colloque organisé par le Service d’Histoire de l’ Éducation-INRP – l'Université Paris Descartes
l'Université de Lyon, Lyon 1 (IUFM) – l'Université de Lyon (ENS-LSH)

Le colloque aura lieu à Lyon, les 30 septembre, 1er et 2 octobre 2009.

Lieux

  • INRP/ENS-LSH/IUFM de Lyon
    Lyon, France

Dates

  • lundi 15 décembre 2008

Fichiers attachés

Mots-clés

  • enseignement, colonies

Contacts

  • Rebecca Rogers
    courriel : rebecca [dot] rogers [at] parisdescartes [dot] fr
  • Emmanuelle Picard
    courriel : epicard [at] club-internet [dot] fr
  • Pascale Barthelemy
    courriel : barthelemypascale [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Emmanuelle Picard
    courriel : epicard [at] club-internet [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Enseignement et colonisations du XVIIIe siècle à nos jours dans l’empire français », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 octobre 2008, http://calenda.org/195753