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68 et après...

Retour à l'ordre, normalisation et reconfiguration des rapports de forces sociaux et politiques après 68

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Publié le lundi 20 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Le ciné-tract « La reprise du travail aux usines Wonder », tourné au moment de la signature des accords de Grenelle, est un symbole fort de la rupture introduite par l’évènement 68 dans les consentements ordinaires aux rapports sociaux de domination, d’un difficile retour à l’ordre à ces « accords silencieux ». Comment justement se sont réalisées ces « reprises » dans chaque secteur social ayant été ébranlé par ces troubles du consentement ? Sur fond de quelles démobilisations et remobilisations, de quels désillusions et remaniements des croyances ou des adhésions ? En dépit du foisonnement des productions sur l’évènement, ces aspects qui touchent à la période qui lui est immédiatement postérieure restent méconnus : les processus de normalisation qui interviennent après le moment contestataire, les stratégies individuelles et collectives de réajustement de soi et de « l’ordre des choses » demeurent autant de points partiellement obscurs de la recherche contemporaine.

Annonce

Le ciné-tract « La reprise du travail aux usines Wonder », tourné au moment de la signature des accords de Grenelle, est un symbole fort de la rupture introduite par l’évènement 68 dans les consentements ordinaires aux rapports sociaux de domination, d’un difficile retour à l’ordre à ces « accords silencieux ». Comment justement se sont réalisées ces « reprises » dans chaque secteur social ayant été ébranlé par ces troubles du consentement ? Sur fond de quelles démobilisations et remobilisations, de quels désillusions et remaniements des croyances ou des adhésions ?

En dépit du foisonnement des productions sur l’évènement, ces aspects qui touchent à la période qui lui est immédiatement postérieure restent méconnus : les processus de normalisation qui interviennent après le moment contestataire, les stratégies individuelles et collectives de réajustement de soi et de « l’ordre des choses » demeurent autant de points partiellement obscurs de la recherche contemporaine.

Ce sont ces phénomènes que nous voulons mettre en évidence en interrogeant l’après-68 et les modalités de sortie de crise – leur cheminement, leur rythme et leurs effets - qui ont caractérisé le retour à l’ordre dans différents secteurs : monde ouvrier et monde paysan mais aussi syndicats, partis et institutions tant dans leurs organisations que dans les thématiques dès lors développées. Il s’agit ici de s’intéresser aux reconfigurations des rapports de force sociaux et politiques, aux modes de légitimation de la mise en suspens des contestations, aux stratégies déployées par ceux qui doivent gérer au quotidien la retombée de l’effervescence, aux formes ordinaires de micro-résistances développées face au « retour à la normale », aux épreuves biographiques suscitées par ce renversement d’expériences, jusqu’au déclenchement d’un processus de radicalisation violente. Cette perspective éclairera ainsi sous un autre jour les opérations de réagencement d’un ordre social défait par un bouleversement du monde ordinaire tout aussi bien que les conditions d’une continuation, sous l’apparente restabilisation des conduites morales, d’une contestation infra-politique de l’ordre politique (préservation d’un quant-à-soi réfractaire, souci de conserver une dignité conquise, réserve vis-à-vis des procédures de représentation) à laquelle toute recomposition des dominations est confrontée.

Cette journée d’étude est la continuation d’une réflexion internationale sur les années 68 lancée lors d’un premier colloque qui s’est tenu le 10 octobre dernier à l’Université de Bologne. 

30 octobre 2008

Matinée

9h30-10h :

Allocution d’ouverture par le directeur de l’ISP, Jean-Charles Szurek.

Ouverture de la journée d’étude par les organisateurs.

Président de séance : Jean-Charles SZUREK (ISP/CNRS)

10h – 11h15 : 1ère Session : « Reprendre le travail, s’organiser, continuer la lutte »

Intervenants :

  • Fanny GALLOT, « La reprise à Renault Cléon ».
  • Pierre SAUVETRE, « Sur le mode massiste de la séquence « Mao ». Continuer et organiser la politique après 68 ».

11h15 – 11h30 : Pause

11h30-13h :

  • Elise ROULLAUD, « Quand mai 68 rend le « retour à la normale » impossible: l'ébranlement politique et social du monde rural dans la région de Blain-Redon ».
  • Jean-Philippe MARTIN, « Les Paysans-Travailleurs après 1968. D’un volontarisme contestataire (immédiat après-68) à un syndicalisme revendicatif (début des années 1980). »

Discutant de la session : Bernard PUDAL (CSU/CNRS, Université de Paris X-Nanterre)

13h – 14h15 : Pause déjeuner

Après-midi

Présidente de séance : Annie COLLOVALD (CENS/CNRS, Université de Nantes)

14h15 - 15h30 : 2ème Session :  « Mouvements sociaux, opportunités politiques et réponses institutionnelles »

Intervenants :

  • Grégory BUSQUET, « La question urbaine dans la deuxième gauche des années 1970 : mouvements sociaux urbains, jeux d'acteurs et critique socio-politique. »
  • Luigi AMBROSI, « La “dispersion des tensions” : le cas de la révolte de Reggio Calabria de 1970.»

Discutant de la session : Gius GARGIULO (CRIX, Université de Paris X – Nanterre)

15h30 – 15h45 : pause

15h45 – 17h : 3ème Session : « Trajectoires, mémoire(s), relectures de 68 »

Intervenants :

  • Séverine GERAUD-LACALMONTIE, Victor COLLET, « Que s’est-il passé à l’usine Citroën ? Rejouer Mai 68 : des enjeux concurrentiels aux relectures historiques lors du 40è anniversaire du « Mai ouvrier » à Nanterre. »
  • Erika THOMAS, « 68 et après dans le documentaire brésilien. Oppression et résistances dans AI 5 …et Hercules 56. »

Discutant de la session : Gérard MAUGER (CSE/CNRS, EHESS)

17h – 18h : Débat et bilan de la première journée

18h30 : Projection en avant-première du film de Jacques WILLEMONT (co-réalisateur de1968 : La reprise du travail aux usines Wonder)  et débat :

L’autre Mai. Mai 68 à Nantes

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Vendredi 31 octobre 2008

Président de séance :

9h30 – 10h45 : 4ème Session : « Les institutions face à la crise du consentement »

Intervenants :

  • Yann RAISON DU CLEZIOU, « L’Ordre dominicain après 1968 : une désinstitution instituée ».
  • Jean-Philippe TONNEAU, « L’après 68 des avocats, ou l’entrée du politique au sein de la sphère judiciaire et juridique ».

10h45 – 11h Pause

11h – 12h15 :

Intervenants :

  • Christelle DORMOY, « Le Centre Universitaire Expérimental de Vincennes : une tentative d’institutionnalisation d’utopies pédagogico-politiques « soixante-huitardes ».
  • Eric FARGES, « Mai 68 et la politisation de la médecine au prisme des prisons. La contestation de la médecine pénitentiaire par les professionnels de santé au début des années soixante-dix ».

Discutant de la session : Boris GOBILLE (ENS/LSH)

12h15 – 13h : Débat et conclusions des deux journées

Lieux

  • Université Paris X-Nanterre (RER Nanterre université), Maison Max Weber (Bâtiment K) - Salle des Conférences
    Nanterre, France

Dates

  • jeudi 30 octobre 2008
  • vendredi 31 octobre 2008

Mots-clés

  • mai 68, reprise, retour à l'ordre

Contacts

  • Rémi Guillot
    courriel : guillot [dot] remi [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Rémi Guillot
    courriel : guillot [dot] remi [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« 68 et après... », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 20 octobre 2008, http://calenda.org/195756