AccueilLangues en pratiques, l’exemple des auteurs maghrébins : domination, affectivité et rapports de genres

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Publié le mardi 21 octobre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Depuis les travaux d’Abdlkébir Khatibi qui a montré la relation étroite entre l’amour et la langue, notamment dans Amour bilingue, et en s’inscrivant dans les pas de Jacques Derrida qui, dans Le Monolinguisme de l’autre, traite la langue française de « putain de langue », des auteurs maghrébins seront réinterrogés dans leur usage de la langue française, et dans leur rapport à la langue de culture. Violence et séduction envers la langue d’écriture sont le résultat de rapports de force, de rapports de domination entre les cultures, qu’il s’agit de déplacer et parfois d’inverser. Comment écrit-on alors le français ? Et quel français ?

Annonce

Tunis les 3 et 4 avril 2009

Depuis les travaux d’Abdlkébir Khatibi qui a montré la relation étroite entre l’amour et la langue, notamment dans Amour  bilingue, et en s’inscrivant dans les pas de Jacques Derrida qui, dans Le Monolinguisme de l’autre, traite la langue française de « putain de langue », l’interrogation de ce dernier influence le questionnement des auteurs maghrébins dans leur rapport à la langue d’écriture, le rend aigu : « Est-ce qu’on peut se tuer à aimer dans cette langue ? ».  Notre réflexion sera la suivante : qu’arrive-t-il à la langue lorsque ce n’est pas la mienne et qu’elle porte néanmoins la trace de l’affectif ? L’investissement sexuel reporté sur une langue spécifique permet-il d’évoquer certains positionnements vis-à-vis de l’écriture, de la littérature de manière générale ?

Les auteurs maghrébins instaurent des processus de traitement de leur langue d’écriture singuliers et nous révèlent par le mode de traitement choisi les rapports de domination, d’appréhension de l’autre qu’ils induisent. Ils instaurent de nouveaux rapports à leur(s) langue(s) maternelle(s), à leur langue d’expression, en un procès dynamique, où le véritable enjeu réside dans l’élaboration d’une conciliation avec le français, instrument d’aliénation autant que de libération, et avec leur(s) langue(s) maternelle(s), qui ont nécessairement, sous peine de déflagration intime, à inscrire leurs échos, à habiter le français venu de l’autre. Ce qui suppose une véritable politique d’hospitalité de la langue. Une répartition a alors cours qui porte à la révélation : les rapports de domination s’inscrivent dans l’usage des langues et partant des rapports de genre.

Violence et séduction envers la langue d’écriture sont l’apanage de nombre d’écrivains maghrébins et sont le résultat de rapports de force, de rapports de domination entre les cultures, qu’il s’agit de déplacer et parfois d’inverser. C’est précisément ce nœud politico-linguistique que nous nous proposons d’analyser, à l’aune des mutations de ce que Duguy nomme le culturel. Ce faisant, ces rapports inscrits dans la langue sont le reflet de schèmes de représentation du monde et mettent en avant des dynamiques d’appropriation de ladite langue ou bien au contraire, des processus de distanciation, d’étrangéité vis-à-vis de la langue d’écriture. Des auteurs maghrébins seront réinterrogés dans leur usage de la langue française, leur rapport à la langue de culture, de maîtrise et dont l’envers, la face cachée de l’écriture se nomme l’arabe, langue-fantôme qui n’en finit pas de gagner la langue de savoir. Comment écrit-on le français ? Quel français lorsqu’on écrit désespérément l’absence de la langue convoitée, la langue autre/mienne tout à la fois, dans laquelle on se reconnaît tout en étant irrémédiablement séparé ?

Axes du colloque

  • La langue entre violence et séduction
  • La langue entre genre et gender
  • Pourquoi écrit-on en français aujourd’hui ?

 

Comité d’organisation :

Hedia KADHAR, Ahmed MAHFOUDH, Najet LABIDI, Ramla AYARI et Dorra BASSI

Les propositions de communication (300 mots environ) ainsi qu’une brève bio-bibliographie doivent parvenir avant le 31décembre 2008 à  Dorra BASSI (dorra_bassi@yahoo.fr)  ou par courrier à :

Mme Dorra BASSI
Colloque International Langues en pratiques l’exemple des auteurs maghrébins :Domination, affectivité et rapports de genres
Université de Tunis, Faculté des Sciences humaines et Sociales
Bd 9 avril,
Tunis 1007
Tel : 71 560 950, 71 560 932
Fax : 71 567 551

Colloque organisé par l’Université de Tunis et L’EHESS de Paris 

Faculté des Sciences humaines et sociales, Département de Français, Unité de Recherche : femme et Méditerranée

Catégories

Lieux

  • Université de Tunis, Faculté des sciences humaines et sociales
    Tunis, Tunisie

Dates

  • mercredi 31 décembre 2008

Mots-clés

  • littérature maghrébine francophone, genre, langue

Contacts

  • Dorra Bassi
    courriel : dorra_bassi [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Dorra Bassi
    courriel : dorra_bassi [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Langues en pratiques, l’exemple des auteurs maghrébins : domination, affectivité et rapports de genres », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 octobre 2008, http://calenda.org/195764