AccueilLa métamorphose et ses métamorphoses dans les littératures européennes

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Publié le vendredi 24 octobre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Explorer la métamorphose, à l’intérieur de l’imaginaire littéraire européen, dans son sens littéral : modification de la forme physique ou de la nature d’un être, animé ou inanimé. Deux formes existent dès les plus anciens textes: modification des apparences du réel et mutation plus profonde, touchant plutôt au comportement des êtres concernés. Mais, à la fin du Moyen Âge , l’aspect merveilleux de la fable s’efface pour une valeur éthique, esthétique ou poétique de la mutation. Jusqu’aux baroques, s’opérerait un premier décentrement : vers la motivation et les causes de la métamorphose, surdétermination aussi bien littéraire et générique qu’imaginaire. Et ensuite ? Qu’en est-il de la métamorphose après l’obsession symétrique qui a ancré la Renaissance, selon Foucault, dans un système de pensée analogique? Qu’a fait de la métamorphose la pensée taxinomique des siècles postérieurs? Un tarissement de l’idée, réduite à un lieu rhétorique, à un objet d’érudition hérité de l’Antiquité. Revivifiée par la littérature fantastique et de science-fiction au XIXe siècle, la métamorphose n’est plus qu’un genre littéraire. La période post-moderne invente bientôt des métamorphose désormais ex abrupto, ex nihilo. De rien. Second décentrement. Pourquoi de figure de continuité, la métamorphose serait devenue rupture permanente, de l’œuvre elle-même, dont elle briserait la structure et la cohérence imaginaire.

Annonce

Département Art-Lettres-Langues du CUFR  J.F. Champollion, avec le soutien du CUFR et de l’équipe littéraire de recherches sur la première modernité (ELIRE/Toulouse)

11-12 décembre 2008

Présentation :

Organisation :

Véronique Adam et Cristina Noacco

Comité scientifique :

John Ford et Mélanie Jorba ( CUFR JFC), Cécile Kovacshazy (U. Limoges)

Les communications de ces journées d’études se proposent d’explorer la métamorphose, à l’intérieur de l’imaginaire littéraire européen, dans son sens littéral : modification de la forme physique ou de la nature d’un être, animé ou inanimé. Deux formes existent dès les plus anciens textes littéraires et religieux : une modification des apparences du réel par un pouvoir divin et une mutation plus profonde, touchant plutôt au comportement des êtres concernés.

Cette double perspective permettait, notamment chez Ovide, d’assimiler les personnages mythologiques aux animaux, végétaux ou minéraux en fonction de leurs caractéristiques communes. La métamorphose découlait de la métaphore. Mais qu’en est-il de ces deux perspectives, d’un point de vue diachronique et/ou synchronique, en amont et en aval du choix ovidien ? L’entrée du mot dans la langue (début du XIVe s) suit l’apparition de la notion (dès le XIIe s), se rattachant à l’œuvre de l’auctor latin comme au fonds merveilleux celtique et nordique. Elle devient l’interprète des dogmes fondateurs du christianisme, voire créatrice de nouveaux mythes. Mais, à la fin du Moyen Âge , on tend à effacer l’aspect merveilleux de la fable, lui préférant une valeur éthique, esthétique ou poétique de la mutation. Du Moyen Âge jusqu’aux baroques, s’opérerait un premier décentrement : vers la motivation et les causes de la métamorphose, surdétermination aussi bien littéraire et générique qu’imaginaire.  

Et ensuite ? Qu’en est-il de la métamorphose après l’obsession symétrique qui a ancré la Renaissance, selon Foucault, dans un système de pensée analogique ? Qu’a fait de la métamorphose  la pensée taxinomique des siècles postérieurs ? Maintes approches diachroniques ont déjà montré qu’à la fin du XVIIe s., on assiste à un tarissement de l’idée même de métamorphose, réduite à un lieu rhétorique, à un objet d’érudition hérité de l’Antiquité. Revivifiée par la littérature fantastique et de science-fiction au XIXe s., la métamorphose n’est plus qu’ un genre littéraire. La période post-moderne ne donne plus à voir, dans la métamorphose, des caractéristiques présentes en puissance chez l’individu, déjà métaphoriques, puisque la forme originale est elle-même indéfinie. Des métamorphose désormais ex abrupto, ex nihilo ? Pourquoi cette rupture et cette altérité du corps moderne métamorphosé ? Un second décentrement, double cette fois, apparaîtrait-il ? La métamorphose exhiberait l’absence de centre originel de l’individu, la brutalité de son surgissement. Elle ne serait plus aboutissement mais phase transitoire et fugace du devenir de l’individu dé-formé.

Figure de continuité, la métamorphose serait devenue rupture permanente, de l’œuvre elle-même, dont elle briserait la structure et la cohérence imaginaire. La métamorphose serait-elle alors parvenue à briser toute approche rhétorique ?

Programme

JEUDI 11 DÉCEMBRE 2008

9h-10h45 : Présidence : Laurence Harf-Lancner : Diversité  de  la métamorphose

9h Ouverture du colloque et présentation

9h30 Hélène Frangoulis (Université de Toulouse II-Le Mirail)
De Protée à Dionysos

10h Cristina Noacco (Université de Toulouse II-Le Mirail)
De la métamorphose in factis à la métamorphose in verbis aux XIIe et XIIIe siècles

10h30 Discussion et pause

11h-12h30 : Présidence : Daniel Lacroix : La métamorphose, servante de Dieu ou du Diable ?

11h Régis Courtray (Université de Toulouse II-Le Mirail)
La métamorphose du roi Nabuchodonosor (Dn 4) chez saint Jérôme

11h30 Laurence Harf-Lancner (Université de Sorbonne la nouvelle- Paris III)
Les théologiens médiévaux et la métamorphose : de l’illusion diabolique à la réalité terrifiante

12h00 John Ford (CUFR Champollion, Albi) : the loatlhy lady, la dame hideuse

12h30 Discussion et déjeuner

14h15-15h15 : Présidence : Nathalie Dauvois : Détours et détournement de la métamorphose ( XVIe/XVIIIe)

14h15 Xavier Bonnier (Université de Toulouse II – Le Mirail)
Glaucus, Minos et Actéon selon Maurice Scève : trois emprunts détournés pour Délie d’initiés 

14h45 Véronique Adam (Université de Toulouse II-Le Mirail)
La métamorphose alchimique : de la littérature à la science

15h15 Jean-Noël Pascal (Université de Toulouse II-Le Mirail)
Quelques aperçus sur l'exténuation d'un mythe de la métamorphose, du Classicisme aux Lumières : Psyché dans les mythologies scolaires, de Gautruche à Noël

15h45 Discussion

Présidence : Cristina Noacco : Voir et entendre la métamorphose (1)/

16h15 Elise Van Haesebroek (Université de Toulouse II-Le Mirail)
La métamorphose du Verbe en Chair ou la chair transverbée : la Lettre aux acteurs et Pour Louis de Funès de Valère Novarina, mise en scène de Solange Oswald et installation plastique de Joël Fesel

16h45 Jean-Luc Levrier (Collège St. Sernin, Toulouse)
Persée photographe - Présentation de l’exposition photographique sur les Métamorphoses d’Ovide (BU Albi, 1-19. XII. 2008)

17h15 discussion et fin des interventions de la première journée

Voir et entendre la métamorphose (2) :

18h00 Présentation d’un ensemble de courts-métrages cinématographiques sur la métamorphose

VENDREDI 12 DÉCEMBRE 2008

Présidence : Véronique Adam : Les mutations génériques de la métamorphose

9h00 Gilles Polizzi (Université de Haute Alsace, Mulhouse)
La vision de Thénot : l’écriture de la métamorphose dans la folastrie VIII

9h30 Jean-Philippe Grosperrin (Université de Toulouse II-Le Mirail)
La scène au laurier : comment représenter la métamorphose de Daphné à l’opéra (Italie et France, 1640-1707)

10h Pause

10h15 Mélanie Jorba (CUFR Champollion, Albi)
Metamorfosi

10h45 Sylvie Vignes (Université de Toulouse II-Le Mirail)

La métamorphose comme matrice de l’œuvre : le volcan gracquien et le hêtre gionien

11h15 Julien Roumette (Université de Toulouse II-Le Mirail)

En finir avec les « mues-mues du pareil au même » : le sens de la métamorphose dans Gros-Câlin de Romain Gary

Albi, CUFR J.-F. Champollion, Auditorium II, maison du multimédia

Lieux

  • CUFR JF CHAMPOLLION, Auditorium II, Maison du multimédia, Place de L'Europe
    Albi, France

Dates

  • jeudi 11 décembre 2008
  • vendredi 12 décembre 2008

Mots-clés

  • métamorphose, mythe, décentrement

Contacts

  • véronique adam
    courriel : veroniqueadam [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • véronique adam
    courriel : veroniqueadam [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La métamorphose et ses métamorphoses dans les littératures européennes », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 24 octobre 2008, http://calenda.org/195785