AccueilLes relations de l’armée russe, soviétique et post-soviétique aux non-russes, de l’époque impériale à nos jours

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Publié le vendredi 24 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

La revue électronique The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies (www.pipss.org), lance un appel à contribution pour un numéro prévu en 2009 consacré aux « relations de l’armée russe, soviétique et post-soviétique aux non-russes, de l’époque impériale à nos jours », sous un angle pluridisciplinaire (historique, sociologique, anthropologique, démographique, politiste…).

Annonce

The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies, www.pipss.org

Numéro 10, juin 2009 ( Juliette Cadiot et Elisabeth Sieca-Kozlowski, responsables du numéro)  

Dans le cadre de la revue électronique The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies (www.pipss.org), nous projetons de monter un numéro en 2009 sur « les relations de l’armée russe, soviétique et post-soviétique aux non-russes, de l’époque impériale à nos jours », sous un angle pluridisciplinaire (historique, sociologique, anthropologique, démographique, politiste…).

Creuset de la Nation, l’armée n’a cessé de composer avec la diversité ethnique, lui reconnaissant une place variable selon les époques.

L’époque impériale a été marquée par l’introduction de la conscription universelle. Et malgré « l’universalité » déclarée du service militaire, différentes politiques de conscription en fonction des origines géographiques, sociales ainsi qu’en fonction de la religion furent appliquées.

Après la révolution, l’armée Rouge, qui deviendra l’armée soviétique, jouera, quant à elle, un rôle essentiel dans la formation de l’homme soviétique : le service militaire deviendra l’école de la nation. L’armée sera chargée d’alphabétiser et de russifier les populations. La gestion de la mixité ethnique en son sein sera complexe. Les besoins physiques et les besoins en termes de compétence alliés à la défiance des autorités vis-à-vis de certaines minorités conduiront à de nombreuses circonvolutions : des bataillons ethniques seront organisés tandis que certaines minorités jugées peu fiables seront d’abord exclues de la conscription puis réintégrées progressivement.

Après la Grande Guerre Patriotique, la méfiance persistante du haut-commandement vis-à-vis de certaines nationalités conduira à la mise à l’écart de ces populations du corps des officiers, tandis que des bataillons moins prestigieux (stroibat) seront essentiellement pourvus de recrues d’Asie centrale. La hiérarchie militaire sera dominée par les slaves. C’est à cette époque que le phénomène du zemliachestvo fera son apparition.

A la veille de la chute de l’URSS, l’armée soviétique sera perçue comme une armée d’occupation dans certaines républiques fédérées (notamment les républiques Baltes). De nombreuses minorités refuseront d’y parler russe. Une fois la chute de l’Union effective, ce sera au tour des Slaves de se retrouver en minorité dans les armées issues de l’armée soviétique hors de la Russie.

L’armée russe post-soviétique qui a fait le choix de conserver la conscription, reste confrontée à des problématiques ethniques et religieuses : elle doit faire face notamment à une forte croissance de la population musulmane en son sein (cette croissance était déjà problématique sous Brejnev, mais moins importante après la disparition de l’URSS avec la perte de l’Asie centrale et de l’Azerbaidjan notamment). Les deux conflits en Tchétchénie, comme précédemment la guerre d’Afghanistan, ont forcé les autorités militaires à adopter des politiques spécifiques vis-à-vis des conscrits musulmans. Enfin, l’armée russe post-soviétique semble avoir fait le choix aujourd’hui de prôner officiellement le regroupement local et ethnique comme nouvelle méthode d’éradication de la dedovchtchina, et continue de diriger les conscrits mususlmans vers des bataillons non combattants et moins prestigieux comme les stroibats.

L’organisation particulière de la diversité ethnique et religieuse au cours de ces différentes époques jusqu’à aujourd’hui est donc au cœur de notre questionnement. L’étude des politiques militaires vis-à-vis des minorités de l’époque tsariste jusqu’à nos jours nous semble centrale pour comprendre le fondement des relations ethniques à l’ère post-soviétique.

Les questions que nous souhaitons voir traiter dans ce numéro sont les suivantes :

Minorités et politique de conscription

-          la politique de conscription des minorités aux différentes époques mentionnées (juifs, musulmans, minorités ethniques du Caucase etc.…) ; les problèmes rencontrés par les autorités pour intégrer ces minorités ; la résistance passive et active des ces minorités à l’intégration dans l’armée ; les barrières politiques, sociales, démographiques linguistiques et physiques à l’intégration au service militaire ;

-          les dissensions entre les minorités ethniques et l’État

Les unités ethniques

-          la formation des unités ethniques ; le rôle des minorités ethniques pendant la première et la seconde guerres mondiales (contribution à la victoire de l’armée Rouge sur l’Allemagne nazie) :

-          l’utilisation des unités ethniques pendant les guerres locales (Tadjikistan, Afghanistan, Tchétchénie…).

Zemliatchesvo

-          le principe d’extra-territorialité et la politique des nationalités dans l’ armée ;

-          Le regroupement ethnique dans l’armée (zemliachestvo) : hier et aujourd’hui. Le regroupement ethnique (et religieux) comme facteur d’éradication de la dedovchtchina  dans l’armée post-soviétique ?

La minorité slave de l’empire tsariste à la CEI

-          L’Ukrainisation de l’Etat soviétique ukrainien dans les années 20-30 ;

-          les officiers russes/slaves dans les armées de la CEI.

Politique des langues dans l’armée

-          l’armée russe et la politique des langues (russification, alphabétisation, la langue de commandement…) :

-          l’armée russe d’occupation (de l’armée impériale à l’armée soviétique à la veille de la disparition de l’URSS) :

-          les armées de la CEI et la politique des langues après la chute de l’URSS.

L’armée, les faits militaires et le discours nationaliste russe dans sa composante xénophobe

-          l’appropriation par les Russes des gloires de l’armée, de Staline (sous lequel déjà, seuls les grands généraux russes étaient fêtés)  à Vladimir Poutine.

Minorités religieuses dans l’armée

-          la gestion des minorités religieuses (juives, musulmanes…) dans l’armée ; liberté de culte ; gestion des conscrits musulmans au moment des crises afghane puis tchétchène.

-          Le passage à une armée professionnelle. Quel scénario dans un contexte de croissance de la population musulmane ? Vers une armée de volontaires mononationale et monoconfessionnelle ou vers une armée représentative de la diversité nationale ? – (vers la constitution d’unités multinationales ou bien mononationales comme c’est le cas aujourd’hui  en Tchétchénie ?)

Si vous souhaitez soumettre un article, vous pouvez prendre contact avec la rédaction et envoyer un résumé en anglais (100 mots) de votre proposition.

Les articles peuvent être soumis en anglais, en français et en russe.

Date limite de soumission des articles 10 avril 2009 pour une publication en juin 2009.

Chaque article sera lu par deux référés anonymes. La décision finale concernant la publication sera prise par le comité éditorial de la revue.

Pout tout renseignement concernant ce numéro ou la procédure de soumission, contacter :

Elisabeth Sieca-Kozlowski
contact@pipss.org

Chief Editor

The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies

www.pipss.org

contact@pipss.org

Editorial Board : Eden Cole, Anna Colin Lebedev, Françoise Dauce, Gilles Favarel-Garrigues,  Anne Le Huerou, Erica Marat, Laurent Rucker, Elisabeth Sieca-Kozlowski, Joris Van Bladel

Scientific Board : Adrian Beck (UK), Alexander Belkin (Russia), Frederic Charillon (France), Stephen Cimbala (USA), Julian Cooper (UK), Roger Mc Dermott (UK), Isabelle Facon (France), Mark Galeotti (UK), Aleksandr Gol'ts (Russia), Dale Herspring (USA), Philippe Manigart (Belgium), Kimberly Zisk Marten (USA), Michael Orr  (UK), Michael Parrish (USA), Nikolay Petrov (Russia), Eduard Ponarin (Russia), Jean-Christophe Romer (France), Jacques Sapir (France), Manfred Sapper (Germany), Louise Shelley (USA), Richard Staar (USA), Brian Taylor (USA), Mikhail Tsypkin (USA), Stephen Webber (UK), Elena Zdravomyslova (Russia).

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 10 avril 2009

Mots-clés

  • Russie, armée, non-Russes

Contacts

  • Elisabeth Sieca-Kozlowski
    courriel : elisabeth [dot] kozlowski [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Elisabeth Sieca-Kozlowski
    courriel : elisabeth [dot] kozlowski [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les relations de l’armée russe, soviétique et post-soviétique aux non-russes, de l’époque impériale à nos jours », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 24 octobre 2008, http://calenda.org/195800