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Langue(s) et insertion en contextes francophones : discriminations, normes, apprentissages, identités…

Réseau Francophone de Sociolinguistique et du Groupement d’Intérêt Scientifique « Pluralités Linguistiques et Culturelles »

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Publié le lundi 27 octobre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Colloque International du Réseau Francophone de Sociolinguistique et du Groupement d’Intérêt Scientifique « Pluralités Linguistiques et Culturelles » Langue(s) et insertion en contextes francophones : discriminations, normes, apprentissages, identités… (les 16-18 juin 2009 / Université Européenne de Bretagne – Rennes 2 / PREFics EA 3207 / UMR CNRS LCF 8143 )

Annonce

Université Européenne de Bretagne – Rennes 2
organisation : PREFics EA 3207 / UMR CNRS LCF 8143

Circulaire n° 1 bis, diffusion juillet et octobre 2008

L’actualité politique récente sur les questions linguistiques et éducatives a soulevé et soulève de nombreuses discussions, interventions et prises de position qui concernent directement les questionnements sociolinguistiques fondamentaux : les dynamiques de l’hétérogénéité linguistique dans leur dimensions sociales, politiques, éthiques. On pense par exemple aux divers textes récents liés notamment à l’enseignement du français (en France rapports Bentolila sur le « handicap linguistique » des jeunes de banlieues et sur l’enseignement du français, programmes du primaire et du collège ; au Canada rapport Gauthier sur l’enseignement aux élèves des « milieux défavorisés ») ou à l’insertion de populations migrantes (en France rapport Bénisti, critères linguistiques du regroupement familial ; au Canada affaire d’Hérouxville), aux rapports PISA sur les performances des systèmes éducatifs ou notamment au rapport PASEC sur les performances des systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne francophone, aux réformes récentes des systèmes éducatifs et des programmes en Algérie et au Maroc, etc.
Dans ces contextes, et en continuation directe des préoccupations antérieures de nombreux sociolinguistes et didacticiens concernant l’intervention des chercheurs dans les sphères sociopolitiques (cf. colloque RFS d’Amiens en 2007 notamment), des réseaux de recherche se sont mobilisés pour faire entendre des points de vue scientifiques et des convictions éthiques (réactions aux rapports Bénisti, Bentolila, Gauthier, aux expérimentations « FLE » du préfet du Rhône, etc.).
L’élaboration de ces réactions a suscité des questionnements et des débats au sein même de la communauté des chercheurs et des acteurs sociaux. Au delà de convictions scientifiques partagées sur les fonctionnements sociaux des pratiques langagières, des nécessités d’approfondissements ou de développements de recherches existantes, ou encore de dynamisation de recherches nouvelles, sont apparues.

Les objectifs de ce colloque sont :

  • de faire le point sur les questions clés relatives aux dynamiques linguistiques de l’insertion scolaire, sociale et professionnelle ainsi que réciproquement aux dynamiques scolaires, sociales et professionnelles de l’insertion linguistique, en se centrant notamment sur les problèmes de discriminations, de normes, d’apprentissages, et d’identités comme entrées pertinentes pour traiter ces questions ;
  • de discuter le bilan actuel des connaissances ainsi rassemblées ;
  • d’identifier et de dynamiser de nouveaux axes de recherches sur ces questions.

Modalités de travail

Introduits par les conférences de chercheurs et praticiens invités, spécialistes notamment d’autres disciplines, partageant nos interrogations, nos terrains, voire nos paradigmes (géographie sociale, sciences de l’éducation) ou de points de vue issus d’autres contextes (Afrique subsaharienne, accès aux soins pour les migrants, communication de crise en situations plurilingues par exemple sur le chikoungounia à La Réunion), que ceux précédemment examinés dans les colloques du RFS, des ateliers seront centrés sur des problématiques ciblées qui viendront concrétiser la thématique large et inclusive du colloque. Partant principalement de situations dites « francophones » (c’est-à-dire de situations plurilingues dans lesquelles des formes linguistiques individuelles ou collectives peuvent être catégorisées comme relevant aussi du français), ces ateliers s’ouvriront sur d’autres contextes communicationnels, sociolinguistiques et didactiques.
Afin de préserver une certaine ouverture entre les thèmes et une souplesse d’organisation, les communications devront explicitement être proposées pour au moins deux ateliers en classant ceux-ci par ordre de priorité.
La forme atelier privilégiée suppose une organisation concrète qui laissera de larges plages de discussions et amènera le comité d’organisation, en concertation avec le comité scientifique, à opérer une sélection forte des communications, quitte à inviter à regrouper des propositions, car la finalité principale des communications sera de stimuler des débats dont des synthèses rendront compte dans la ou les publications issues de ce colloque. Des interventions écrites plus longues et plus nombreuses seront retenues pour publication. Les calibrages précis des interventions seront précisées après acceptation en fonction du programme global qui sera retenu (la répartition concrète des ateliers pouvant être modifiée en fonction des propositions de communications reçues / acceptées).

Présentation des ateliers (provisoire)

-Atelier Hétérogénéité sociolinguistique et didactique du français :

Un des problèmes récurrents posé à l’enseignement-apprentissage du français (quel que soit son statut d’objet ou de moyen pédagogique) est celui de la prise en compte de l’hétérogénéité des pratiques, des représentations et, partant, des normes sociales à transposer en situations didactiques (par exemple les travaux d’H. Romian, de M.-M. Bertucci…). L’identification des compétences langagières et sociales de locuteurs de formes « hors norme » du français fait l’objet d’études (par exemple celles de J. Billiez, de C. Cortier, de P. Lambert…) qui peinent à être intégrées dans les pratiques didactiques et plus largement encore dans les discours partagés du grand public. Entre didactiques d’une norme dominante (qui reste à définir et à articuler aux pratiques), de plusieurs variétés (qui restent à définir et à articuler entre elles) ou de la variation (qui reste à didactiser), des options  différentes existent. Un certain nombre de principes et de notions issus notamment de la didactique des langues en général (compétence plurilingue, socle de compétences, indicateur de compétence, perspective actionnelle…) mérite d’être mobilisés pour approfondir la réflexion, en sautant ce qu’il peut rester de « frontières » entre didactique des langues 1 et des langues autres. Cet atelier a pour objectif d’en examiner les tenants et les aboutissants sur divers plans, de faire un bilan des pratiques didactiques et pédagogiques attestées, de comparer la prise en compte de cette problématique dans divers contextes, dans d’autres langues y compris dites «minoritaires ».

-Atelier Confrontations francophones et reconfigurations identitaires :

Les mobilités notamment internationales de personnes et de populations entre contextes francophones différents (par exemple de migrants de pays « du Sud » vers des pays « du Nord ») provoquent des confrontations de pratiques et de représentations de formes de français, des confrontations de plurilinguismes et de dynamiques identitaires. Ressources facilitatrices d’une insertion sociale et/ou objets de stigmatisations diglossiques, ces confrontations, où la question urbaine demeure centrale, soulèvent des questions importantes pour comprendre ces situations de mobilité, leurs conséquences identitaires et les éventuelles modalités spécifiques d’insertion qui en découlent, par exemple en termes de politiques éducatives, de stratégies didactiques voire de développement urbain. Cette question atteint une nouvelle acuité à la fois au regard des stratégies didactiques orientées vers les compétences plurilingues (travaux de D. Coste, D. Moore, V. Castellotti, G. Zarate, M. Heller…) et des politiques de « gestion des flux migratoires » tendant à privilégier des personnes « intégrables » notamment sur le critère de leurs pratiques préalables de français dans lesquelles les usagers de créoles à base française occupent probablement une place singulière.

-Atelier Idéologies linguistiques et discriminations :

Cet atelier a deux objectifs. Il s’agit tout d’abord de préciser et de clarifier conceptuellement la notion d’idéologie linguistique. Elle apparait régulièrement utilisée (explicitement ou non) pour analyser les stratégies de construction glottopolitiques d’états-nations européens à partir du XIXe siècle (notamment la France et l’Allemagne) et d’états similaires issus de la décolonisation dans la 2e moitié du XXe siècle (par exemple l’Algérie, le Vietnam ou la République Centrafricaine) ou d’émergences comparables plus spécifiques (comme le Québec ou la Catalogne). On la retrouve, parallèlement, pour étudier les interactions entre ces constructions politiques et les élaborations théoriques en linguistique (on pense aux travaux de P. Swiggers, de C. M. Hutton, de G. Bergounioux, de B. Cerquiglini, de L.-J. Calvet, de D. de Robillard…). Le second objectif est, précisément, d’examiner ses conséquences aussi bien dans les situations sociolinguistiques « ordinaires » que dans l’histoire des sciences du langage. Dans cette perspective, y corréler la notion de discrimination pourrait être efficace : en quoi les idéologies linguistiques développent-elles des phénomènes de discrimination (de « sélection / exclusion »), y compris et peut-être surtout de façon inconsciente (on pense aux linguistiques centrées sur des normes monolingues homogènes ou aux discours a priori compassionnels sur les populations utilisant des langues « pauvres », aux situations coloniales et postcoloniales) ? Ces discriminations sont-elles définitoires des idéologies linguistiques ? Y a-t-il des regards sur les langues qui soient exempts d’idéologies ? etc.

-Atelier Médias, organisations et discours glottopolitiques :

L’actualité sociopolitique récente à laquelle la thématique générale de ce colloque fait écho a rappelé, si besoin, les rôles que jouent diverses instances et institutions dans l’élaboration, la diffusion, la reproduction ou la reconfiguration de représentations sociales (on pense aux  travaux transversaux de P. Charaudeau, aux études récentes de L.J. Calvet et J. Véronis sur les discours des candidats aux élections présidentielles françaises de 2007), représentations portant aussi, en l’occurrence, sur des pratiques linguistiques. Ces discours glottopolitiques sont corrélés aux contextes que constituent entre autres les organisations et les moyens de diffusion par lesquels ils sont construits et par rapport auxquels ils sont interprétés. Un objectif de cet atelier est d’examiner de façon critique les discours glottopolitiques tenus à titre collectif par des organisations politiques ou non, gouvernementales ou non, dans des médias divers, y compris les médias numériques, internet, etc. (on pense par exemple aux travaux de R. Chaudenson sur les organisations de la Francophonie). Un autre objectif est d’examiner en quoi ces discours collectifs et médiatiques jouent un rôle dans les processus d’insertion sociale et linguistique. Enfin, il semble important de s’interroger sur la façon dont d’autres discours glottopolitiques, par exemple ceux issus de nos recherches, pourraient s’appuyer sur des organisations et des médias, sous quelles modalités, à quel prix, pour bénéficier d’une meilleure diffusion sociale. A cette occasion, la question des positionnements des chercheurs en sociolinguistique et apparentés, notamment réunis au sein du RFS et du GIS PLC, vis-à-vis des orientations politiques / idéologiques de grands organismes comme l’OIF, l’AUF, le CNRS, l’AERES, etc., serait judicieusement examinée.
La collaboration de spécialistes de l’information et de la communication sera précieuse.

-Atelier Regards critiques sur la question interculturelle :

La notion d’interculturalité a connu depuis les années 1980 et les travaux phares de C. Camilleri un succès remarquable, au point d’être devenue incontournable en didactique des langues (on pense aux travaux de G. Zarate, de N. Auger…) et dans de nombreuses autres disciplines qui se préoccupent de relations dites « interculturelles » et notamment d’insertion sociale. Elle s’est diffusée largement chez les praticiens et divers acteurs sociaux. Cette expansion du terme dans divers champs a provoqué des reconfigurations de ses significations et de ses usages. Il fait, dès lors, l’objet d’un certain nombre de critiques, notamment d’une acceptation « angélique » qui réduit la portée du terme à la simple attente de « relations humaines harmonieuses malgré les différences culturelles et linguistiques ».
L’objectif de cet atelier est de replacer le concept au centre des interrogations, pas nécessairement pour l’évacuer, mais plutôt pour lui restituer une fonction critique actualisée en sciences humaines et sociales, notamment en sociolinguistique et en didactique des langues-cultures.

-Atelier Biographies langagières, récits de vie, expressions littéraires

Divers travaux ont emprunté, depuis quelques années, la voie des expressions biographiques sous diverses formes pour envisager de façon qualitative et notamment du point de vue des acteurs, les parcours de mobilité linguistique et plus largement scolaire, sociale et professionnelle (Castellotti et Huvert, 2007 ; Lambert, 2005 ; Biichlé, 2007… ; les portfolios européens des langues ; etc.). L’expression littéraire, autobiographique, autofictionnelle ou romanesque des parcours d’insertion notamment de personnes migrantes, offre une autre ouverture vers ces points de vue. Enfin, du récit de vie à l’histoire de vie comme acte de formation et d’auto-formation (cf. le colloque de Tours 2007), l’intégration qualitative du discours des acteurs — et pas seulement des « témoins » ou des « informateurs » — dans les dispositifs de recherche, de formation et d’insertion est désormais en marche. Cet atelier a pour objectif de poursuivre ce processus d’intégration, de développer une réflexion méthodologique et théorique sur les convergences ou les différences de ces différentes modalités de prise de parole, sur leurs statuts et leurs fonctions. Ouvert notamment aux acteurs et chercheurs de domaines littéraires, éducatifs…, il cherche à susciter des croisements nouveaux et à développer des perspectives de recherche et d’intervention

-Atelier Convergences théoriques et méthodologiques en sociolinguistique

Les réunions du RFS, depuis le colloque initial de Tours en 2000, ont notamment suscité l’élaboration explicite de positions théoriques et de choix méthodologiques en sociolinguistique, dont quelques ouvrages ont posé des jalons (Calvet, 1999 et 2004 ; Blanchet, 2000 ; Heller, 2002 ; Blanchet et Robillard, 2003 ; Blanchet, Calvet et Robillard, 2007 ; Robillard, 2008…)1. C’est à cette réflexion fondamentale qu’ont été notamment consacrées notamment les journées d’études de 2003 (Rennes), le colloque « corpus » de 2005 (Paris), la séance inaugurale du colloque d’Amiens (2007). Stimulée par un regard renouvelé sur les situations de pluralité linguistique (dites de « contacts de langues »), cette réflexion a traversé toutes les réunions du RFS (Tours, Lyon, Grenoble). Ces convergences (dont une des formes, au moins pour partie, est la mise en réseau de chercheurs via le RFS) ont permis des interventions collectives sur certaines questions politiques (rapport Bénisti en 2005, divers textes autour des positions illustrées par Bentolila en 2006, interpellation du ministre sur l’expérimentation lyonnaise d’enseignement du FLE en, 2007) ou institutionnelles (positions critiques sur le collectif « sauvons les sciences du langage » en 2004 par exemple). Elles ont également été reçues, ici ou là, par exemple en contexte canadien, comme des atouts pour sortir la sociolinguistique et la didactique des langues d’une certaine marginalité ou d’une certaine ignorance. L’objectif de cet atelier est de poursuivre l’élaboration de ce positionnement scientifique, institutionnel et social, de développer ces échanges par l’intervention de pôles de recherches complémentaires en sociolinguistique (venus d’espaces germanophones, hispanophones, italophones, etc., nouveaux espaces francophones notamment d’Afrique du nord et du sud du Sahara…).

Calendrier et inscriptions

Les propositions de communications (Titre, mots-clés, résumé d’environ 3000 signes espaces, références bibliographiques essentielles en plus) devront être envoyées conjointement à philippe.blanchet@univ-rennes2.fr et thierry.bulot@univ-rennes2.fr avec copie à Marie-Katell Hoff (chargée de coordination au PREFics : mariekatel@yahoo.com) au plus tard le 30 novembre 2008. Afin de préserver une certaine ouverture entre les thèmes et une souplesse d’organisation, les communications devront explicitement être proposées pour au moins deux ateliers en classant ceux-ci par ordre de priorité. Les décisions des comités scientifique et d’organisation seront diffusées en février 2009. Les textes finaux pour publication devront être remis au plus tard le 31 octobre 2009.
Les frais d’inscription seront de 100 euros, 60 euros pour les membres du RFS à jour de cotisation 2009, 50 euros pour les doctorants et étudiants. Les modalités de paiement, d’inscriptions aux repas, d’hébergement, seront précisées dans la circulaire n° 2 prévue en
février 2009.

Comité scientifique

Le comité scientifique du colloque est constitué du comité scientifique du RFS : Philippe Blanchet (Rennes 2), Josiane Boutet (Paris VII), Aude Bretegnier (Tours), Thierry Bulot (Rennes 2), Louis-Jean Calvet (Aix-Marseille), Dominique Caubet (INALCO), Daniel Coste (ENS Lyon), Didier de Robillard (Tours), Jean-Michel Eloy (Amiens), Michel Francard (UCLouvain), Fabienne Leconte (Rouen), Claudine Moïse (Avignon), Isabelle Pierozak (Amiens), Geneviève Zarate (INALCO).
Y sont adjoints Yves Chevalier / Yolaine Parisot / Jacky Simonin / Valérie Magdelaine (PREFics Rennes 2 et UMR LCF 8143 La Réunion).

Comité d’organisation

Le comité d’organisation du colloque est composé de : Laurence Bouvet-Levêque (Rennes 2), Nelly Brégeault-Kremser (Rennes 2), Marie-Katell Hoff (Rennes 2), Adèle Jeudy (Rennes 2), Gudrun Ledegen (La Réunion), Jeanne Meyer (Rennes 2), Paule-Mireille Ngo-Mbaï (Rennes 2), Nadia Ouabdelmoumen (Rennes 2), Maria Philippou (Rennes 2), Elatiana Razafi (Rennes 2).
Il est placé sous la responsabilité de Philippe Blanchet / Thierry Bulot (Rennes 2) et de Michel Watin (La Réunion).

Lieux

  • Université de Rennes 2 (Campus Villejean)
    Rennes, France

Dates

  • dimanche 30 novembre 2008

Mots-clés

  • sociolinguistique, socio-didactique, francophonie, identité

Contacts

  • Thierry Bulot
    courriel : thierry [dot] bulot [at] free [dot] fr
  • Philippe Blanchet
    courriel : philippe [dot] blanchet [at] univ-rennes2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Thierry Bulot
    courriel : thierry [dot] bulot [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Langue(s) et insertion en contextes francophones : discriminations, normes, apprentissages, identités… », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 octobre 2008, http://calenda.org/195804