AccueilRapports intercommunautaires en Afrique du Nord antique

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Publié le lundi 27 octobre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Dans le cadre d’une journée d’étude, nous souhaitons aborder le problème des rapports intercommunautaires en Afrique du Nord antique par l’entremise d’une approche pluridisciplinaire. Nous nous interrogerons donc sur la façon de les appréhender dans divers contextes historiques et d’interpréter leur évolution dans la longue durée, des premières implantations phéniciennes à la domination byzantine. Afin d’enrichir et d’approfondir un débat déjà fécond, la question des rapports intercommunautaires sera abordée au travers de tous les types de sources et de leur confrontation. La prise en compte croisée des données archéologiques et des textes anciens relus à la lumière de cette problématique devrait permettre des avancées dans la compréhension des dynamiques intercommunautaires qui ont animé l’Afrique du Nord ancienne.

Annonce

Deuxième journée d’études « jeunes chercheurs »

Équipe P.L.H. – E.R.A.S.M.E.

Université de Toulouse II le Mirail – 05 décembre 2008

De l’interpénétration à l’exclusion, les interactions entre communautés ethniques, religieuses, professionnelles, économiques ou sociales suscitent depuis longtemps l’intérêt des sociologues, anthropologues et historiens. Qu’il s’agisse de liens familiaux ou corporatifs, d’alliances volontaires ou forcées, de contacts amicaux ou conflictuels, libres ou soumis à des règles, nombreuses sont les modalités selon lesquelles se déclinent les rapports entre différents groupes d’individus. Les travaux de savants tels que R. Bastide, N. Luhmann ou encore S. Gruzinski illustrent l’abondante diversité des domaines et des thématiques appréhendés.

En Méditerranée antique, la question des relations intercommunautaires est particulièrement riche dans le cas de l’Afrique du Nord. De la côte atlantique au golfe des Syrtes, cette région apparaît comme un laboratoire où se croisent et évoluent de multiples communautés au cours des siècles. Car l’Afrique du Nord connaît l’apport de populations allogènes par le biais de toute une série de phénomènes de colonisations, conquêtes ou migrations, plus ou moins durables, plus ou moins massives : phénicienne, grecque, romaine, juive, vandale, byzantine, pour n’envisager que l’Antiquité.

Un découpage « ethnique » du territoire nord-africain antique apparaît, au demeurant, comme une approche de plus en plus difficile et insatisfaisante. Des identités nouvelles se dessinent, des « connectivités » d’autre nature stimulent  l’analyse historique. Qu’il s’agisse de communautés religieuses (païennes, chrétiennes et juives) ou de communautés culturelles au sens large, leur coexistence marque en profondeur le devenir de l’Afrique du Nord, en particulier sous le Haut-Empire lorsque Rome intègre l’Africa dans son système provincial. Par ailleurs, l’appréhension même du territoire, de ses articulations environnementales, de ses ressources et de sa vie économique a beaucoup évolué. Ainsi, l’étude des nombreuses cités nord-africaines met-elle en exergue les échanges entre le monde rural et le monde urbain, ainsi qu’entre les différents corps socio-professionnels qui composent ces unités en contact étroit.

Inévitablement tributaires des contextes géopolitiques et  historiographiques du présent, la lecture et l’interprétation des rapports intercommunautaires en Afrique du Nord antique ont été en partie dictées par eux. Ainsi, une partie de la discussion s’est-elle cristallisée autour du processus et du concept de « romanisation » proposant une vision sans doute trop « coloniale » ou au contraire trop « nationale » des réalités antiques. Désormais, le développement de nouvelles approches et l’apport de sciences connexes participent à l’enrichissement du débat, notamment avec les recherches menées sur les populations du Maghreb contemporain.

Dans le cadre de cette journée d’étude, nous souhaitons aborder le problème des rapports intercommunautaires en Afrique du Nord antique par l’entremise d’une approche pluridisciplinaire. Nous nous interrogerons donc sur la façon de les appréhender dans divers contextes historiques et d’interpréter leur évolution dans la longue durée, des premières implantations phéniciennes à la domination byzantine. Nous proposons de cerner les enjeux majeurs par le biais de cinq axes principaux :

  • Selon quelles modalités les communautés se formaient-elles et en vertu de quels critères étaient-elles définies ? Quelles représentations d’elles-mêmes mettaient-elles en œuvre ? Quelles visions avaient-elles les unes des autres ?
  • Comment définir les différents types de rapports existant entre les communautés ? Dans quels contextes apparaissent-ils (paramètres internes et externes) ? Quels sont les circonstances, les logiques qui les favorisent ou, à l’opposé, les rendent impossibles ?
  • Existe-t-il des modèles d’interrelations propres à chaque communauté (selon qu’elle se définit comme ethnique, religieuse, professionnelle, sociale…) ou bien des schémas interprétatifs communs peuvent-ils rendre compte de situations observées dans des contextes et des périodes variés ?
  • Quel regard les anciens ont-ils porté sur les relations intercommunautaires ?
  •  De quelle manière ces relations ont-elles été traitées par les historiens modernes et contemporains (auteurs arabo-musulmans, coloniaux et post-coloniaux) ?

Afin d’enrichir et d’approfondir un débat déjà fécond, la question des rapports intercommunautaires sera abordée au travers de tous les types de sources et de leur confrontation. La prise en compte croisée des données archéologiques (céramologiques, numismatiques, épigraphiques, exploration de nouveaux sites archéologiques, révision d’anciens matériaux) et des textes anciens relus à la lumière de cette problématique devrait permettre des avancées dans la compréhension des dynamiques intercommunautaires qui ont animé l’Afrique du Nord ancienne.

Contacts :

Programme:

Matinée présidée par Jacques Alexandropoulos

8 h 45 Accueil des participants

9 h - Introduction – Jacques Alexandropoulos

9 h 15 - Damien Blondeau (Genève) De la multiethnicité et ses implications dans l'armée d'Hannibal

9 h 45 - Béatrice Pasa (Toulouse) Les communautés grecques et latines en Afrique du Nord préromaine

10 h 15 - Discussion

10 h 45 - Pause

11 h - Zénaïde Lecat (Paris) Les relations intercommunautaires en Afrique à l’époque byzantine. L’apport du dossier des fortifications

11 h 30 - Discussion

Après-midi présidée par Colette Zytnicki

13 h 30 - Julien Cazenave (Toulouse) Tertullien, polythéistes, Juifs et chrétiens ou comment s’affirmer par rapport à l’Autre

14 h - Arik Atlan (Toulouse) L'intégration de l'élément juif dans l'étude des rapports intercommunautaires en Afrique grâce à la documentation juridique. (IVe - VIe siècle ap. J.-C.)

14 h 30 - Discussion

15 h - Pause

15 h 15 -  Amandine Declercq (Toulouse) Les relations intercommunautaires en Afrique du Nord antique d'après les auteurs arabes médiévaux                                                                           
15 h 45 - Sarah Rey (Toulouse) Des travaux des premiers voyageurs aux études post-coloniales (XIXe-XXe siècles.) : perspectives historiographiques sur l'Afrique romaine

16 h 15 - Discussion

16 h 45 - Clôture de la journée d’étude

 

Lieux

  • Université Toulmouse II le Mirail
    Toulouse, France

Dates

  • vendredi 05 décembre 2008

Contacts

  • Béatrice Pasa
    courriel : beatricepasa [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Béatrice Pasa
    courriel : beatricepasa [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Rapports intercommunautaires en Afrique du Nord antique », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 27 octobre 2008, http://calenda.org/195812