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Marché(s), société(s), histoire et devenir de l'humanité

Colloque international sous le patronage de l'UNESCO

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Publié le jeudi 30 octobre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

La fondation Gabriel Péri, la revue La Pensée et la fondation Rosa Luxembourg (Allemagne) organisent sous le patronage de l'UNESCO un colloque international de deux jours portant sur le thème du marché dans l’histoire et dans les sociétés. Cette rencontre a pour ambition de proposer une lecture critique s’appuyant sur une démarche pluridisciplinaire, de l’économie de marché capitaliste, présentée majoritairement comme un horizon indépassable pour toute société rationnellement organisée. Les contributions de chercheurs et d’universitaires de huit pays différents (France, Allemagne, Italie, Grande Bretagne, Chili, Brésil, Chine, Etats-Unis) permettront d’explorer les types de marchés qui existent en dehors du capitalisme contemporain, les problèmes du capitalisme financier, et les expériences de régulation des marchés en œuvre à travers le monde et plus précisément en Asie et en Amérique latine.

Annonce

En novembre prochain, à l’initiative de la fondation Gabriel Péri et de la revue La Pensée, en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg, se tiendra à l’UNESCO un colloque international sur « Marchés, sociétés, histoire ». Nous souhaitons attirer votre attention sur cette réunion scientifique et en souligner l’intérêt.

A priori, tout semble clair. Le marché serait une procédure, un ensemble d’institutions et de règles, ainsi qu’un état d’esprit indispensables au fonctionnement des sociétés modernes. Le rôle du marché ne serait donc plus aujourd’hui « un problème politique » a priori, que ce soit au plan français ou international.

Les problèmes en suspend, pratiques et théoriques, demeurent cependant considérables.

Le Président de la Fondation, Robert Hue, s’est exprimé sur ce point, lors d’une rencontre à Pékin en 2005, et la fondation a consacré un séminaire à ces questions : Marché et démocratie. Dans son numéro 347, la revue La Pensée a cherché à en identifier quelques uns. Essayons de nous interroger à nouveau, sans prétention d’exhaustivité.

1. Les marchés, soit. Mais quels marchés et pour quelles activités ? Le capitalisme peut être caractérisé comme le système social le plus marchand qui soit. On observe même aujourd’hui la prétention de ce système social à étendre l’emprise du domaine marchand. Il existe donc des degrés, des modalités et des territoires de marché potentiellement distincts d’une forme sociale à l’autre. L’un des objectifs du colloque est de débattre de ces frontières et de leur incidence sur les sociétés considérées.

2. L’histoire et l’archéologie montrent que le marché est une forme très ancienne de communication économique entre les hommes. On devrait en déduire logiquement qu’une forme sociale n’est pas capitaliste pour la raison qu’elle serait marchande. On devrait en déduire également, ce qui revient au même, que la marchandise relève de formes sociales diverses et que la marchandise de l’Antiquité romaine, par exemple, n’est pas identique à la marchandise capitaliste. Dans ces conditions, comment se fait-il que l’existence contemporaine du marché soit très souvent associée à l’idée de capitalisme, non seulement par l’opinion courante mais par des scientifiques reconnus ? Que penser de cette approche ?

3. L’une des raisons majeures légitimant peut-être cette relation d’équivalence entre capitalisme et marché ne tiendrait-elle pas au fait que les marchés capitalistes seraient infiniment plus amples et plus efficaces que les marchés des époques antérieures ? On observerait, d’une époque historique à l’autre, des différences entre les marchés. Mais on observerait aussi la convergence historique de la forme marché vers une forme supérieure. La question est alors posée de savoir si, en adoptant la thèse de la nécessité du marché, les partisans d’une transformation radicale de la société capitaliste ne s’enferment pas dans une contradiction logique. D’une part, ils reconnaîtraient la validité du marché pour le fonctionnement social. Mais d’autre part, prévaudrait l’idée selon laquelle la forme marché capitaliste serait très supérieure aux formes marché des époques précédentes. La conclusion serait-elle que la société ne pourrait être organisée que de manière capitaliste ?

4. Les organisateurs du présent colloque récusent cette conclusion. Ils sont prêts à en débattre. Les problèmes sont certainement énormes, mais ils sont soulevés de manière concrète. Le moins qu’on puisse dire aujourd’hui est que le marché capitaliste mondialisé ne parait pas en mesure d’assurer, par exemple, la gestion des ressources énergétiques mondiales, la sauvegarde des équilibres naturels, l’allocation optimale à long terme des ressources financières ou la reproduction de la force de travail salarié, que ce soit dans les pays développés ou en développement. Le système est secoué de crises fortes et engendre spontanément des effets désastreux. Se posent alors les questions suivantes : suffirait-il d’en colmater les brèches et les insuffisances pour que le capitalisme fonctionne convenablement ? Est-il temps, au contraire, d’entreprendre le changement en profondeur du système capitaliste et de ses marchés ? Quelles nouvelles formes de marchés se dessinent alors ? Les expériences sociales de mise en cause du marché capitaliste, observées ici et là, ne sont-elles pas l’amorce de ces changements ?

Ces interrogations méritent la discussion active à laquelle sera consacrée ce colloque.

Pour participer, veuillez vous inscrire avant le 10 novembre 2008, en laissant vos nom et prénom, par mail à l’adresse suivante colloquemarche2008@gabrielperi.fr (inscription gratuite)[1] .

PROGRAMME DU COLLOQUE

Jeudi 13 novembre

9h00-9h15 :

Accueil des participants

9h15-9h30 :    

Allocution d’ouverture, Christina Von Fürstenberg, chef de la section des politiques et coopération internationale en sciences sociales et responsable du Programme MOST de l'UNESCO (France).

Session 1 : Rapports marchands et sociétés dans l’histoire

La première demi-journée a pour objectif de caractériser les rapports marchands dans l’histoire en analysant dans des contextes et des expériences différentes comment se sont structurés des échanges non-capitalistes mais marchands et monétarisés.

Président de séance : Antoine Casanova, historien, directeur de la revue La Pensée (France)

9h30-9h45 :    

Les formes historiques : propriété / pouvoir / marché, Antoine Casanova

9h45-10h :      

Remarques sur le marché en Grèce et à Rome, Jacques Annequin, historien (France)

10h-10h15 :    

Les échanges marchands et monétarisés dans le Proche-Orient ancien, Michèle Casanova, maître de conférences à l’université de Rennes II-UMR 7041 (France)

10h15-10h30 : 

Le développement du marché commercial en Chine par l’évolution historique de marché de la rue Hanzhengjie de Wuhan, NIE Yunlin, professeur de l’université normale de Chine.

10h30-11h15 :

Discussion

11h30-11h45 :  

Le marché et l’esclavage sur le continent américain dans la seconde moitié du XIXème siècle, Rémy  Herrera, chercheur au CNRS, directeur de la collection « Forum Social » aux éditions l’Harmattan (France)

11h45-12h00 :  

Échanges et discussions sur le marché dans les économies planifiées socialistes, Jacques   Sapir, économiste, directeur d’études à l’EHESS (France)

12h00-13h00 :   

Discussion

Session 2 : Marchés et États – Classes et cultures

La problématique de cette deuxième session pourra être éclairée en introduction, par la portée et la signification du rapport entre Marché et État chez Marx et Polanyi, la force des marchés capitalistes et le potentiel d’innovation révolutionnaire du système. La réflexion s’orientera ensuite sur l’analyse du capitalisme contemporain à l’heure de la révolution informationnelle et ses contradictions.

Présidente de séance : Quynh Delaunay, sociologue (France)

14h30-14h45 :  

Développement / efficacité / innovation / marché, introduction par Quynh Delaunay

14h45-15h00 :

Mondialisation productive, mondialisation financière, problèmes du dollar, Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur à l’université Marne-La-Vallée (France)

15h-15h15 :   

Peut-on réformer le capitalisme financiarisé ? Tony Andréani, politologue (France)

15h15-15h30 : 

Rétrospective et perspective du développement du système financier chinois, LAI Hairong, directeur de la revue « Comparaison des systèmes économiques et sociaux » (Chine)

15h30-16h15 :

Discussion

16h30-16h45 :  

La globalisation des marchés et la formation des salaires, Nasser Mansouri-Guilani, chercheur, responsable des études économiques à la CGT, membre du Conseil économique et social (France)

16h45-17h :  

Le plein emploi dans les sociétés de marché avancées, Helen Ginsburg, professeur émérite d’économie au Brooklyn College, université de New York (Etats-Unis)

17h-17h15 :    

La marchandisation accélérée de l’art et de la culture et l’économie de « l’immatériel », Serge Regourd, professeur de droit public à l'université des sciences sociales de Toulouse (France)

17h15-18h :   

Discussion

 Vendredi 14 novembre

 9h15 - 9h30 :   

Hommage à Alberto Martinez, économiste, ancien directeur de la DIRINCO (Direction des Industries et du Commerce) Chili (1970-1973), maître de conférences à l'Université de Reims, conseiller de la Direction de l'Institut National des Statistiques du Chili, et Volodia Teitelboim, écrivain chilien, prix national de littérature, sénateur 1965-1973, qui nous ont quittés en janvier 2008.

Session 3 : Contrôle, régulation et dépassement des marchés : quelles voies se cherchent ?

Cette dernière journée aura pour ambition de traiter des alternatives, des expériences possibles de régulation des marchés capitalistes et de renouvellement des échanges.

Président de séance : Michaël Brie, directeur du département d’analyse politique,

Fondation Rosa Luxemburg (Allemagne)

9h30-9h45 :

Alternatives et luttes pour l’émancipation, la justice et la démocratie, Michaël Brie

9h45-10h :        

Vers un nouveau modèle de développement pour le bien-être des peuples ? Manuel Riesco, économiste, vice-président du Centre d’études nationales sur le développement alternatif (CENDA) (Chili)

10h-10h15 :      

ALBA, Bancosur, Petrosur : avancées et périls, Luciano Vasapollo, statisticien, professeur à l’université La Sapienza (Italie)

10h15-10h30 :    

Le cas du Brésil, un représentant de la fondation Perseu Abramo (Brésil)

10h30-11h15 :

Discussion

11h30-11h45 :  

L’expérience chinoise de contrôle et de supervision des marchés, Cheng Enfu, président de l’Académie du marxisme, Académie chinoise des sciences sociales (Chine)

11h45-12h00 :    

Le cas de l'Inde,  Max-Jean Zins, directeur de recherches doctorales de l’Université, chercheur au CNRS - Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI), spécialiste de l’Inde (France)

12h00-13h00

Discussion

Président de séance : Patrick Ribau,
géographe, laboratoire SEDET – GREMAMO, Université Paris 7, rédacteur en chef de La Pensée (France)

14h30-14h45 :    

La social-démocratie suédoise, entre libéralisme importé et socialisme de marché : mérites et limites, Johan Magnus Ryner, professeur de relations internationales, Université d’Oxford Brookes (Grande Bretagne)

14h45-15h :        

Marché, dépassement du marché et rapports sociaux et de genre : l’apport du féminisme, Mario Candeias, politologue, bureau « critique du capitalisme et analyses sociales », fondation Rosa Luxemburg, institut de la théorie critique de Berlin (Allemagne)

15h-15h15 :        

Quelles potentialités des forces productives humaines au XXIème siècle ? Pierre Musso, philosophe, professeur de sciences de l'information et de la communication à l'université de Rennes II, et chercheur associé au Centre de recherches et d'études sur la décision administrative et politique (CRÉDAP, université de Paris I) (France)

16h45-17h :        

Clôture, L’après-marché ? Maurice Decaillot, économiste (France).

COMITE DE PARRAINAGE

  • Amin Samir, économiste, président du forum mondial des alternatives (France)
  • Bari Dominique, journaliste (France)
  • Barrère Christian, économiste, professeur à l’université de Reims Champagne-Ardennes (France)
  • Boccara Paul, économiste, maître de conférences honoraire de l’Université d’Amiens (France)
  • Casanova Antoine, historien (France).
  • Chonchol Jacques, ancien ministre de l’agriculture du gouvernement de Salvador Allende, ancien directeur de l’institut des hautes études sur l’Amérique latine (Chili)
  • Cleuziou Serge, professeur à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (France)
  • Cohen Jim, maître de conférences au département de science politique de l’université de Paris VIII (Etats-Unis)
  • Durand Denis, syndicaliste (France)
  • Enfu Cheng, Directeur de l’Académie du marxisme, Académie des sciences sociales (Chine)
  • Fazio Hugo, économiste, directeur général du CENDA, vice-président de la Banque centrale du Chili 1970-1973 (Chili)
  • Généreux Jacques, économiste, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (France)
  • Gratchev Andreï, ancien conseiller de Michaël Gorbatchev (Russie)
  • Ginsburg Helen, professeur au Brooklyn College, New York (Etats-Unis)
  • Harribey Jean-Marie, économiste, maître de conférences à l’université de Bordeaux IV (France)
  • Herrera Rémy, chercheur au CNRS, centre d’économie de la Sorbonne, Université Paris 1 (France)
  • Houtard François, président du centre tricontinental de Louvain La Neuve, professeur émérite de l’université catholique de Louvain (Belgique)
  • Hurstel Françoise, psychanalyste, professeur émérite à l’université Louis Pasteur de Strasbourg, unité de recherche « Subjectivité, connaissance et lien social » (France)
  • Kahane Jean-Pierre, mathématicien, membre de l’Académie des sciences (France)
  • Kesselman Mark, professeur à l’université de Columbia, New York (Etats-Unis)
  • Lowy Mikaël, directeur de recherche émérite au CNRS (France)
  • Losurdo Domenico, philosophe (Italie)
  • Monal Isabel, philosophe à l’Institut de philosophie de La Havane (Cuba)
  • Musso Pierre, philosophe, professeur à l’université Rennes II (France)
  • Ollman Bertell, philosophe, New York University (Etats-Unis)
  • Passet René, professeur émérite à l'université Paris I, président d'honneur du Conseil scientifique d'Attac (France)
  • Regourd Serge, professeur de droit, directeur de l’institut de droit de la communication (France)
  • Sapir Jacques, économiste, directeur de recherche au CNRS (France)
  • Traoré Aminata, écrivain, ancienne ministre de la culture (Mali)
  • Vovelle Michel, historien (France)
  • Wei Haisheng, directeur adjoint du Bureau de compilation et de traduction auprès du Comité central du PCC (Chine)
  • Ziegler Jean, sociologue, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation (Suisse)

[1] En raison des mesures de sécurité en vigueur, tous les participants devront passer par le service de sécurité à l’entrée, présenter leur pièce d’identité et après identification seront autorisés à se rendre vers la Salle IV.

Au moment de leur inscription, les participants recevront un badge à leur nom. Ils sont invités à le porter  pendant toute la durée du colloque, de manière à faciliter leur identification ainsi que leurs contacts avec les autres participants.

Catégories

Lieux

  • Salle IV, Palais de l'UNESCO, 7, place de Fontenoy
    Paris, France

Dates

  • jeudi 13 novembre 2008
  • vendredi 14 novembre 2008

Mots-clés

  • colloque, marchés

Contacts

  • Tania Remond
    courriel : tremond [at] gabrielperi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Tania Remond
    courriel : tremond [at] gabrielperi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Marché(s), société(s), histoire et devenir de l'humanité », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 30 octobre 2008, http://calenda.org/195854