AccueilPenser en exil

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Publié le mardi 04 novembre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Le Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine se caractérise par une démarche non seulement pluridisciplinaire, mais aussi pluriculturelle. C’est donc dans une perspective comparatiste qu’est lancé cet appel à communication sur le thème : « Penser en exil » au XIXe et XXe siècles.

Annonce

La réflexion porte sur toutes les formes d’exil : expatriation des opposants politiques, des minorités culturelles ou ethniques dont la liberté ou la vie sont menacées. L’exil volontaire se présente parfois comme une obligation : besoin d’échapper à un milieu originel jugé négatif, intolérant, oppressif ; recherche d’une formation universitaire, celle-ci étant inexistante, sélective ou inadaptée dans le pays d’origine. Certains intellectuels, religieux, francs-maçons n’ont d’autre choix que de s’expatrier. Il arrive que l’exil obéisse aussi à des raisons économiques.

            La pensée multiforme des exilés peut être appréhendée principalement par l’écrit, parfois par le témoignage oral. Tout type de texte sera retenu, depuis celui dont le contenu idéologique n’est pas explicite jusqu’au document le plus engagé. Ainsi sont pris en considération la poésie, le roman, la nouvelle, le théâtre, le récit de voyage, les mémoires et journaux intimes, la correspondance, les articles de presse, les travaux universitaires, les traités théoriques… La documentation n’ayant pas valeur de témoignage personnel — rapports de police, archives diverses— peut offrir également des informations utiles.

            Les conditions d’élaboration d’une pensée d’exil sont prises en considération comme éventuels facteurs explicatifs : causes de l’exil, durée de celui-ci, errance ou sédentarisation de l’intéressé, possession d’une fortune ou pauvreté, logement, nourriture, amours, solitude ou vie plus ou moins communautaire, contacts avec les autochtones, curiosités, aspirations politiques, sociales, morales, esthétiques…

            Les répercussions de l’exil doivent être analysées. Les diplômes acquis à l’étranger par les étudiants donnent-ils à ceux-ci une autorité, une légitimité, une réputation de modernité ? Les écrits jouent-ils un rôle dans la diffusion des images et des stéréotypes ? La condition d’exilé a-t-elle une incidence spécifique sur l’évolution des individus ? Ces derniers se contentent-ils d’observer de manière neutre leur nouveau lieu de séjour, y trouvent-ils des idées ou des sujets inspirant leurs œuvres à venir, subissent-ils fortement l’influence du milieu, adoptent-ils des modes de pensée ou d’expression différents, voire une identité plus complexe ? Il convient aussi de rechercher l’influence exercée par les intellectuels étrangers sur le milieu d’accueil. Comment leur présence est-elle perçue : suscite-t-elle indifférence, sympathie, compassion, hostilité ? De quels paramètres dépendent ces différentes perceptions de l’exilé ? L’appartenance de celui-ci à une communauté importante ou sa solitude relative jouent-elles un rôle ? A cet égard les textes des autochtones, articles de presse, souvenirs, pamphlets, doivent être examinés. La présence des exilés amène-t-elle des évolutions dans les mentalités et les habitudes locales, contribue-t-elle à une ouverture sur le monde, modifie-t-elle les activités traditionnelles en faisant connaître la région et en attirant de nouveaux visiteurs ? Le rôle des exilés dans le développement du tourisme constitue un angle d’étude intéressant.

            Un accent particulier pourra être mis sur l’exil dans le monde méditerranéen. Qu’en est-il de l’étrangeté familière à laquelle se trouve confronté l’expatrié en errance d’une côte à l’autre de la « mare nostrum » ? Le déracinement apparaît-il de même nature que dans un autre cadre géographique et culturel ?

Envoyer les propositions (un résumé de 15 lignes) avant le 15 décembre 2008 à : gastaut@unice.fr ou Yvan Gastaut, CMMC, Campus Carlone, 98 bd E. Herriot, 06 000 Nice

Lieux

  • Université, CMMC, Campus Carlone, faculté des Lettres et des Sciences Humaines
    Nice, France

Dates

  • jeudi 27 mars 2008
  • vendredi 28 mars 2008

Fichiers attachés

Contacts

  • Yvan Gastaut
    courriel : Gastaut [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • Yvan Gastaut
    courriel : Gastaut [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Penser en exil », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 04 novembre 2008, http://calenda.org/195884