AccueilLa « matière » de la République : identité, communauté, citoyenneté

La « matière » de la République : identité, communauté, citoyenneté

Hhistoire de la pensée politique. Cerphi – Cevipof – Sophiapol

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Publié le vendredi 07 novembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

C’est un lieu commun de dire aujourd’hui que l’identité républicaine est en crise. Ce sont en particulier les « conflits identitaires » et les « revendications en faveur de la diversité » qui jalonneraient cette crise. Mais que signifie précisément qu’une identité au contenu aujourd’hui si aporétique soit mise en crise ? Qu’en est-il notamment du processus par lequel une pensée républicaine en vient à se lier au mouvement d’élaboration d’une identité commune ? Le républicanisme exclut-il par définition toute référence à la diversité ? Ne se construit-il pas par la lutte ? Si l’on concède que les demandes de reconnaissance, qui se confondent souvent avec des demandes de citoyenneté, ne sont pas des problématiques post-modernes et sans histoire, il s’agira donc de se demander en quel sens la République, loin d’un concept figé qui ne reconnaît que ce qui se plie sous ses normes idéales, laisse à la pluralité, voire à la conflictualité, les moyens de s’exprimer.

Annonce

Programme 2008-2009

Responsables :

Alexandre Escudier (alexandre.escudier@sciences-po.fr)
Christophe Miqueu (cmiqueu@yahoo.fr)
Didier Ottaviani (ottaviani@cerphi.net)

Lieu : Cevipof, 98 rue de l’université, 75007 Paris (métro : Solférino)

Après une première année de travail ayant permis d’introduire à travers une réflexion sur la modernité politique les problématiques générales qui seront traitées dans ce séminaire, nous aborderons à compter de la rentrée universitaire 2008 et pour au moins deux ans la question des rapports complexes entre les notions d’identité, de communauté et de citoyenneté, bref entre la République et sa matière (‘matter of the Commonwealth’).

Aujourd’hui diluée dans la revendication communautaire, la notion d’identité est devenue un fourre-tout bien commode pour subsumer par un terme générique la multiplicité des choix de vie, sans clairement donner les clés pour articuler existence individuelle et collective. On en est arrivé au point où par son supposé individualisme exacerbée elle s’oppose frontalement à celle de République, au caractère supposé anti-individualiste, ce qui confère à l’idée d’ ‘identité républicaine’ une dimension archaïque. Pour autant, cerner précisément ce que recouvrirait l’identité républicaine ne peut se limiter à la seule désignation d’une communauté civique fondée sur la primauté accordée aux affaires communes sur l’intérêt privé, sans aller plus avant dans un examen des normes et valeurs autour desquelles les citoyens se retrouvent concrètement et se reconnaissent réciproquement. Qu’elle soit aristocratique ou démocratique, fédérale ou jacobine, multiculturelle ou uniforme, libérale ou sociale, la république ainsi abstraitement conçue ne déroule déjà plus de la même manière son identité commune.

C’est un lieu commun de dire aujourd’hui que l’identité républicaine est en crise. Ce sont en particulier les ‘conflits identitaires’ et les ‘revendications en faveur de la diversité’ qui jalonneraient cette crise. Mais que signifie précisément qu’une identité au contenu aujourd’hui si aporétique soit mise en crise ? Qu’en est-il notamment du processus par lequel une pensée républicaine en vient à se lier au mouvement d’élaboration d’une identité commune ? Le républicanisme exclut-il par définition toute référence à la diversité ? Ne se construit-il pas par la lutte ? Si l’on concède que les demandes de reconnaissance, qui se confondent souvent avec des demandes de citoyenneté, ne sont pas des problématiques post-modernes et sans histoire, il s’agira donc de se demander en quel sens la République, loin d’un concept figé qui ne reconnaît que ce qui se plie sous ses normes idéales, laisse à la pluralité, voire à la conflictualité, les moyens de s’exprimer.

12 novembre 2008, 17h-19h

Carole Reynaud-Paligot (Paris / Dijon) : « L’universalisme républicain confondu : sciences de l’homme et républicanisme (1860-1939) »
Discutant : Alain Policar (Université de Limoges / Paris)

14 janvier 2009, 17h-19h

Florence Gauthier (Université de Paris VII) : « De quelques obstacles qui empêchent certains mots d'être audibles aujourd'hui : "universel", "sens commun", "gouvernement libre", "démocratie", "peuple", "humanisme" »
Discutante : Sophie Wahnich (CNRS/ LAIOS, Paris)

11 mars 2009, 17h-19h

Christopher Hamel (Université de Paris I) : « Pluralisme et Perfectionnisme dans le Républicanisme d'Algernon Sidney »
Discutant : Luc Foisneau (CNRS / Centre Raymond Aron-EHESS, Paris)

1er avril 2009, 17h-19h

Julien Boudon (Université de Reims) : « Rousseau appliqué : jacobinisme et républicanisme sous la Révolution française »
Discutant : Lucien Jaume (CNRS/ Cevipof, Paris)

13 mai 2009, 17h-19h

Blaise Bachofen (Université de Cergy-Pontoise) : « Rousseau et la question de l'appartenance nationale »
Discutant : Bruno Bernardi (CPGE, Marseille, CIPh)

24 juin 2009, 17h-19h

Sudhir Hazareesingh (Balliol College, Oxford) - séance à confirmer

Lieux

  • Cevipof, 98 rue de l’université, métro : Solférino
    Paris, France

Dates

  • mercredi 12 novembre 2008
  • mercredi 14 janvier 2009
  • mercredi 11 mars 2009
  • mercredi 01 avril 2009
  • mercredi 13 mai 2009
  • mercredi 24 juin 2009

Mots-clés

  • républicanisme, citoyenneté, pluralisme

Contacts

  • Miqueu Christophe
    courriel : cmiqueu [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Miqueu Christophe
    courriel : cmiqueu [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La « matière » de la République : identité, communauté, citoyenneté », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 07 novembre 2008, http://calenda.org/195917