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Publié le jeudi 13 novembre 2008 par Marie Pellen

Résumé

Initiative lancée par des doctorants de l’IHEAL-CREDAL et de l’EHESS-CEMS, le GECCI se propose de réunir étudiants et chercheurs en sciences humaines dans une démarche comparative et transdisciplinaire, afin d’ouvrir un nouvel espace de réflexions sur le lien entre cultures et inégalités. L’Amérique latine connaît depuis une vingtaine d’années un processus de démocratisation qui s’accompagne d’un renforcement des inégalités, faisant de ce continent le plus inégalitaire au monde. Les analyses sur cette question ont plutôt favorisé une perspective identitaire (genre, ethnicité, localité, etc.).

Annonce

Afin de compléter ces approches, le GECCI souhaite élargir cette problématique en mettant l’accent sur l’analyse des catégories sociales, de leurs cultures, et des inégalités, en privilégiant le rôle des cultures dans la structuration des clivages sociaux (cultures de classes, citoyenne, professionnelle, militante, médiatique, etc.). A partir du cas latino-américain, le GECCI aspire à comparer les dynamiques du continent avec d’autres aires géographiques, notamment l’Europe. L’intérêt d’une telle démarche réside dans la possibilité de dégager aussi bien l’originalité des situations que la convergence des structures d’inégalités dans le monde. Par ailleurs, le caractère interdisciplinaire du groupe est une prérogative indispensable pour cerner la multiplicité du lien entre cultures et inégalités, provenant de la diversité des regards sur notre objet. Enfin, au-delà de l’analyse comparée et transdisciplinaire des inégalités, le GECCI a pour vocation d’amener à une réflexion de fond sur l’Egalité, ses processus et ses obstacles.

Nous appelons donc chercheurs et étudiants (doctorants en priorité) intéressés par cette initiative à venir nous présenter leurs travaux au cours de nos séminaires mensuels qui commenceront à partir de janvier 2008. Merci de nous envoyer le résumé (une page) de vos travaux en cours à l’adresse suivante : mquijoux@hotmail.fr

PROGRAMME DE L’ANNEE 2008-2009

Toutes les séances ont lieu de 18h à 20h à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine (IHEAL), salle Paul Rivet (5e étage).

IHEAL, 28, rue St-Guillaume, 75007 Paris.

Métro Rue du Bac, Saint-Germain des prés.

L’entrée est libre et ouverte à toutes et tous.

Pour toute information supplémentaire, contactez-nous à l’adresse suivante : geccimail@gmail.com

  • Séance I: mercredi 15 octobre 2008 :

Entre vocation et professionnalisation, les parcours de musiciens

Gildas de Séchelles*

Le parcours des musiciens de musiques populaires est marqué par une étape où ils pratiquent la musique de manière autonome, c’est à dire en dehors d’une école de musique et de la profession. Durant cette période, l’activité est mise sous le régime de la vocation et se pratique pour elle-même. Par la suite, les musiciens vont être amenés à faire des choix privilégiant le développement de leur projet ou la rémunération de leur activité. Ces arbitrages tendent à construire différentes trajectoires de professionnalisation menant à des types de professions de musiciens. L’exposé présentera ces possibles trajectoires, les facteurs qui vont déterminer ces arbitrages et les conséquences que cela aura sur l’activité et sur la réussite artistique et professionnelle des musiciens.

*Chercheur indépendant. Diplômé du Master 2 de sociologie de l’Université René Descartes, Paris V pour lequel il a réalisé en 2007 une recherche sur la professionnalisation des musiciens de musiques amplifiées.

  • Séance II: Mercredi 19 Novembre 2008 :

Comment les innovations technologiques appliquées à l'agriculture peuvent représenter des instruments d'exclusion socio-économique dans le milieu rural ? Exemple du Brésil

Pasquale Lubello*

Au cours de ces trois dernières années je me suis efforcé de comprendre pourquoi et comment le gouvernement et le parlement brésilien ont œuvré afin de légitimer dans le pays la libéralisation commerciale d'une variété végétale transgénique : le soja "Round up Ready" de Monsanto.
Je me suis tout particulièrement intéressé aux systèmes de représentation des intérêts économiques liés à la filière soja et à leur connexions avec la scène politique nationale, afin de montrer que le choix de libéralisation commerciale du soja RR de Monsanto est bien le résultat d'un travail continu de pression de la part d'une coalition d'intérêts agro-industriels dominants.
Dans une deuxième partie, je me suis proposé de vérifier l'intérêt économique de cette innovation technologique pour le sojiculteur. S'il est impossible de nier tout bénéfice économique lié au soja transgénique (on ne saurait comprendre pour quelle raison il est adoptée par toujours plus d'agriculteurs), il nous est néanmoins possible de mettre en évidence certains de ses effets pervers: les plus importants étant l'alourdissement de la relation de dépendance du secteur agricole vis à vis du secteur des industries fournisseuses d'intrants et la précarisation économique des petits moyens sojiculteurs.

*Pasquale Lubello est docteur en Economie de l’Institut des Hautes de l’Amérique Latine (IHEAL-CREDAL). Il est également membre du GRIB, Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur le Brésil.

  • Séance III: Mercredi  10 décembre 2008 :

Quartiers populaires, quartiers politiques

Denis Merklen*

Les quartiers d’aujourd’hui résultent essentiellement des transformations qui ont fait glisser la sociabilité populaire du travailleur vers l’habitant. C’est au quartier qu’une bonne partie des solidarités et des identités se forgent. Mais c’est aussi au quartier que l’on rentre en contact avec les institutions, souvent massivement présentes : l’école, la police, des associations, les politiques sociales, des partis politiques, des groupes religieux. Car le quartier est aussi façonné par une territorialisation de l’action publique. Ce changement de la sociabilité s’accompagne donc dans la « politicité » populaire. Nous observons alors le quartier comme le terrain où se « localisent » des formes variées de l’action collective : de la protestation à la négociation, de la révolte à la participation dans les politiques sociales, urbaines ou culturelles. Loin du « repli communautaire » avec lequel on les identifie, les quartiers sont des lieux de l’individuation, là où se forgent, comme ils le peuvent, une bonne partie des individus qui peuplent nos sociétés. Sociologue à l’Université Paris Diderot – Paris 7 et membre de l’Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux (Iris, EHESS/CNRS), Denis Merklen propose une conceptualisation du quartier qui met en parallèle sociabilité et politicité populaires. Au lieu de partir de la référence classique au « quartier ouvrier », l’auteur nous invite à regarder les quartiers populaires des villes françaises dans le contraste d’expériences acquises dans les villes du Sud, de l’Argentine au Brésil, du Sénégal à Haïti ou à l’Uruguay.

*Denis Merklen est maître de conférences à l'Université Paris Diderot - Paris 7 et membre de l'Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux – IRIS (EHESS/CNRS/INSERM). Il vient de publier "Quartiers populaires, quartiers politiques" (La
Dispute, 2008) et il est l'auteur également de "Pobres Ciudadanos. Las clases populares en la era democratica - Argentina 1983-2003"(Buenos Aires, Gorla, 2005).

  • Séance IV: mercredi 7 janvier 2009:

Du paternalisme industriel et d’autres formes de légitimation de la domination dans le monde du travail

Flaviene Lanna*

Dans un premier abord, il peut paraître désuet de parler de paternalisme industriel au XXIe siècle. En regardant de plus près le monde du travail, cependant, nous pouvons apercevoir que le phénomène se recycle et s’adapte au contexte actuel, caractérisé entre autres par la précarisation du travail et le chômage grandissant. Le paternalisme n’est pas seulement une forme de domination – et donc d’inégalité – il est aussi et fondamentalement une forme de légitimer cette différence. A partir d’une enquête ethnographique réalisée en 2007 dans une coopérative brésilienne fondée par des anciens employés, j’ébaucherai une analyse des conditions sociales de production du paternalisme et de celles qu’il laisse comme héritage.

*Doctorante en sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) en cotutelle internationale avec l’Université Fédérale de Bahia (UFBa), Flaviene Lanna étudie les travailleurs d’une sidérurgie dans l’Etat de Minas Gerais au Brésil. En parallèle, elle est actuellement chargée de recherche au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle en Seine Saint Denis (GISCOP 93), à l’Université Paris 13.

  • Séance V: mercredi 4 mars 2009 :

Inégalités socioculturelles et ségrégation marchande : les variations sociales des formes de protection et des usages de la sécurité privée

Federico Lorenc Valcarce*

L’accès aux biens et aux services est bien sur limité par la disponibilité de ressources financières. Cela vaut pour la consommation de prestations de la sécurité privée que nous étudions dans le cas particulier de l’Argentine. Mais il existe des dispositions et des représentations qui expliquent le recours à des formes marchandisées de protection et les préférences des différents groupes sociaux pour différents types de dispositif. Dans cette communication, nous présentons tout d’abord les usages que les gens font des dispositifs de sécurité privée, insistant notamment sur les rendements symboliques que ce type de consommation entraine. Nos abordons d’ailleurs leurs représentations des « menaces criminelles » et la manière dont elles rebondissent sur les tendances à se protéger. Nous considérons enfin les appuis structurels des pratiques de protection, en étudiant aussi bien la répartition de ces pratiques selon des variables socioéconomiques que leur ancrage dans différents espaces de vie.

* Docteur en Science Politique à l’Université Paris 1, Federico Lorenc Valcarce est chercheur du Conseil National des Recherches Scientifiques d’Argentine à l’Institut Gino Germani de l’Université de Buenos Aires et Professeur adjoint de Sociologie à l’Université Nationale de Mar del Plata. Il a publié plusieurs articles dans le domaine de la sociologie politique, la sociologie économique et la sociologie de la sécurité. A l’heure actuelle, il fait une visite postdoctorale au CURAPP et prépare l’ouvrage La mercantilisation de la sécurité. Etat, marché et sécurité en Argentine, à paraitre chez Karthala en 2009.

  • Séance VI: Mercredi 11 mars 2009 :

Construcción histórica y social de los riesgos y las vulnerabilidades: desastres, relaciones de poder y reproducción de las desigualdades

Rogelio Altez*

Este trabajo es el resultado de una inevitable reflexión sobre la construcción social e histórica de las vulnerabilidades, así como de la aproximación etnográfica a la profundización de estas vulnerabilidades después del advenimiento de un desastre. Esto podría llamarse como una etnografía crítica de los desastres. El ejemplo usado se concentra en el estado de Vargas, luego de la tragedia de diciembre de 1999. Cerca de diez años después, y en medio del advenimiento de acontecimientos similares (aunque menores), las condiciones en los sitios más devastados parecen indicar que las variables que provocaron el desastre del '99, no sólo fueron desatendidas, sino que han sido profundizadas convenientemente.

En medio de preguntas y debates sobre el destino de las ayudas internacionales, el gobierno nacional y regional, así como el capital privado, se dieron a la tarea de reconstruir las zonas destruidas, basándose en relaciones populistas y clientelares. Las soluciones técnicas e infraestructurales han sido severamente cuestionadas por los partidos políticos opositores y por los científicos, pero la reconstrucción ha sido un hecho inevitable. Es esta una relación política característica de las oportunidades que ofrece la participación en el negocio de la reconstrucción; detrás de esto, las condiciones estructurales (sociales e históricas) son siempre las mismas, al igual que el resultado final: profundización de la vulnerabilidad y aumento de los riesgos.

Esto dista mucho de ser un ciclo (como el conocido estribillo que reza “antes, durante y después”), pues en realidad es un proceso social e histórico que no comienza otra vez después del desastre, siendo éste un simple indicador de ese proceso. La construcción y la reproducción del riesgo y las vulnerabilidades se desarrollan delante de todos los ojos; no obstante, cada mirada, o bien cada lugar social desde el cual se observa a la realidad, construye asimismo interpretaciones diferenciales de dicho proceso. He allí la complejidad estructural de todo esto, la cual debe ser comprendida por la investigación científica en su condición propiamente dialéctica, atendiendo las causas profundas de la vulnerabilidad (social y material), y observando en ello a la construcción del próximo desastre.

La reconstrucción material de la región devastada con el evento de 1999, ha sido un claro ejemplo donde se trasluce el negocio de los desastres: ayuda internacional, aprovechamiento político de los fondos nacionales e internacionales, asociaciones corruptas con el capital privado, explotación ideológica de las vulnerabilidades y reforzamiento clientelar de las relaciones de poder. El caso del estado Vargas luego de la tragedia de 1999 representa una excelente oportunidad para comprender estos procesos y sus resultados catastróficos, en medio de un contexto que hace relucir a uno de los países más ricos de Latinoamérica como un protagonista clave en la reproducción de las desigualdades, demostrando con ello que el dinero no necesariamente genera desarrollo.

*Prof. Rogelio Altez, Mg. Sc., Escuela de Antropología, Facultad de Ciencias Económicas y Sociales, Universidad Central de Venezuela, Presidente de la Sociedad Venezolana de Historia de las Geociencias

ryaltez@cantv.net

  • Séance VII: Mercredi 27 mai 2009:

«Les fils du tabac» à Bogotá et Leticia : Migrations indiennes et croissements d’axes de différentiation sociale en Colombie

Luisa Sanchez*

La migration des minorités ethniques vers les grandes villes occupe aujourd’hui une place privilégie dans les recherches portant sur l’Amérique Latine. Une décade après l’adoption du  projet de citoyenneté multiculturelle en Colombie, ce phénomène relève des nombreuses questions, autant sur les enjeux des politiques identitaires dans lesquelles ses populations s’inscrivent que sur le processus migratoire lui-même. A partir de l’étude de la mobilité des six communautés en provenance du nord-ouest de l’Amazonie, cette communication s’attache  à analyser l’insertion différentielle des migrants indiens en ville. L’expérience de la translocalité entraîne-t-elle nécessairement un transit entre différentes catégories sociales ? Quels sont les mécanismes de mobilité sociale que les acteurs développent dans un contexte urbain ? Comment construire des espaces de négociation dans une situation de croissement d’axes d’inégalité? Quelle est la relation entre l’identification ethnique et d’autres formes d’affiliation comme la classe sociale, le genre et l’activité professionnelle ? A mi-chemin entre la sociologie et l’anthropologie social, cette recherche s’interroge sur la construction de la différence parmi un groupe social longtemps considéré comme culturellement homogène.

*Luisa Sanchez est doctorante et allocataire de recherche à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine (IHEAL-CREDAL). Membre du comité de Rédaction de la revue RITA, elle est également l’auteur de « les Fils du Tabac à Bogota : Migrations indiennes et reconstructions identitaires, éditions de l’IHEAL- Collection « Chrysalides », 2007, Paris.

  • Séance VIII: mercredi 10 juin 2009 :

Inégalités, égalité et insubordination ouvrière dans les années 68 en France

Xavier Vigna*

La mémoire de 68 a largement valorisé le mouvement étudiant. Pourtant, 68 constitue également le plus puissant mouvement de grèves ouvrières que la France a connu, et qui ouvre ensuite une phase décennale de contestation dans les usines. C'est cette séquence d'insubordination ouvrière que Xavier Vigna retrace dans une étude historique pionnière qui s'appuie sur des archives inédites. En croisant tracts, rapports de police et films militants, ce livre analyse d'abord l'événement que constituent les grèves de mai-juin 1968, bien au-delà de la seule scène parisienne souvent réduite à la " forteresse de Billancourt ", et en montre le caractère inaugural. Dès lors, l'insubordination perdure et se traduit par de multiples illégalités. La parole ouvrière qui la nourrit conteste l'ensemble de l'organisation du travail. Relayée selon des modalités complexes par les organisations syndicales et les groupes d'extrême-gauche, cette insubordination échoue pourtant face à la crise économique. Ainsi, ces années 68 constituent également une séquence ouvrière, dont cet essai d'histoire politique des usines entend restituer l'ampleur. Livre d'histoire par conséquent à rebours des discours convenus sur " Mai 68 ", et d'une histoire ouvrière qui se confronte à la sociologie du travail d'alors, il renouvelle largement notre connaissance d'une période ardente et cruciale, celle des années 68.

*Agrégé d'histoire, Xavier Vigna est maître de conférences d'histoire contemporaine à l'Université de Bourgogne. Membre du Centre Georges Chevrier (UMR 5605), il poursuit des recherches sur la conflictualité sociale et politique dans le second XXe siècle.

Catégories

Lieux

  • IHEAL-CREDAL, 28 rue Saint Guillaume, Salle Paul Rivet (5ème étage)
    Paris, France

Dates

  • mercredi 10 décembre 2008
  • mercredi 07 janvier 2009
  • mercredi 04 mars 2009
  • mercredi 11 mars 2009
  • mercredi 27 mai 2009
  • mercredi 10 juin 2009

Contacts

  • Groupe d’études comparées cultures et inégalités ~
    courriel : mquijoux [at] hotmail [dot] fr

Source de l'information

  • françoise roujean
    courriel : francoise [dot] roujean [at] univ-paris3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Groupe d’études comparées cultures et inégalités », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 13 novembre 2008, http://calenda.org/195967