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Publié le mardi 18 novembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Nombreuses sont aujourd’hui les propositions artistiques qui prennent la forme d’interventions menées dans des contextes concrets et qui, tout en jouant avec les composantes du réel, interrogent les situations, déplacent les positions, brouillent les identités et visent ainsi à produire de nouvelles modalités sociales. Avec l’apparition de pratiques que l’on peut globalement qualifier de « participatives », ressurgit la question des usages de l’art.

Annonce

Université Michel de Montaigne Bordeaux 3
9 et 10 avril  2009

laboratoire de recherche LAPRIL / Artes

Nombreuses sont aujourd’hui les propositions artistiques qui prennent la forme d’interventions menées dans des contextes concrets et qui, tout en jouant avec les composantes du réel, interrogent les situations, déplacent les positions, brouillent les identités et visent ainsi à produire de nouvelles modalités sociales. Avec l’apparition de pratiques que l’on peut globalement qualifier de « participatives », ressurgit la question des usages de l’art. 

Affirmer que toute création artistique a une vocation sociale est un truisme. Toujours et partout l’artiste, à travers une expérience pourtant radicalement subjective, se fait l’interprète de valeurs collectives et révèle des intérêts politiques, esthétiques, symboliques, économiques qui sont de nature sociale. Conférant à la réalité un surcroît d’expression, il fournit des outils pour une meilleure compréhension du monde, voire des moyens pour mieux l’habiter. Mais la posture actuelle est plus novatrice qu’il n’y paraît. Deux représentations idéalisées de l’artiste sont en effet renvoyées dos-à-dos : celle du créateur autonome et retiré du monde, mais aussi celle de l’intellectuel engagé au service d’une cause. Désormais, l’artiste montre sa volonté d’accomplir autrement sa responsabilité politique, en faisant le pari réaliste que l’art pourrait bien être un vecteur efficace de transformation sociale.

C’est pourquoi, au-delà des intentions affichées, on peut s’interroger sur la nature et les finalités de ses interventions. Quelles sont  les variations qu’elles opèrent et les modifications qu’elles provoquent ? Thomas Hirschhorn a beau proclamer : « Je ne suis pas un travailleur social », soucieux par là de souligner la spécificité de projets dont on doit évaluer la cohérence artistique avant d’en mesurer les effets. Il n’empêche : si l’on considère l’artiste comme un travailleur, ce qu’il produit est susceptible d’être analysé en termes d’économie relationnelle. Mais, en questionnant les modes de son agir sur le monde, ne court-on pas le risque de le confondre avec d’autres acteurs sociaux ? Pis encore, sommé de restaurer un lien social réputé distendu, l’artiste n’est-il pas instrumentalisé au profit d’une « culture-sparadrap » et assigné à un rôle thérapeutique à seule fin de dissimuler une violence réellement à l’œuvre ?

Sans doute est-ce là lui conférer une mission qu’il ne revendique même pas. Les fractures et déchirures sociales, dans leur gravité, ne sauraient être réduites par les seuls moyens artistiques. La catharsis véritable, quant à elle, n’advient jamais comme un résultat prévisible et escompté mais bien par accident. Conscient des limites de son pouvoir, l’artiste peut-il se faire artisan de « micro-utopies quotidiennes » ou encore fabricant de « reliance » et, tout en expérimentant d’autres formes de faire, sait-il trouver, comme à son insu, d’autres formes d’action sociale ?

Telles sont quelques-unes des questions que nous aimerions soulever à l’occasion du colloque international « L’art à l’épreuve du social » (Bordeaux, 9 et 10 avril 2009) en donnant la parole à des artistes, des sociologues, des critiques et des théoriciens de l’art, des acteurs politiques et des médiateurs culturels. 

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Merci d’envoyer vos propositions d’intervention (15 lignes max.)  avant le 18 décembre 2008 à Elisabeth Magne ou Sabine Forero, responsables du master professionnel Pratiques artistiques et action sociale : 

Université Bordeaux 3
UFR des ARTS, département Arts plastiques
Esplanade des Antilles
33405 Pessac

Catégories

Lieux

  • Université Bordeaux 3 / Michel de Montaigne
    Bordeaux, France

Dates

  • jeudi 18 décembre 2008

Mots-clés

  • art, lien social, pratiques artistiques, esthétique

Contacts

  • Élisabeth Magne
    courriel : elisabeth [dot] magne [at] u-bordeaux3 [dot] fr

Source de l'information

  • Élisabeth Magne
    courriel : elisabeth [dot] magne [at] u-bordeaux3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'art à l'épreuve du social », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 novembre 2008, http://calenda.org/196011