AccueilEspaces protégés, acceptation sociale et conflits environnementaux

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Publié le mardi 25 novembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Le colloque « Espaces protégés, acceptation sociale et conflits environnementaux » ambitionne de rassembler les chercheurs en géographie, et plus largement en sciences sociales (histoire, sociologie, sciences politiques, économie, ethnologie, droit public…), travaillant sur les espaces protégés de tous types, tant d’un point de vue de leurs configurations, de leurs dimensions, de leur réglementation ou de leur « efficacité » supposée. Le colloque privilégie un angle d’attaque social et politique des dispositifs de protection au regard de leur acceptation et des conflits qui s’y déploient, ou qu’ils suscitent, et les méthodes utilisées par les chercheurs pour analyser et comprendre ces phénomènes. La problématique principale s’articulera sur la prise en compte des contextes ou événements conflictuels dans la politique de gestion des espaces protégés, visant à assurer de meilleures conditions d’acceptation sociale et de fonctionnement.

Annonce

Colloque international
16-17-18 septembre 2009
Université de Savoie, Chambéry

Les approches suivantes (non exhaustives) seront proposées :

1. Formes, finalités et limites des dispositifs de protection

Cette session propose d’interroger la pertinence des dispositifs utilisés par les acteurs de la protection de l’environnement. Si les difficultés rencontrées par les espaces protégés ont fait l’objet de recherches approfondies et ne sont plus aussi tues qu’elles ont pu l’être, il demeure une certaine forme de silence quant à leur enchaînement et aux mécanismes expliquant les blocages récurrents. Parmi les pistes envisagées, les configurations spatiales et structurelles des espaces protégés (dimensions, superficies, formes : des sites éclatés en passant par les corridors biologiques jusqu’aux Aires Protégées Transfrontalières et Peace Parks), mais aussi organisationnelles (réglementaire, contractuel…) seront abordées. Une approche critique de la catégorisation des espaces protégés par l’UICN (1994), à partir d’exemples concrets, semble pertinente. Les notions de protection, de préservation, de conservation, de sanctuarisation font débat et méritent d’être interpellées, appliquées à des territoires et remises en perspective. Comme l’ont déjà interrogé certains auteurs anglo-saxons, les espaces protégés à fonction réglementaire sont-ils les meilleurs moyens aujourd’hui d’assurer la protection de l’environnement ? Leur multiplication, leur extension ne sont-elles pas aussi révélatrices d’une forme de vacuité ? Le suivi de l’évolution des milieux protégés via des techniques comme la géomatique (image satellite, photographie aérienne, SIG…) permet désormais d’évaluer précisément l’efficacité des politiques publiques. A titre comparatif et d’illustration, les dispositifs de protection des patrimoines urbains, industriels pourront être retenus par le comité scientifique, s’ils permettent d’éclairer les cloisonnements ou les porosités établies avec les patrimoines des espaces protégés.

2. Echelles de temps et d’espace dans le gain de l’acceptation sociale des espaces protégés

Les niveaux de décision de création et de soutien des espaces protégés, leurs modalités d’application sont multiscalaires : international (conférences mondiales comme les Congrès mondiaux sur les Parcs organisés par l’UICN ou conventions internationales de l’UNESCO ou de l’ONU), national, régional (équivalent des Parcs Naturels Régionaux français), local. Les temporalités des créations de ces territoires de la conservation, leur refonte et leur re-délimitation (via des chartes, des conventions, des redécoupages résultant de compromis territoriaux…), leur mise en réseau (corridors biologiques et autres passerelles) expliquent les mutations incessantes qu’ils subissent et les tensions récurrentes qu’elles suscitent. Quelle place pour l’éducation à l’environnement dans le processus d’acceptation progressive des espaces protégés ? Le tourisme (« écotourisme », tourisme « vert » ou « de nature »), considéré parfois comme fauteur de troubles, ne participe pas toujours de leur reconnaissance progressive.

3. Les effets structurants et déstructurants des conflits sur les espaces protégés

Les apports des épisodes ou des contextes conflictuels à la concertation des acteurs sont largement démontrés. Il convient néanmoins d’observer comment ceux-ci participent au processus de regroupement des acteurs autour d’un territoire commun, mais souvent avec des finalités diverses. S’ils appellent à l’échange, s’ils poussent à la réflexion commune sur des solutions et sur des projets, les conflits demeurent néanmoins, ponctuellement ou comme « bruits de fond », des éléments de blocage. L’instrumentalisation politique des aires protégées dépasse largement la gestion de la biodiversité, ces dernières faisant office de territoires de développement, mais aussi d’outils électoralistes.

Les relations entre les populations locales, peuples autochtones et originaries, les touristes et les populations exogènes, le déclenchement et la résolution des conflits que cela implique parfois devront être évalués. L’imbrication des niveaux d’intervention et les jeux d’acteurs au sein d’un collectif (ONG, experts, usagers divers, médiateurs…) sont aussi au cœur des perspectives de recherche. La circulation et la confrontation des savoirs profanes et scientifiques, leur hiérarchisation dans les politiques de gestion s’avèrent aujourd’hui au cœur des débats.

4. Gouvernance et gestion participative des espaces protégés : leurre ou objectif généralisable ?

Comment gérer un espace protégé ? Avec qui et pour qui ? Avec quelle hiérarchie d’objectifs ? A l’écart des hommes ou avec les habitants ? Dans cette perspective, les appels à la co-gestion ou gestion participative (coopérative, collaborative ou conjointe selon les terminologies anglo-saxonnes) ne sont-ils qu’illusion ? Cette session soulève aussi la question du peuplement, des usages (chasse, pêche, cueillette, agriculture…) et des représentations contradictoires du territoire, non pas contre l’aire protégée, mais comme une composante majeure de celle-ci. Cela interroge également les notions de « nature remarquable » et de « nature ordinaire » ; cette dernière peut-elle remettre en cause le statut d’espace protégé ? La caractérisation des ressources, leur statut juridique, la réglementation en vigueur dans les espaces protégés et autour d’eux sont autant de freins ou d’incitations à une gestion concertée.

Calendrier pré-colloque

Date limite d’envoi des résumés de communication (un titre, 5 mots-clés, résumé de 2500-3000 signes)

  • 15 janvier 2009

Réponse du comité scientifique

  • 15 mars 2009

Envoi d’un texte de deux pages (+ une figure) selon les normes de présentation demandées
Inscription au colloque et règlement de l’inscription

  • 30 mai 2009

Les textes retenus par le comité scientifique à l’issue du colloque seront rassemblés dans une publication.

Ils seront attendus pour le 30 octobre 2009.

Les actes seront publiés courant 2010.

Comité d’organisation :

  • DUVAL Mélanie, CR - CNRS UMR 5204
  • GAUCHON Christophe, MCF Université de Savoie - CNRS UMR 5204
  • HERITIER Stéphane, MCF Université de Saint-Etienne, membre associé - CNRS UMR 5204
  • LASLAZ Lionel, MCF Université de Savoie - CNRS UMR 5204

Lieux

  • Présidence de l'Université de Savoie
    Chambéry, France

Dates

  • jeudi 15 janvier 2009

Mots-clés

  • espaces protégés, acceptation sociale, conflits, protection de l'environnement, acteurs, gestion participative

Contacts

  • Lionel LASLAZ
    courriel : lionel [dot] laslaz [at] univ-savoie [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Lionel LASLAZ
    courriel : lionel [dot] laslaz [at] univ-savoie [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Espaces protégés, acceptation sociale et conflits environnementaux », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 25 novembre 2008, http://calenda.org/196059