AccueilVaucanson et la musique

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Publié le mardi 28 juillet 2009 par Marie Pellen

Résumé

Vaucanson conçut en toute perfection le flûteur automate qui devait assurer sa gloire dans l’Europe entière. Encore fallait-il qu’il eût, pour relever pareil défi, le goût et la connaissance de la musique de son temps. Qu’il saisît toutes les nuances de l’instrumentation et de la composition musicales. Qu’enfin, en dépit des théories encore erronées qui entouraient les lois du son, il sût résoudre les problèmes acoustiques dont dépendait son grand projet.

Annonce

Depuis l’Harmonie universelle de Marin Mersenne (1636), la “musicologie” naissante s’appliquait à tisser des liens entre physique, métaphysique, musique et acoustique. Par ses expériences sur la vibration du sable dans des tubes, Joseph Sauveur mit en évidence des phénomènes qui renforçaient les hypothèses hasardeuses de Mersenne. Dans le premier tiers du XVIIIe siècle, on croyait encore à la théorie de la génération du son par le tremblement des corps fixes. Et c’est sur ce postulat que se fonda Vaucanson en élaborant son Flûteur automate.
En ouverture de ce colloque, Patrice Bailhache, auteur d’Une histoire de l’acoustique musicale, mettra en perspective l’acoustique musicale au temps de Vaucanson, éclairant ainsi le contexte dans lequel le mécanicien mit au point son automate.
À l’époque où Vaucanson fréquente les salons du financier Le Riche de La Popelinière et travaille à ses automates, Rameau commence seulement à écrire ses vastes compositions pour la scène. Mais il a déjà publié plusieurs traités qui font de lui un grand théoricien de la musique. Vaucanson a l’occasion d’approcher l’héritier spirituel de Mersenne. Il est séduit par les théories de son Nouveau Système de musique théorique (1726), où Rameau développe le principe de la résonance du corps sonore dans l’air comme l’origine des “consonances” qui déterminent l’harmonie ; propos qui sera repris par le mécanicien dans sa brochure de 1738.
Les originalités et les innovations du Rameau théoricien ; tels sont les thèmes qu’abordera  l’exposé de Raphaëlle Legrand, professeure de musicologie à l’Université de Paris IV-Sorbonne.
L’après-midi débutera par une communication de Bernard Pin, horloger et historien, qui évoquera les aspects techniques d’un automate musical, à travers l’exemple du Flûteur.
Capable d’exécuter douze airs différents, le Flûteur constituait la synthèse des connaissances de Vaucanson en matière de mécanique, d’anatomie et d’acoustique. Cet exposé consacrera un large développement au rôle capital du cylindre programmé dans le fonctionnement de l’automate évoqué. Il insistera sur l’histoire de la tonotechnie (notation des cylindres pour la musique mécanique).
La journée s’achèvera sur une conférence de Bertrand Porot. Claveciniste, musicologue, maître de conférences en histoire de la musique baroque à l’Université de Reims, M. Porot nous contera Les Musiciens et Vaucanson.
Vaucanson était sensible à l’art musical. Il entretint une vive amitié avec trois grands violonistes de son temps : Jean Marie Leclair, Jean Joseph Casanea de Mondonville et Jean Pierre Guignon. Cet exposé fournira un tableau vivant et savant des musiciens qui inspirèrent Vaucanson ou qu’il fréquenta...
Ainsi, par leur originalité et leur complémentarité, les quatre communications de ce colloque permettront de révéler un aspect jusqu’alors peu étudié de l’activité et des goûts de Vaucanson.

7 avril 2009

Matin

9 h 30 - 9 h 45
Serge Chambaud, Alain Mercier (Musée des arts et métiers)
OUVERTURE. Présentation générale de la journée. Mise en situation de la problématique

9 h 45 - 10 h 45
Patrice Bailhache (Université de Nantes)
L’acoustique musicale, au temps de Vaucanson

L’Harmonie universelle de Marin Mersenne (1636) instaure des relations nouvelles et complexes entre physique, métaphysique, musique et acoustique. On croit alors à la théorie de la génération du son par le tremblement des corps fixes. Par ses expériences sur la vibration du sable dans des tubes, Joseph Sauveur met en évidence des phénomènes qui ne font que renforcer les hypothèses de Mersenne.
Et c’est pourtant sur ce postulat erroné que se fonde Vaucanson quand il travaille à la conception de son Flûteur. Les travaux révolutionnaires d’Euler sur les sons n’interviendront qu’en 1739...

10 h 45 - 11 h 00
Débat sur la première intervention.

11 h 00 - 12 h 00
Raphaëlle Legrand (professeure de musicologie à l’Université de Paris IV-Sorbonne)
Rameau théoricien

À l’époque où Vaucanson fréquente les salons du financier Le Riche de La Popelinière et où il s’occupe de ses automates, Rameau a donné plusieurs motets d’importance, des cantates et des pièces pour clavecin, mais il commence seulement à écrire les premières de ses grandes compositions pour la scène : Hippolyte et Aricie (1733) et surtout Les Indes galantes (1735). Si sa gloire est encore nouvelle dans le Parnasse musical, il a déjà publié plusieurs traités qui font alors de lui un grand théoricien de la musique : Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels (1722), Méthode de mécanique des doigts, qui tient lieu d’introduction au Deuxième Livre de pièces pour clavecin (1724) et Nouveau Sytème de musique théorique (1726).
Vaucanson a donc l’occasion d’approcher l’héritier spirituel du père Mersenne et ne peut qu’être séduit par les théories de son Nouveau Système. Dans le sillage de Mersenne et de Sauveur, Rameau y développe en effet le principe de la résonance du corps sonore dans l’air comme l’origine des “consonances” qui déterminent l’harmonie ; propos qui sera repris par le mécanicien dans sa brochure de 1738.
Cet exposé, complémentaire au précédent, s’attachera à montrer les originalités et les innovations du “Rameau théoricien”.

12 h 00 - 12 h 15
Débat sur la deuxième intervention.

Après-midi

14 h 00 - 15 h 00
Bernard Pin (horloger, historien et spécialiste de Vaucanson)
Vaucanson et son Flûteur : aspects techniques d’un automate musical

Le Flûteur était capable d’exécuter douze airs différents. Dans ses Observations sur les écrits modernes, l’abbé Desfontaines décrit ainsi l’automate : “C’est un faune assis sur un rocher, qui joue de la flûte traversière, et qui exécute, avec autant de force et d’élégance que de justesse et de précision, plusieurs airs de symphonie, dont quelques-uns sont assez difficiles, tels que le Rossignol de Blavet dont ce faune a été le disciple.”
Le Flûteur constitue la synthèse heureuse des connaissances de Vaucanson en matière de mécanique, d’anatomie et d’acoustique.
Sur le plan mécanique, la conception de cet automate combine, de façon complexe et ingénieuse, divers principes élémentaires : chaînes, leviers, ressorts, poulies, soupapes, vilebrequins...
Mais cette communication consacrera surtout un vaste développement au rôle capital du cylindre programmé dans le fonctionnement de l’automate évoqué. Elle s’attardera par ailleurs sur la tradition et l’histoire de la tonotechnie (notation des cylindres pour la musique mécanique), depuis le procédé dit « de l’échelle », consigné par Salomon de Caus dans La Raison des forces mouvantes, en 1615, jusqu’au traité théorique du père Marie Dominique Joseph Engramelle (1727-1805), La Tonotechnie ou l’art de noter les cylindres et tout ce qui est susceptible de notage dans les instruments de concert méchanique, ouvrage paru en 1775 et sur le frontispice duquel est justement représenté, de façon grossière et stylisée, le Flûteur de Vaucanson.

15 h 00 - 15 h 15
Débat sur la troisième intervention.

15 h 15 - 16 h 15
Bertrand Porot (claveciniste, musicologue, maître de conférences en histoire de la musique baroque à l’Université de Reims)
Les Musiciens et Vaucanson : Mondonville, Guignon, Leclair et les autres...

Vaucanson était particulièrement sensible à l’art musical. Il entretint notamment une vive amitié avec trois grands violonistes de son temps : Jean Marie Leclair (1697-1764), Jean Joseph Casanea de Mondonville (1711-1772) et Jean Pierre Guignon (1702-1774).
De fameux compositeurs, dont par exemple Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755) ou Michel de La Barre (1675 ?-1745), donnent à cette époque une opulente contribution au répertoire de la flûte traversière.
On ignore si Vaucanson pratiquait lui-même cet instrument. Il a pu, dans l’élaboration de son Flûteur automate, s’inspirer du traité fondamental de Jacques Martin Hotteterre le Romain (1673-1763), paru en 1707 sur l’exercice de la flûte traversière. Cet exposé s’attachera à fournir un tableau vivant et savant des musiciens qui inspirèrent Vaucanson ou tissèrent avec lui des liens d’amitié et de sympathie.

16 h 15 - 16 h 30
Débat sur la quatrième intervention.

16 h 30 - 17 h 00
Discussion générale.

17 h - 17 h 15
Serge Chambaud, Alain Mercier (Musée des arts et métiers)
Bilans et conclusions

Catégories

Lieux

  • Conservatoire national des arts te métiers amphithéâtre Abbé Grégoire, 292 rue Saint-Martin
    Paris, France

Dates

  • mardi 07 avril 2009

Mots-clés

  • Vaucanson

Contacts

  • Elsa Camille Pascuito
    courriel : presse [at] vaucanson2009 [dot] fr
  • Alain Mercier
    courriel : alain [dot] mercier [at] cnam [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Alain Mercier
    courriel : alain [dot] mercier [at] cnam [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Vaucanson et la musique », Colloque, Calenda, Publié le mardi 28 juillet 2009, http://calenda.org/196067