AccueilCarrières et mondes sociaux. Comment penser sociologiquement les cheminements individuels ?

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Publié le vendredi 28 novembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Le séminaire du Laboratoire Printemps s’inscrit dans le cadre général du schéma d’analyse définissant son programme scientifique, qui organise la circulation entre le pôle des biographies et celui des institutions à travers des processus multiples de socialisation et de différenciation. Il construit sa problématique autour de la question de l’articulation entre itinéraires individuels et contraintes institutionnelles. La notion de « carrière » est mobilisée comme point d’entrée dans la discussion. L’approche par les carrières (au sens interactionniste) offre l’avantage d’articuler différents niveaux d'analyse, entre les échelles macro, méso et micro. La réflexion peut être poussée jusqu’à l’analyse des limites de la valeur explicative des approches sociologiques face aux parcours individuels.

Annonce

Le séminaire du laboratoire s’inscrit dans le cadre général du schéma d’analyse organisant la circulation entre le pôle des biographies et celui des institutions à travers des processus multiples de socialisation et de différenciation. Il construit sa problématique autour de la question de l’articulation entre itinéraires individuels et contraintes institutionnelles.

La notion de « carrière », inscrite au cœur de notre projet scientifique, sera mobilisée comme point d’entrée dans la discussion. L’approche par les carrières (au sens interactionniste) offre l’avantage d’articuler différents niveaux d'analyse, la carrière pouvant être considérée comme une sorte de passeur entre les échelles macro, méso et micro. L'étude des carrières permet ainsi à la fois de dessiner les contours des mondes sociaux dans lesquelles elles se déroulent (cf. Strauss), de penser simultanément les parcours individuels et les parcours organisationnels et de saisir les dynamiques sociales au niveau le plus micro. Elle peut être poussée jusqu’à l’analyse des limites de la valeur explicative des approches sociologiques face aux parcours individuels.

Il ne s’agit donc aucunement de tenir la notion de carrière pour un acquis incontesté, mais au contraire d’en éprouver la pertinence. Moins que d’une réflexion sur les carrières, il s’agit d’une démarche initiée à partir de la notion de carrière. Carrière professionnelle, carrière militante, carrière sociale ; carrière individuelle ou familiale ; dans quel cas préférera-t-on parler plutôt de destins ou de parcours pour désigner les trajectoires biographiques ? Quels en sont les présupposés et les angles aveugles ? Comment d’autres disciplines des sciences sociales (l’histoire, la démographie, l’anthropologie) en rendent-elles compte ? Au delà des décalages entre sens commun et conceptualisation sociologique, ce sont aussi les conditions et les enjeux de cette conceptualisation qu’il faudra examiner.

Le questionnement, volontairement ouvert au départ, sera approfondi et resserré au cours du séminaire. Si le retour aux interrogations fondamentales est envisagé, il ne s’agit en aucun cas de visée spéculative. L’effort de conceptualisation s’appuiera sur des questions de recherche nées de travaux effectifs, avec des matériaux empiriques dont le contexte et la méthode devront être explicités. Il sera tantôt fait appel aux recherches menées au sein du laboratoire – par ses membres actuels ou par des prédécesseurs dont il s’agit de recueillir et renouveler l’héritage – tantôt par des collègues extérieurs dont les travaux nous paraissent propres à stimuler notre réflexion.

Coordination et contact :

Calendrier

Le premier vendredi de chaque mois, de 9h30 à 12h30

Lieu : Bâtiment d’Alembert, salle Salle B112

Vendredi 5 décembre
D. Demazière, CNRS, Laboratoire Printemps

L'énigme biographique: perspectives analytiques sur les parcours professionnels.

Dans sa présentation, DD abordera la question de l'analyse des parcours professionnels, autour du passage d'un modèle centré sur les tables de mobilité vers un modèle d'analyse biographique, en essayant de montrer que celui-ci, malheureusement, est de plus en plus éclaté, et apparaît de moins en moins comme un modèle. L’exposé s’appuiera sur des travaux faits dans le laboratoire en les situant dans la conjoncture du début des années 1990, et en dressant le tableau des problèmes qui se posent aujourd'hui aux approches biographiques.

Vendredi 9 janvier
Jean Saglio, CNRS, Pacte, Grenoble

La diversité des normes de carrières salariales

Les carrières salariales sont régulées par des normes, lesquelles relèvent des systèmes de régulation des conditions de travail et d'emploi : statuts dans les fonctions publiques et conventions collectives dans le privé. Un examen de ces normes permet d'esquisser les diverses conceptions de la relation salariale qui régissent les relations d'emploi en France. Même peu élaborée, cette première analyse permet de conforter l'hypothèse de l'hétérogénéité des normes de relations salariales en France ainsi que celle de leur probable stabilité.

Vendredi 6 février
Sophie Pochic, CNRS, CMH/EHESS, et Cécile Guillaume, CNRS, CLERSE, Lille I

La fabrication des dirigeant-e-s en entreprise : entre reproduction sociale et contingences organisationnelles

Comment les grandes entreprises sélectionnent et préparent leurs dirigeants à exercer leurs fonctions ? Quels sont les acteurs, les normes et les espaces de détection du « potentiel » ? Quelles sont les épreuves à passer et les atouts à posséder pour atteindre les plus hauts niveaux de pouvoir ? Pourquoi le plafond de verre résiste-t-il autant malgré la réussite scolaire des femmes et les politiques volontaristes d’égalité professionnelle ? Inspirées par les travaux des sociologues anglo-saxons sur les « organizational careers » et sur le croisement entre genre et organisation, nous avons réalisé une monographie d’une grande entreprise française confrontée à de nombreuses évolutions (internationalisation, privatisation, fusion). L’originalité de cette enquête réside dans son accès privilégié aux « carrières » des cadres supérieurs rarement étudiées de près, une comparaison systématique hommes/femmes, mais surtout par le croisement de méthodologies (plus de 100 récits de carrière, croisés avec une base de données longitudinales sur les parcours de l’ensemble du personnel).

Vendredi 6 mars
Michel Grossetti, LISST-CERS, Université de Toulouse Le Mirail

L'imprévisibilité dans les parcours sociaux

S'intéresser à des ruptures, des changements soudains, c'est en partie revenir sur de vieux tabous de la sociologie et plus généralement des sciences sociales : la contingence, l'événement, l'imprévisible. Une solution possible réside dans la définition précise de ce qui est considéré comme imprévisible et dans la prise en compte de différents niveaux de temporalité, à condition d'accepter l'idée que les temps « courts » peuvent parfois influer sur les temps « longs ». L’exposé visera à proposer les éléments d'un cadre théorique permettant d'analyser des situations sociales comportant une part d’imprévisibilité.

Vendredi 3 avril
Joanna Siméant, Université Paris I/IUF

Décloisonner la sociologie de l’engagement militant. Quelques tendances récentes des travaux français

Il s’agira de présenter un état des lieux critique d’un champ de recherche particulièrement actif depuis vingt ans en France, celui de la sociologie de l’engagement militant. Il revient sur le renouvellement de ce courant sociologique, qui s’est traduit par l’avènement du paradigme interactionniste, attentif à la dimension processuelle de l’engagement et des carrières militantes, et sur la façon dont la notion de rétributions du militantisme a été affinée et revisitée. Après avoir mis en perspective les débats théoriques relatifs à l’apparition, ou non, de « nouvelles formes » de militantisme, voire de « nouveaux militants », l’article souligne deux défis de la recherche aujourd’hui, tous deux relatifs à la question de la division sociale du travail : mieux prendre en compte le lien entre transformations macrosociales et engagement, et mieux prendre en compte le façonnage organisationnel du militantisme

Vendredi 15 mai
Maryse Bresson

L’Etat social à l’épreuve des parcours de vie

Le titre proposé, qui reprend celui d’un Colloque à Liège en septembre 2006, vise à interroger le tournant biographique des politiques sociales, par lequel les individus sont appelés à la fois à exposer leur fragilité et à devenir acteurs de leur vie. On discutera l’hypothèse que, loin d’être une simple adaptation à des parcours de vie et d’emploi individuels désormais incertains, le nouveau modèle contribue à démanteler les parcours socialisés qui existaient.

Vendredi 5 juin
Anne-Catherine Wagner

Carrières internationales : les différents processus de socialisation internationale.

Il s’agira, à partir de la présentation de trajectoires internationales dans des univers sociaux et professionnels variés, au sein des entreprises multinationales, des organisations internationales ou des univers militants et syndicaux, d’interroger le concept de carrière internationale, au sens d’étapes de socialisation successive et de l’intériorisation progressive d’une vision du monde spécifique.

Lieux

  • 47 Bd Vauban, Bâtiment d'Alembert, s. B112
    Guyancourt, France

Dates

  • vendredi 05 décembre 2008
  • vendredi 09 janvier 2009
  • vendredi 06 février 2009
  • vendredi 06 mars 2009
  • vendredi 03 avril 2009
  • vendredi 15 mai 2009
  • vendredi 05 juin 2009

Mots-clés

  • carrières, cheminements, biographies, trajectoires, parcours, mondes sociaux, organisations, temporalités, échelles

Contacts

  • Elisabeth Longuenesse
    courriel : elisabeth [dot] longuenesse [at] uvsq [dot] fr
  • Valérie Boussard
    courriel : financeatwork [at] u-paris10 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Elisabeth Longuenesse
    courriel : elisabeth [dot] longuenesse [at] uvsq [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Carrières et mondes sociaux. Comment penser sociologiquement les cheminements individuels ? », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 28 novembre 2008, http://calenda.org/196092