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Les territoires de l'informel

Espaces et Sociétés n° 141 / 2010

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Publié le vendredi 19 décembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce numéro d’Espaces et sociétés a pour ambition de contribuer à la réflexion notionnelle autour de l’informel. Nous formulons l’hypothèse qu’il est, par ses dynamiques spatiales et territoriales, un acteur important des systèmes urbains que l’on peut aborder à différentes échelles et avec différentes entrées. Trois axes permettent de préciser cet appel à contributions : 1. axe épistémologique ; 2. axe urbain ; 3. axe intra-urbain.

Annonce

Initialement formulée pour le Tiers-monde, la notion d’informel s’est ensuite étendue vers le Nord par des chercheurs issus d’origines disciplinaires variées. Ainsi, l’informel est-il très vite devenu un thème d’étude central dont l’ampleur de la bibliographie consacrée à la notion, à ses histoires et à ses significations rend tout à fait compte. La notion a dès le début été au centre de débats idéologiques qui, ayant le Sud pour terrain d’affrontement, étaient en fait aussi le miroir des débats qui secouaient les sociétés du Nord, et ce jusqu’à nos jours : la réflexion théorique, les diverses interprétations des modèles de développement ainsi que les innombrables questions de méthode dont l’informel fut l’objet méritent à cet égard qu’on leur accorde une certaine attention.

Toutefois, s’intéresser à l’informel dans ce numéro d’Espaces et Sociétés, ce n’est pas tant chercher à revenir ni sur une histoire bien connue, ni sur ses tenants et aboutissants strictement théoriques, que de tenter, muni de ce background, de réfléchir à sa pertinence contemporaine en interrogeant un aspect qui semble fondamental mais qui a finalement été assez peu exploré : ses dimensions spatiales et urbaines.

Nous proposons de structurer ce numéro en trois axes principaux autour desquels doivent pouvoir se positionner les articles soumis.

1. Axe épistémologique :

quels liens entre une monographie précisément contextualisée et la construction d'une notion ? Comment dans ce contexte comprendre la circulation de la notion, en associant à la fois réflexions sur les changements de lieu et réflexions sur les changements d’échelles ? Assiste-t-on à une confluence des regards ? Quelle est la place de la comparaison ?

Si l’informel fut bien conçu, en tant que notion opératoire, pour comprendre le Sud en distinguant ces initiatives entrepreneuriales « par le bas » de celles que l’on rencontre au Nord, depuis les années quatre-vingt il a été mis à contribution pour lire certaines des évolutions du Nord. Les travaux traitaient des évolutions marginales [importance de réseaux Sud-Nord animés par des populations immigrées ; des crypto-économies des marges urbaines ; de la « seconde économie » des pays (ex)socialistes], voire illégales [travail « au noir », contrebande…], puis se rapportaient à une dynamique nouvelle du capitalisme post-fordiste autour de la flexibilité et de la précarité qui pour certains serait en effet assez proche dans son fonctionnement de l’informel. On doit alors s’interroger sur le passage de la notion, du Sud vers le Nord.

Dans ce contexte, il serait utile de s’intéresser particulièrement aux lieux à partir desquels la notion a été construite et à la façon dont elle s’est diffusée plus largement au sein des Suds et au-delà en devenant une notion de plus en plus plurielle et complexe. Des articles pourraient s’interroger sur la signification de l’informel au Nord, et sur sa relation, dans les monographies, discours, représentations…, avec d’autres catégories descriptives et analytiques qui, bien que renvoyant à d’autres phénomènes et à d’autres approches, peuvent lui être souvent associées, comme le travail au noir, l’économie illégale, voire l’économie criminelle et même l’économie solidaire.

2. Axe urbain :

pourquoi l’informel est-il presque toujours considéré comme urbain ? En quoi la taille et la localisation de la ville peuvent-elles être un élément important d’analyse ? Qu’en est-il de l’informel dans les métropoles ?

Quelle est la nature de ce caractère urbain associé à la notion ? Quelles sont les dynamiques des villes qui suscitent le développement de ce type d’activités ? Y a-t-il une différence de nature entre l’informel des villes et celui des métropoles ? Selon qu’il s’agit d’une ville du Sud ou du Nord ? Pourquoi la question d’un informel rural peine tant à être clarifiée ? Cette diversité, d’échelles, de types et de lieux, se traduit-elle par des réactions différentes vis-à-vis de ces activités ?

Enfin ce caractère urbain interroge la diversité des causes qui peuvent expliquer la présence de ces activités en ville.

3. Axe intra-urbain :

quels sont la place et le rôle de l’informel dans la configuration des espaces intra-urbains ? Comment articuler informel et pauvreté, marginalité, précarité, précarisation ? Comment les acteurs de l’informel qui sont aussi des citadins articulent-ils stratégies spatialisées et pratiques de leur ville ?

Les activités informelles jouent dans les villes des rôles importants. Il serait intéressant de pouvoir disposer d’articles qui précisent ce que sont ces rôles : prennent-elles place dans des espaces urbains pré-configurés ? Si non, quelle est leur part dans la configuration des espaces urbains, dans la fabrication de la ville ? Si oui, comment s’insèrent-elles dans ces espaces urbains, comment se les approprient-elles et contribuent-elles à les modifier, les amender ? Quel rôle joue l’informel sur les espaces urbains marqués par leur présence ? Comment parviennent-elles (ou non) à modeler l’espace urbain ? De plus, l’informel est souvent associé à la pauvreté, la marginalité, l’exclusion : qu’en est-il ? Comment appréhender marginalité et exclusion quand, comme en Afrique de l’Ouest, plus des deux tiers des actifs urbains exercent dans l’informel ou comme au Brésil, où structurellement 40 % sont comptabilisés comme étant informels ? En complément, et dans les autres villes où l’informel est minoritaire, comment l’appréhender quand il est associé à l’illégalité et la criminalité ?

À quelles perceptions localisées, territorialisées, intra-urbaines renvoie-t-il ? Finalement cette échelle intra-urbaine est sans doute celle qui permettrait le mieux d’appréhender les usages de l’informel et du formel, à la fois de façon très concrète, par les citadins dans leur vie quotidienne, et dans l’analyse et la construction notionnelle. C’est aussi à cette échelle qu’apparaissent le plus nettement enjeux gestionnaires et politiques.

COORDINATION DU DOSSIER

Jean-Fabien Steck et Christian Azaïs

CALENDRIER

  • 15 avril 2009 : date limite de remise des articles
  • 1er juillet 2009 : informations aux auteurs

ADRESSE POUR LA CORRESPONDANCE

de préférence en version électronique par courriel

ou par voie postale en quatre exemplaires :

Christian Azaïs
IRISES (UMR 7170 CNRS)
Université Paris Dauphine
75 775 Paris Cedex 16

Attention, dorénavant la revue ne demande plus de propositions d’articles mais directement les articles.
Les articles ne dépasseront pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes, mais hors résumés.
Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro.
Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue : http://www.espacesetsocietes.msh-paris.fr

Dates

  • mercredi 15 avril 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • informel, notion, ville, territoire, acteurs

Contacts

  • Jean-Fabien Steck
    courriel : jsteck [at] u-paris10 [dot] fr
  • Christian Azaïs
    courriel : Christian [dot] Azais [at] dauphine [dot] fr
  • Joëlle Jacquin (secrétaire de rédaction d'Espaces et Sociétés) ~
    courriel : espacesetsocietes [at] msh-paris [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Joëlle Jacquin
    courriel : espacesetsocietes [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les territoires de l'informel », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 19 décembre 2008, http://calenda.org/196219