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Religion et opposition politique en Afrique

Appel à contributions de la revue Civilisations, 59 (1)

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Publié le mercredi 24 décembre 2008 par Delphine Cavallo

Résumé

Ce numéro thématique portera spécifiquement sur l’articulation entre les croyances religieuses ou coutumières et les formes d'opposition politiques dans l'Afrique contemporaine. Pour cela, l’approche privilégiée sera celle d’une anthropologie par le bas. Celle-ci ne sera pas nécessairement non institutionnaliste mais se centrera plutôt sur l’incidence des modes d’actions populaires sur l’État et les institutions. Les articles pourront aborder un ou plusieurs pays, adopter divers angles (historique, anthropologique, sociologique) et se consacrer aux différents secteurs de la vie sociale dans lesquels on peut repérer l’articulation entre croyances (religieuses ou coutumières) et politique.

Annonce

A paraître au printemps 2010

 

 

 

Numéro coordonné par Géraldine André (FUCAM) et Mathieu Hilgers (FNRS/UCL)

 

 

Pendant les années 1990, sous la pression des conférences nationales souveraines, des mouvements de contestations populaires, des injonctions des institutions internationales et des bailleurs de fonds, la plupart des pays africains au Sud du Sahara ont connu des aménagements institutionnels qui ont conduit à une décompression des régimes autoritaires et qui devaient, en principe, les mener vers la démocratie. Les terminologies multiples utilisées par les politologues pour décrire ces régimes politiques aujourd’hui symbolisent bien l’état de cette transition : « régime semi-autoritaire » (Ottaway), « régime hybride » (Smith, Diamond, Carothers), « autoritarisme électoral » (Schedler), « démocratie défectueuse » (Collier, Levitsky), « nouvelle autoritarisme » (Diamond, Linz et Lipset, Brooker), « autoritarisme concurrentiel » (Levitsky). La plupart de ces pays semblent gouvernés par des systèmes ambigus qui, tout en affichant un respect des libertés politiques, en organisant des élections, en utilisant une rhétorique et des institutions formellement démocratiques, conservent des traits autoritaires.

Néanmoins, les transformations institutionnelles semblent, en certains endroits, dégager des marges de manœuvre susceptibles de renforcer de manière substantielle cette dynamique de démocratisation formelle. Avec la progression du processus de décentralisation, les collectifs locaux structurés autour de régimes normatifs spécifiques (religieux, coutumiers etc.), nourrissant des intérêts propres et exprimant des revendications, peuvent participer à une politisation du monde commun et renforcer l’incidence des collectivités sur les institutions. De toute évidence, la capacité d’émettre des revendications collectives efficaces n’est pas donnée d’emblée ; elle s’opère à travers un apprentissage et par l’habileté à user du changement de cadre institutionnel qui rend possible leur expression structurée. Dans ce contexte, les organisations qui jouissent d’une autonomie relative vis-à-vis du pouvoir, qui sont organisées et ont une tradition de contestation, sont probablement plus efficientes pour se faire entendre et, dans certains cas, pour renforcer le processus de démocratisation. Certains politologues ont ainsi montré l’importance des mouvements religieux dans le renforcement des institutions démocratiques en Afrique. Ces questions renvoient donc également à la transformation des « modes populaires d’action politique » ou du « politique par le bas » (Bayart, Mbembe et Toulabor), terminologie qui devra être discutée, dans les contextes actuels marqués par l'évolution des modes de gouvernance.

 

Ce numéro thématique portera spécifiquement sur l’articulation entre les croyances et les formes d'opposition politiques. Les croyances religieuses ou coutumières renvoient en effet à des conceptions du monde qui sont toujours déjà politiques. Parallèlement, les institutions et les réseaux fournissent des cadres qui permettent de renforcer la portée des contestations, tandis que les transformations institutionnelles donnent l’occasion à certains groupes de valoriser leur conception de la vie bonne. Il s’agit donc, d’une part, de souligner l’importance historique de ces modes de participations et d’oppositions politiques liés aux pratiques religieuses ou coutumières et, d’autre part, d’établir l’importance de ces modes d’opposition aujourd’hui.

 

Pour cela, l’approche privilégiée sera celle d’une anthropologie par le bas. Celle-ci ne sera pas nécessairement non institutionnaliste mais se centrera plutôt sur l’incidence des modes d’actions populaires sur l’Etat et les institutions. Les articles pourront aborder un ou plusieurs pays, adopter divers angles (historique, anthropologique, sociologique) et se consacrer aux différents secteurs de la vie sociale dans lesquels on peut repérer l’articulation entre croyances (religieuses ou coutumières) et politique.

 

Mots clés : Afrique, politique, croyance, religion, opposition, décentralisation.

 

 

Les propositions d'articles, en anglais ou en français (un titre et un résumé de 250 mots), sont à envoyer avant le 15 février 2009 au secrétariat et à un éditeur de la revue (civilisations@ulb.ac.be et jnoret@ulb.ac.be), ainsi qu’aux coordinateurs du numéro, Géraldine André (andre@fucam.ac.be) et Mathieu Hilgers (hilgers@anso.ucl.ac.be).

 

Civilisations est une revue d’anthropologie à comité de lecture publiée par l'Institut de Sociologie de l'Université libre de Bruxelles. Diffusée sans discontinuité depuis 1951, la revue publie, en français et en anglais, des articles relevant des différents champs de l’anthropologie, sans exclusive régionale ou temporelle. Relancée depuis 2002 avec un nouveau comité éditorial et un nouveau sous-titre (Revue internationale d’anthropologie et de sciences humaines), la revue encourage désormais particulièrement la publication d’articles où les approches de l’anthropologie s’articulent à celles d’autres sciences sociales, révélant ainsi les processus de construction des sociétés.

 

Informations et conseils aux auteurs disponibles sur : http://www.ulb.ac.be/is/revciv.html

La revue sera présente sur le portail revues.org au printemps 2009.

Dates

  • dimanche 15 février 2009

Mots-clés

  • Afrique, politique, croyance, religion, opposition, décentralisation

Contacts

  • Joël Noret
    courriel : jnoret [at] ulb [dot] ac [dot] be

URLS de référence

Source de l'information

  • Joël Noret
    courriel : jnoret [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Religion et opposition politique en Afrique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 24 décembre 2008, http://calenda.org/196236