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Regards croisés sur l'accompagnement

Colloque des doctorants de l'ADSUR, Université de Rouen

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Publié le mardi 06 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Pour la première manifestation scientifique qu’elle organise, l’Association des doctorants en sociologie de l’université de Rouen (ADSUR) propose d’interroger une thématique transversale à de nombreux objets d’étude sociologiques : celle de l’accompagnement. À l’instar des notions d’aide et de suivi en leur temps, l’accompagnement tend à envahir tous les champs de la société et de l'action publique. Aujourd’hui, qu’il s’agisse des politiques éducatives, familiales, sociales, sanitaires, d’emploi et bien d’autres encore, toutes font l’objet de mise en œuvre de ce type de dispositifs.

Annonce

Pour la première manifestation scientifique qu’elle organise, l’Association des Doctorants en Sociologie de l’Université de Rouen (A.D.S.U.R.) propose d’interroger une thématique transversale à de nombreux objets d’étude sociologiques : celle de l’accompagnement.

A l’instar des notions d’aide et de suivi en leur temps, l’accompagnement tend à envahir tous les champs de la société et de l'action publique. Aujourd’hui, qu’il s’agisse des politiques éducatives, familiales, sociales, sanitaires, d’emploi et bien d’autres encore, toutes font l’objet de mise en œuvre de ce type de dispositifs.

Les outils et procédures fleurissent et la notion d’accompagnement a largement intégré les discours des professionnels. Cependant, à ce vocable - tantôt utilisé dans le sens de « soutenir », de « marcher avec » tantôt davantage dans le sens de « diriger » - ne semble pas correspondre un contenu clairement identifié.

Certes, l’accompagnement comme processus de mise en capacité semble toujours s’adresser à des publics considérés, à un moment donné, comme « en situation de vulnérabilité » par rapport à un domaine de leur vie sociale, professionnelle, culturelle, économique. Il implique aussi et nécessairement une relation spécifique et complexe à autrui. Entre l’accompagnant et l’accompagné, se dessinent de nouvelles formes de rapport à l’autre ; chacun pouvant se retrouver en situation de l’un ou de l’autre, l’accompagnant agissant comme interface entre l’individu et l’institution. Bien qu’il existe des injonctions – en termes de coopération, de responsabilisation, d’autonomisation, de mobilité - et des outils communs aux différents champs dans lesquels se développent des dispositifs d’accompagnement, des spécificités propres à chacun de ces champs peuvent, sans doute, être identifiées.

Afin de mieux appréhender cette notion d’accompagnement, dans ses points de convergences, d’une part, et dans les spécificités de chaque champ d’autre part, nous avons souhaité convier les chercheurs et professionnels à réfléchir ensemble à ses diverses acceptions et réalités. Nous souhaitons aborder ce thème à partir des pratiques d'accompagnement qui sont à l’œuvre notamment dans les domaines de la santé, des politiques d'insertion et d’interventions sociales, ou dans la formation et la professionnalisation.

En effet, il s’inscrit dans un contexte sociopolitique marqué par une idéologie néolibérale, axée sur des valeurs d’autonomisation, de responsabilisation et d’individualisation de l’intervention. Ces valeurs entrent en contradiction avec les processus sociaux aboutissant à des situations de vulnérabilité mis en évidence par de nombreux chercheurs. Questionner l’accompagnement nécessite donc d’envisager ces processus dans leur entière complexité tout en se tenant à distance du discours des professionnels.  L’ambition de ce colloque n’est pas de tirer un bilan exhaustif des pratiques d’accompagnement mais, à travers cette notion, de s’interroger sur les problèmes méthodologiques et théoriques liés à un tel objet. 

Nous vous invitons à participer à ce colloque le 3 avril à Rouen. Il se déroulera sous forme d'une séance plénière le matin et d'ateliers thématiques l'après-midi.

Axe 1 - Accompagnement et santé

S'il est un domaine où la notion d'accompagnement arbore sa complexité c'est celui de la santé. L’accompagnement a une vaste résonance en santé et semble omniprésent :

A la base de la relation thérapeutique aujourd’hui, il fait écho à une nouvelle idée du « mieux vivre » la maladie, notamment quand il est associé à des notions comme celle de « projet », décliné sous de multiples formes (de vie, de naissance, de soin, etc.), ce qui a conduit des auteurs comme Gagnon (1998) à parler d’avènement médical du sujet, ou encore Baszanger (2002) à identifier le développement d’une médecine du sujet total.

A l’hôpital autant que dans des pratiques externalisées de médicalisation (hospitalisation à domicile, traitement de maladies chroniques, etc.), les rapports entre l’expérience intime de la maladie et ses critères physiologiques sont bouleversés; des processus d’individualisation de la prise en charge se développent dans le cadre de certaines pathologies, celle du vieillissement (Mallon, 2004) ou du handicap notamment.

Axe 2 - Accompagnement, politiques d'insertion et interventions sociales

L’accompagnement est au cœur des discours des professionnels de l’insertion et de l’intervention sociale. Dans le cadre du passage de l’Etat social à l’Etat social actif (Franssen, 2003), les dispositifs des prises en charge des personnes « vulnérables » ou « en voie de désaffiliation » (Castel, 1995) regorgent de cette volonté d’accompagner l’usager à la réalisation d’un objectif prédéfini conjointement.

Pourtant, qu’en est-il de l’application concrète de ces dispositifs ? L’accompagnement a-t-il une autre réalité pratique que celle d’un suivi ou d’une assistance ? Au vu de l’idéologie néolibérale et des valeurs qu’elle implique, cette notion modifie-t-elle la conception et l’application par ces professionnels du travail sur ou auprès d’autrui (Astier, 2007) ?

De nombreux autres principes, tels la responsabilisation, l’autonomisation, la contractualisation, trouvent une réalité discursive dans les champs de l’insertion et de l’intervention sociale. Comment penser la notion d’accompagnement face à ces nouveaux axes de travail sur ou avec autrui ? Est-il ce qui permet d’activer cette quête de la responsabilisation, ce retour à l’autonomie, ou est-il un moyen de contrôle des usagers quant aux termes du contrat passé avec l’administration ou le service qui les accompagne ?

Axe 3 – Accompagnement, formation et profession

L’accompagnement serait-il une notion à la mode dans les champs de la formation professionnelle, de l’entreprise et des professions ?

Face à l’incertitude croissante du marché du travail, des dispositifs sont mis en place, avec la triple ambition à la fois de remettre l’individu en situation d’employabilité, de sécuriser les parcours professionnels et de favoriser la mobilité des salariés. Ces mesures (V.A.E., bilan de compétences, formation continue...) impliquent le plus souvent la mise en place de procédures d’accompagnement.

Quelles sont les différentes formes d’application de ces nouveaux outils ? Correspondent-ils à des innovations dans le domaine de la professionnalisation ? Que visent-ils concrètement (l’autonomisation du salarié, sa responsabilisation, sa promotion, son épanouissement professionnel, la réduction  des coûts du chômage ?)

De plus, autant l’Etat et les collectivités territoriales que des acteurs privés (entreprises, secteur associatif de la formation) sont partie prenantes et partenaires de ce marché en expansion, au sein duquel apparaissent de nouveaux professionnels de l’accompagnement, comme par exemple des coachs en entreprise. Quels savoirs mobilisent-ils ? Peut-on parler de nouveaux experts ? Comment se construit et sur quoi repose leur légitimité ?

L’objectif de ces axes est d’ouvrir des pistes pour explorer les différentes formes que peut revêtir l’accompagnement afin de questionner cette notion et ses enjeux, qu’il s’agisse de la relation entre professionnel et sujet accompagné, de l’identité professionnelle des accompagnants, voire du travail du sociologue lui-même.

Le comité scientifique

François Aballéa, Bertrand Delaunay, Clotilde Dubray-Vautrin, Ludovic Jamet, Jean-Louis Le Goff, Michalis Lianos, Sophie Maire, Maïa Martin, Arnaud Mias, Armelle Testenoire.

Lieu : Maison de l’Université, Place Emile Blondel, 76821 Mont-Saint-Aignan, Rouen.

Date : Vendredi 3 avril 2009.

Date limite d’envoi des propositions de communication : 15 janvier 2009.

Modalités :

Les chercheurs désirant communiquer lors du colloque devront nous adresser un résumé de leur proposition de communication de 1 page maximum en français mentionnant les 3 mots-clés de leur intervention, leur statut ainsi que leur institution de rattachement et l’envoyer par courriel à l’adresse suivante : asso.adsur@inv.univ-rouen.fr

 Les auteurs sélectionnés seront informés au plus tard le 05 Janvier 2009 et devront rendre le texte définitif de leur communication – de 30.000 signes maximum (espaces inclus) accompagné d’un résumé d’une page - au plus tard pour le 15 février 2009, en vue de la confection des actes sur CD-ROM.

Coordination du colloque

A. D. S. U. R. : asso.adsur@inv.univ-rouen.fr

Contact :

Yamina Bensaâdoune, GRIS
gris@univ-rouen.fr

Lieux

  • Maison de l'Université, Campus de Mont Saint-Aignan
    Rouen, France

Dates

  • jeudi 15 janvier 2009

Fichiers attachés

Contacts

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Regards croisés sur l'accompagnement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 06 janvier 2009, http://calenda.org/196259