AccueilEngager l’anthropologie pour le développement et le changement social : pratiques, discours et éthique

Engager l’anthropologie pour le développement et le changement social : pratiques, discours et éthique

Colloque international de l’Association euro-africaine pour l’anthropologie du changement social et du développement (APAD)

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Publié le mercredi 07 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

La pauvreté et les inégalités croissantes, les tensions ethno-religieuses et les conflits politiques qui se font jour, les risques environnementaux qui vont en s’aggravant, et la fragmentation sociale en augmentation représentent des défis majeurs à l’heure de notre millénaire. Cette situation a conduit à des débats animés dans les domaines de la politique, du développement et de l’économie, alors que la distance relative de la position de l’anthropologie devient problématique et presque gênante. Provenant de la seule discipline qui ait son assise sur la relation intersubjective, un engagement anthropologique dans le changement social pourrait sembler évident. Cependant, engager l’anthropologie dans le développement et le changement social soulève des questions méthodologiques, épistémologiques et éthiques. Les résumés ne devraient pas dépasser 500 mots et seront soumis avant le 1er avril 2009 au secrétariat général de l’APAD au Centre d’études africaines de Leyde à l’adresse courriel suivante : apad@ascleiden.nl

Annonce

Appel à contributions au colloque international de l’Association Euro-Africaine pour l’Anthropologie du Changement Social et du développement (APAD)

A Ouagadougou, Burkina Faso
20-23 janvier 2010

La pauvreté et les inégalités croissantes, les tensions ethno-religieuses et les conflits politiques qui se font jour, les risques environnementaux qui vont en s’aggravant, et la fragmentation sociale en augmentation représentent des défis majeurs à l’heure de notre millénaire. Cette situation a conduit à des débats animés dans les domaines de la  politique, du développement et de l’économie, alors que la distance relative de la position de l’anthropologie devient problématique et presque gênante. Provenant de la seule discipline qui ait son assise sur la relation intersubjective, un engagement anthropologique dans le changement social pourrait sembler évident. Cependant, engager l’anthropologie dans le développement et le changement social soulève des questions méthodologiques, épistémologiques et éthiques.  

Une question cruciale de l’anthropologie demeure l’engagement que le travail de terrain implique. Les recherches sur le terrain fournissent à l’anthropologie sa pénétration ethnographique et ses outils analytiques. Avec le temps, les anthropologues ont fini par tourner leur attention vers le développement comme objet d’étude critique anthropologique. Toutefois, la relation entre anthropologie et développement  reste ambiguë. Les pratiques de conseil, de recherche à court terme sur un problème prédéfini, ont augmenté avec la demande des institutions de développement pour le savoir anthropologique. Cette situation semble avoir creusé le schisme entre une anthropologie orientée de façon théorique, et une anthropologie qui soit davantage appliquée. Les défis majeurs de l’engagement de l’anthropologie sont ceux de reconnecter théorie et application pratique, et de créer un podium pour un dialogue entre une anthropologie orientée de façon théorique, avec une assise empirique, et une anthropologie directement appliquée au développement et au changement social.

Au cours de la décennie passée, deux tendances quelque peu contradictoires ont pu être observées dans la relation entre anthropologie et développement. D’un côté, l’anthropologie s’est trouvée de plus en plus marginalisée dans les débats sur le développement, où la tendance a été de promouvoir des réformes macro-économiques et politiques plutôt que des interventions dans le développement socialement liées à un certain contexte et accordées à la culture ambiante. En une ère d’appui budgétaire et d’approches sectorielles, il s’est révélé ardu pour les anthropologues de trouver de nouvelles voies pour s’engager dans le développement. D’un autre côté, les connaissances et perspectives anthropologiques sont aujourd’hui demandées auprès des agences de développement du fait, par exemple, que les approches orientées sur la pauvreté et les droits nécessitent une analyse et une compréhension socioculturelles. L’implication directe de cet état de choses est qu’aujourd’hui les acteurs saluent au moins du bout des lèvres les vertus des démarches et perspectives anthropologiques.

Prises ensemble, ces deux tendances révèlent qu’en dépit de travaux importants dûs à  des universitaires au sein et hors du réseau de l’APAD, si dans les interventions de développement il peut être fréquemment fait référence aux connaissances et analyses anthropologiques, celles-ci y sont toutefois beaucoup moins intégrées dans la pratique. Et pourtant, à une époque où la frontière entre aide au développement et dépenses publiques est plus vague que jamais, on a grand besoin d’une analyse anthropologique pour comprendre, et, par extension, pour influencer le développement et le changement social. Or, quoique cette idée semble désormais couramment acceptée, aujourd’hui le défi principal est de savoir comment et par quels moyens l’anthropologie peut s’engager dans le développement de manière pratique et concrète, tout en respectant la rigueur scientifique et les conditions méthodologiques requises.

Les questions centrales susceptibles d’être posées par les participants au colloque sont : quelles sont les perspectives pour engager l’anthropologie autour des défis majeurs de la pauvreté, de l’inégalité, de la corruption, de la fragmentation sociale, de la violence et des tensions ethniques ? Comment et quand les anthropologues devraient-ils s’impliquer activement dans les efforts de développement, et les bourbiers politiques ? Quelles sont les responsabilités de l’anthropologie dans l’étude du changement social ? Comment l’anthropologie peut-elle se lancer dans le débat public et la politique du développement ?

L’Association Euro-Africaine pour l’Anthropologie du Changement Social et du Développement (APAD) se voit fortement concernée par le renforcement de la recherche anthropologique sur les questions du développement. Avec les années, les chercheurs ont de plus en plus tourné leur attention d’une stricte focalisation sur le développement vers l’étude de l’espace public, la décentralisation, la gouvernance et la société civile.

Le problème de l’engagement a ré-émergé en tant que débat clé dans l’anthropologie dans sa totalité. Le thème du colloque de 2010 de l’APAD à Ouagadougou au Burkina Faso est  une manière de retourner à  la question de l’engagement de l’anthropologie dans le développement et le changement social.

Le colloque sera organisé autour des axes suivants :

  • L’anthropologie et l’éthique de l’engagement : développement, politique, et changement culturel
  • Définir l’ordre du jour dans la recherche engagée : l’anthropologie sur les services publics, les médias, la démocratisation,  la décentralisation, et le genre
  • La participation au niveau  populaire et l’engagement personnel : les  anthropologues entre le public et le privé
  • Les « récits » du développement : l’intégration de l’anthropologie et de l’histoire
  • Les méthodes anthropologiques dans le développement : ethnographie, participation et  promotion du changement social
  • Les données anthropologiques et les agences de développement : combiner la  recherche et le travail de développement
  • Anthropologie publique : engager l’anthropologie dans le débat politique, l’arène et  les voies d’action politiques

L’APAD est un réseau qui entend promouvoir le dialogue entre  chercheurs africains et européens en sciences sociales, aussi bien qu’avec les agents de développement. Consacrée initialement aux études empiriques des interactions induites par le développement, l’APAD a vu sa démarche évoluer vers une recherche concernée par le changement social sur le continent africain dans son acceptation la plus large.

http://www.association-apad.org/

Information pratique

Les résumés ne devraient pas dépasser 500 mots et seront soumis avant le 1er avril 2009 au secrétariat général de l’APAD au Centre d’Études Africaines de Leyde à l’adresse courriel suivante : apad@ascleiden.nl

La dernière limite pour la réception du texte complet est fixée au 31 octobre 2009. Étant donné que l’APAD ne disposera que d’un soutien financier très limité pour les participants au colloque, il leur est recommandé de trouver par eux-mêmes des moyens financiers pour couvrir les frais de participation.  

Tarifs d’inscription au colloque :

Les tarifs vont être fixés plus tard.

Tous les participants au colloque seront invités à devenir membre de l’APAD. Les frais de cotisation seront réglés auprès du secrétariat général de l’APAD à Leyde.

Montant des cotisations :

  • Pour les membres ayant un salaire mensuel supérieur à 800 € : 39 €
  • Pour les membres ayant un salaire mensuel inférieur à  800 € :  19 €

Les paiements peuvent être effectués par virement bancaire, UNIQUEMENT sur le compte bancaire de l’APAD, no. 48 29 57 352, à l’ordre de ‘Afrika-Studiecentrum (APAD)’, P.O. Box 9555, 2300 RB Leiden,  Pays-Bas. Code BIC : ABNANL2A, code IBAN : NL97ABNA0482957352

Une plus ample information sur le colloque apparaîtra sur le site internet de l’APAD fin janvier 2009.

Lieux

  • Ouagadougou, Burkina Faso

Dates

  • mercredi 01 avril 2009

Mots-clés

  • anthropologie du changement social et du développement, engagement, éthique, morale

Contacts

  • Secrétariat général de l’APAD au Centre d’Études Africaines de Leyde
    courriel : apad [at] ascleiden [dot] nl

URLS de référence

Source de l'information

  • Mathieu Hilgers
    courriel : mhilgers [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Engager l’anthropologie pour le développement et le changement social : pratiques, discours et éthique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 07 janvier 2009, http://calenda.org/196283