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Sociologie des croyances et des religions, de la théorie au terrain

Journée d'étude sur les croyances, jeudi 9 avril 2009 à Strasbourg

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Publié le vendredi 09 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le but de cette journée d'étude est de présenter les approches sociologiques contemporaines qui traitent du phénomène de la croyance, dans une perspective méthodologique, épistémologique et théorique. Les doctorants en sciences humaines sont appelés à participer à cette journée d'étude, en s'inscrivant dans le prolongement des perspectives sociologiques des chercheurs invités, ou au contraire en les critiquant.

Annonce

De la religiosité simmelienne à la théorie rationnelle boudonnienne, s’étend le vaste territoire théorique de la croyance. La frontière poreuse entre la religion et la croyance constitue un champ d’études extrêmement fécond. Les transformations radicales des phénomènes religieux contemporains obligent à repenser les paradigmes dominant de la sociologie des religions dont celui de la sécularisation. Contre une sociologie réifiant le religieux un certain nombre de sociologues développe une approche novatrice de la religion à partir des concepts de croyance et de spiritualité. Cette journée d’étude cherchera donc à présenter, critiquer et mettre en perspective les trois courants sociologiques suivants :

La théorie ethnométhodologique d’Albert Piette s’articule autour de la notion de « mode mineur de la réalité », concept qui insiste sur l’espace d’incertitude présent dans des situations définies comme religieuses. La croyance en une réalité autre n’a pas ici la nécessité englobante et unifiante sur l’individu qu’on a pu lui prêter. Contre une sociologie de l’extraordinaire, contre une sociologie fonctionnaliste à la recherche incessante du symbolique, Piette insiste particulièrement sur le nécessaire pragmatisme que doit emprunter l’étude des rituels religieux.

Dans le prolongement de la théorie actionniste wébérienne approfondie par les travaux de R. Boudon, le sociologue des croyances G. Bronner développe une approche mettant en évidences les « bonnes raisons subjectives » que l’individu a de croire. En mettant en évidence le caractère dynamique des croyances individuelles et collectives, il met en lumière les processus de sélection des idées qui prennent place sur le marché cognitif, ainsi que les biais cognitifs qui influencent nos raisonnements. L’analogie avec la théorie darwinienne de la sélection des espèces lui permet ainsi d’avancer que les croyances collectives évoluent vers des formes performantes, embrassant les pentes naturelles de notre esprit, qui auront dès lors plus de chances de se diffuser, d’être endossées par les acteurs sociaux, et par là de perdurer.

Hubert Knoblauch, élève de Thomas Luckmann s’inscrit dans une perspective phénoménologique. Il approfondit la théorie de la transcendance développée par Thomas Luckmann dans son ouvrage classique Invisible religion. Celle-ci décrit une activité primaire de la conscience, qui est autant la base de l’identité individuelle que de la religiosité. Sa distinction entre petite, moyenne et grande transcendance éclaire ainsi les phénomènes religieux contemporains en rappelant qu’ils se caractérisent par la distance qu’ils instaurent avec le monde de la vie quotidienne. S’appuyant sur ces réflexions Hubert Knoblauch développe le concept de religion populaire né de la dissolution des frontières entre le privé et le public. Redéfinissant les contours du religieux à partir de sa présence dans la communication, il renouvelle l’approche de T. Luckmann.

Ayant en commun une approche non substantive du religieux et de la croyance, les théories développées par ces chercheurs ont des implications concrètes sur l’analyse de la société contemporaine. Ces trois chercheurs ayant confirmé leur participation, cette journée d’étude cherchera à faire le lien entre théories et application sur le terrain en laissant de même la parole à de jeunes chercheurs. L’interaction entre les différents participants permettra une réelle confrontation épistémologique que nous espérerons féconde. Comment appréhender les croyances dans les sociétés contemporaines ? Entre empirie et conceptualisation, les communications chercheront à préciser et à définir le vaste « empire des croyances ». Les jeunes chercheurs/doctorants chercheront à s’inscrire dans un des trois courants décrits ci-dessus ou à se positionner face à ces derniers.

Résumé de la communication (max 4000 signes) à rendre au plus tard pour le 15 février.

A envoyer à clem.vivarelli@free.fr et à michon.bruno@gmail.com. La réponse sera donnée le 28 février 2009.

L’hébergement et les repas seront pris en charge par les organisateurs. En fonction des budgets obtenus, il sera possible de participer aux frais de transport et d’hébergement pour les doctorants qui n’auront pas obtenu de soutien de la part de leur laboratoire d’accueil.

Clémentine VIVARELLI et Bruno MICHON

UMR 7043 « Cultures et Sociétés en Europe », Université Marc Bloch, Strasbourg.

Lieux

  • Maison Interuniversitaire des Sciences de l'Homme d'Alsace, salle de la table ronde : 5, allée du général Rouvillois
    Strasbourg, France

Dates

  • dimanche 15 février 2009

Mots-clés

  • sociologie, croyances, religion, méthodes, théories

Contacts

  • Clémentine Vivarelli
    courriel : clem [dot] vivarelli [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Clémentine Vivarelli
    courriel : clem [dot] vivarelli [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sociologie des croyances et des religions, de la théorie au terrain », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 09 janvier 2009, http://calenda.org/196300