AccueilL’attentat politique : de l’actualité à l’histoire (XVIIIe-XXIe siècle)

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Publié le lundi 12 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Partant du constat de l’actualité de l’attentat politique – qu’on le qualifie ou non de « terroriste » – cette journée voudrait proposer une réflexion sur l’histoire longue de ce type d’événement. Il convient d’interroger les étapes et les rythmes de cette histoire depuis la Révolution française, moment où se forge le terme « terrorisme », mais aussi début d’un mouvement – peu contestable quoique difficile à quantifier – de multiplication des attentats politiques, qui paraît accompagner le développement du régime d’opinion et d’une culture médiatique. Il nous semble également important de revenir sur la définition de l’attentat et sur sa place dans l’éventail des formes de violence subversive ou « révolutionnaire » depuis la Révolution.

Annonce

Journée d’étude organisée par le Centre de recherches en histoire du XIXe siècle et l’Institut d’histoire de la Révolution française, Université Paris I

Partant du constat de l’actualité de l’attentat politique – qu’on le qualifie ou non de " terroriste " – cette journée voudrait proposer une réflexion sur l’histoire longue de ce type d’événement. On voudrait en particulier interroger les étapes et les rythmes de cette histoire depuis la Révolution française, moment où se forge le terme " terrorisme ", mais aussi début d’un mouvement – peu contestable quoique difficile à quantifier – de multiplication des attentats politiques, qui paraît accompagner le développement du régime d’opinion et d’une culture médiatique.

Certes, la définition même de l’attentat, au sens courant ou même au sens juridique, pose de délicats problèmes, qui peuvent être d’ailleurs mis au cœur du questionnement. On peut suggérer qu’il y a attentat politique dès lors qu’il y a une violence au moins symbolique dirigée contre le pouvoir politique ou l’ordre social et destinée à produire un effet politique. L’attentat contemporain est toujours un acte de démonstration, public et souvent spectaculaire, qui se dépasse lui-même en visant, aussi ou surtout, au-delà de sa ou ses victime(s).

C’est pourquoi il nous semble important de revenir d’abord sur la définition de l’attentat et sur sa place dans l’éventail des formes de violence subversive ou " révolutionnaire " depuis la Révolution. Il s’agit notamment de s’interroger sur les limites inférieure et supérieure de l’attentat. A partir de quel(s) point(s) peut-on parler ou ne peut-on plus parler d’attentat ? D’un côté, le pouvoir est soumis à de multiples formes d’atteintes symboliques - injures, menaces, simulacres d’agression ou de meurtre… - qui forment en quelque sorte la toile de fond de la subversion politique. De l’autre, il cristallise les conspirations et les coups de force, il suscite des soulèvements collectifs qui apparaissent indissociables de l’attentat, le " dépassent " d’une certaine manière et se légitiment parfois contre lui. Cette réflexion, à la fois historique et historiographique, sur les registres d’action (ou d’analyse), devrait permettre de mieux comprendre la spécificité de l’événement-attentat, en le replaçant dans une gamme de possibles plus large.

Il convient également de revenir sur la périodisation et les ruptures d’une histoire longue de l’attentat politique. Dans quelle mesure la Révolution française constitue-t-elle un tournant essentiel ? Quelles formes de continuité peut-il au contraire exister entre l’attentat d’Ancien Régime et l’attentat du XIXe siècle ? Faut-il attendre les anarchistes des années 1880 et 1890 pour voir naître l’attentat contemporain, de type " terroriste " ? Mais que faire des assassinats (ou tentatives) politiques plus ciblés qui marquent encore, et même plus que jamais, le XXe siècle ?

Cette journée d’étude souhaite poser les premiers jalons d’une réflexion qui se poursuivra en élargissant le questionnement à l’ensemble des usages heuristiques de l’attentat dans les sciences historiques.

Gilles Malandain (Gerhico, Université de Poitiers), Guillaume Mazeau (IHRF, Université Paris I), Karine Salomé (CRHXIX, Université de Paris)

Matin : L’attentat politique comme modalité d’action subversive

Séance présidée par Pierre Serna (directeur de l’IHRF, Paris I)

9h30 Introduction (Gilles Malandain, Guillaume Mazeau et Karine Salomé)

10h Aurélien Lignereux (Université d’Angers): " Le moment terroriste de la chouannerie : des atteintes à l’ordre public aux attentats contre le Premier Consul "

10h15 Discussion

11h pause.

11h15 Arnaud-Dominique Houte (Université Paris IV) : " Casernes attaquées : la gendarmerie du XIXe siècle est-elle cible d'attentats ? "

11h45 Jean-Noël Tardy (Université Paris-I) : " Fiesco ou Fieschi ? Figures de régicides et de conspirateurs en France. 1830-1858 "

Après-midi : attentat et terrorisme contemporains

Séance présidée par Dominique Kalifa (co-directeur du CRHXIX, Paris I)

14h30 John Merriman (Université de Yale) : " Emile Henry et le Café Terminus à  Paris en 1894: aux origines du terrorisme moderne ".

15h00 Frédéric Monier (Université d’Avignon) : " L’attentat de Marseille (9 octobre 1934) : régicide et terrorisme dans les années trente "

15h30 Isabelle Sommier (Université Paris I): " Attentat et violence "terroriste" "

16h00 Discussion.

Lieux

  • Université Paris I, centre Panthéon, 12 place du Panthéon, salle 216
    Paris, France

Dates

  • samedi 07 février 2009

Mots-clés

  • attentat politique, violence politique, terrorisme, complot

Contacts

  • Karine Salomé
    courriel : salome [dot] karine [at] wanadoo [dot] fr
  • Gilles Malandain
    courriel : Gilles [dot] Malandain [at] ens [dot] fr
  • Guillaume Mazeau
    courriel : mazeau [dot] guillaume [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Karine Salomé
    courriel : salome [dot] karine [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’attentat politique : de l’actualité à l’histoire (XVIIIe-XXIe siècle) », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 12 janvier 2009, http://calenda.org/196311