AccueilLe chercheur, l'intellectuel et l'expert : quelles relations avec le champ politique aujourd'hui ?

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Publié le lundi 12 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

La Journée internationale d'études bolivianistes 2009 voudrait interroger les relations entre le savoir et le pouvoir, plus précisément entre trois figures « savantes » et le champ politique dans la Bolivie d'aujourd'hui. Le couple formé par Evo Morales et Alvaro Garcia Linera renvoie à la dichotomie à bien des égards structurante entre « la gente preparada » et les leaders issus du mouvement paysan indigène. Intellectuel(le)s de gauche, journalistes, expert(e)s ou personnel des ONG, ils (elles) ont en commun de posséder une formation universitaire dans un pays où l'accès à l'éducation supérieure reste un privilège et le taux d'analphabétisme connu pour être l'un des plus haut du continent. Le chercheur, la chercheuse, l'intellectuel(le) et l'expert(e) sont par ailleurs emblématiques d'une division théorique des tâches entre trois rôles distincts quant à leur relation au champ politique : le chercheur(se) se cantonne à produire du savoir dans son champ limité, l'intellectuel(le) s'engage, l'expert(e) conseille. Pourtant, ces distinctions se révèlent en partie illusoires et les passages de l'une à l'autre de ces fonctions sont courantes.

Annonce

La Journée internationale d'études bolivianistes 2009 voudrait interroger les relations entre le savoir et le pouvoir, plus précisément entre  trois figures « savantes » et le champ politique dans la Bolivie d'aujourd'hui. Le couple formé par Evo Morales et Alvaro Garcia Linera renvoie à la dichotomie à bien des égards structurante entre « la gente preparada » et les leaders issus du mouvement paysan indigène. Intellectuel(le)s de gauche, journalistes, expert(e)s ou personnel des ONG, ils (elles) ont en commun de posséder une formation universitaire dans un pays où l'accès à l'éducation supérieure reste un privilège et le taux d'analphabétisme connu pour être l'un des plus haut du continent. Le chercheur, la chercheuse, l'intellectuel(le) et l'expert(e) sont par ailleurs emblématiques d'une division théorique des tâches entre trois rôles distincts quant à leur relation au champ politique : le chercheur(se) se cantonne à produire du savoir dans son champ limité, l'intellectuel(le) s'engage, l'expert(e) conseille. Pourtant, ces distinctions se révèlent en partie illusoires et les passages de l'une à l'autre de ces fonctions sont courantes.

Cette catégorie particulière de personnel est censée apporter un appui « technique » au « processus de changement » souhaité et promu par le gouvernement actuel. Quelles sont, dès lors, les relations entre légitimité technique des expert(e)s ou spécialistes, et légitimité politique d'un gouvernement issu des mouvements sociaux ? Quelles logiques animent le recrutement d’expert(e)s au détriment d’une ascension politique et sociale de dirigeant(e)s des bases partisanes ou sympathisantes ? Comment se justifie un tel recrutement et la participation de ces figures « savantes » au sein du gouvernement actuel ?
Une telle approximation renvoie plus largement à la question du statut du savoir universitaire et du chercheur en sciences sociales dans un contexte politisé. En quoi le degré de politisation conditionne-t-il la production scientifique ? Et symétriquement, en quoi le savoir influe-t-il sur le pouvoir ?

9h30 - Accueil des participants

10h - 12h : 1ère session

Discutant : Raul Barrios (Consultant indépendant, ex-chef de mission à l'Ambassade de Bolivie à Washington)

Aurélien Henry (ESC, Pau)
La construction de la légitimité politique d’Álvaro García Linera

Erwan Sommerer (Post-doc CREDAL)
Álvaro García Linera : un intellectuel au pouvoir ? Trajectoire biographique et idéologique

Thomas Siron (Doctorant EHESS)
« cabeza con cabeza »: la relation intellectuel – leader social comme vecteur de la transformation du champ politique en Bolivie

 

12h00 – 14h00 : Déjeuner au CROUS Mabillon.

14h - 16h : 2ème session

Discutant Yvon Le Bot (Directeur de recherche au CNRS)

Gabriela Zamorano Villareal (Département d'Anthropologie, City University of New York / Musée du quai Branly)
Los comunicadores indígenas como sujetos políticos: El Plan Nacional Indígena Originario de Comunicación Audiovisual en Bolivia

Verushka Alvizuri (Docteure en Etudes sur l'Amérique latine, ATER, Toulouse II) Fausto Reinaga, écriture et réception d'une “littérature engagée”

Paulo Ravecca (PhD candidate, York University, Toronto) & Cécile Casen (Doctorante IHEAL, ATER Clermont I)
Les sciences sociales dans le débat politique bolivien : l'exemple de l'État plurinational

Organisateurs :

Cécile Casen (Doctorante IHEAL, ATER Clermont I) & Claude Le Gouill (Doctorant IHEAL)

Contacts :

cecilecasen@gmail.com ; claudelegouill@yahoo.fr

Lieux

  • Auditorium Maison de l'Amérique latine, 217, bd saint Germain
    Paris, France

Dates

  • vendredi 13 février 2009

Mots-clés

  • Bolivie, gouvernement, élites, mouvements sociaux

Contacts

  • Cécile Casen
    courriel : cecilecasen [at] gmail [dot] com
  • Claude Le Gouill
    courriel : claudelegouill [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Cécile Casen
    courriel : cecilecasen [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le chercheur, l'intellectuel et l'expert : quelles relations avec le champ politique aujourd'hui ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 12 janvier 2009, http://calenda.org/196320