AccueilVers un paradigme de la reliance

Vers un paradigme de la reliance

Univers de croyance en didactique des langues-cultures

*  *  *

Publié le mardi 20 janvier 2009 par Marie Pellen

Résumé

La didactique des langues, à la croisée des avancées en sciences fondamentales et appliquées, des politiques linguistiques et des évolutions technologiques de la société informationnelle, se doit d’envisager de nouveaux paradigmes théoriques en lien avec des environnements d’apprentissage pluriels. Il lui est devenu nécessaire de soumettre un certain nombre de ses notions fondatrices, notamment celles de communication, de représentation, d’action, d’analyse de l’erreur ou encore de mémorisation à une critique éclairée notamment par les découvertes des neurosciences appliquées aux domaines de la linguistique et des sciences cognitives et sociales...

Annonce

A la croisée des avancées en sciences fondamentales et appliquées, des politiques linguistiques et des évolutions technologiques de la société informationnelle, la didactique des langues doit envisager de nouveaux paradigmes théoriques en lien avec des environnements d’apprentissage pluriels. Elle doit soumettre un certain nombre de ses notions fondatrices, notamment celles de communication, de représentation, d’action, d’analyse de l’erreur ou encore de mémorisation à une critique éclairée par les découvertes des neurosciences appliquées en particulier aux domaines de la linguistique et des sciences cognitives et sociales.

La notion de communication s’articule à la problématique de l’action langagière qui se pose au travers des liens entre soi, l’autre et l’environnement. Les apprenants développent des schèmes d’action et des savoirs-en-actes au travers de leurs expériences dans une relation dynamique avec leur environnement. C’est cette relation que nous appellerons la reliance.

 En classe de langue, les interactions langagières qui servent de base à l’enseignement/apprentissage se caractérisent par une asymétrie entre professeurs et élèves, élèves et locuteurs natifs, élèves et documents supports ou élèves entre eux. Les acteurs du scénario didactique ne partagent pas la même histoire, les mêmes connaissances, les mêmes valeurs et ils ont intériorisé des points de vue différents sur le monde et les relations sociales. La langue porte ces valeurs ou selon l'expression d’Antoine Culioli (1984), « les marqueurs linguistiques sont les représentants des représentations » :

  • les notions de spatialisation et de temporalité par exemple renvoient à des perceptions culturellement marquées du temps et de l’espace repérables dans les structures linguistiques ;

  •  l’arrière-plan sémantico-culturel du lexique se nourrit des expériences singulières des réalités sociales et individuelles ;

  • les conventions qui régissent les interactions langagières sont également en lien avec des valeurs qui s’inscrivent dans des réseaux de conventions adossées à des croyances sociales et profondément enracinées dans des 'habitus"culturels.

Ces constats, qui nous sont désormais familiers, rappellent qu’il n’est plus possible d’enseigner un système linguistique comme une entité logique indépendante, dissociée de la culture et des univers de croyance du groupe humain dans lequel la langue médiatise le rapport au réel.

 Définir les univers de croyance

Faire l’expérience de la différence de l’Autre dans sa culture et sa langue c’est confronter son imaginaire sur l’étrangeté de l’étranger à la réalité de la rencontre.  Dans cette confrontation de l’imaginaire et du réel, le symbolique est le vecteur de la reliance. Les univers de croyances sont des espaces imaginaires qui se constituent en systèmes normatifs de valeurs. Ils s’inscrivent dans un identitaire symbolique collectif qui met en jeu le désir d’appartenance et la dimension affective de la relation à l’autre. Ainsi, le terme de croyance rappelle que les processus intellectuels et affectifs sont indissociables ; les sciences cognitives nous permettent de dire aujourd'hui que les émotions, l’empathie ou le sentiment d’efficacité, par exemple, sont des éléments constitutifs de notre vie cognitive et requièrent une reconnaissance  et une prise en compte dans le traitement didactique.

Pour ce qui concerne l’enseignement/apprentissage des systèmes culturels et linguistiques ou l’entraînement des compétences discursives, les univers de croyance constituent non seulement un arrière plan d’intentionalité (Searle) et de connaissances mais également un réseau non figé de valeurs interconnectées. Ce réseau structure la représentation intra et interpersonnelle du monde et régule les actions de chaque individu avec son environnement.

Sans une prise en compte didactique des univers culturels inhérents aux supports et aux situations d’enseignement, les marqueurs linguistiques renvoient, par défaut, aux univers de croyance des apprenants. Ainsi toute méta-opération procède d’une reliance au monde, qui permet l’émergence d’un sens partagé.

Il semble indispensable de développer des situations didactiques qui offrent des espaces communs (affordances) où une prise de conscience des différences peut avoir lieu, et où de nouvelles connaissances et compétences peuvent émerger. C’est aussi à partir et grâce à un espace commun qu’un décentrement des points de vues peut s’opérer. Dans ces circonstances, « la linguistique a un rôle majeur à jouer, dont il serait absurde de priver le futur citoyen qu’est un élève en classe de langue. » (Cain)

Ce colloque s’intéressera au rôle des univers de croyance dans l’enseignement des langues étrangères, notamment :

  • aux conditions et aux contextes de la mise en œuvre d’un apprentissage prenant en compte cette reliance ;

  • aux stratégies d’enseignement et d’apprentissage (mobilité, synergie, inter ou transdisciplinarité, différenciation, autonomisation, conceptualisation, interaction, enaction, etc.) ;

  • à la progression des apprentissages (prise en compte des étapes de la maturité identitaire et socio-affective, des intelligences multiples, des compétences émotionnelles et de l’empathie, etc.).

 Les communications feront état de résultats de recherches appliquée ou expérimentales en didactique des langues ou  proposeront des points de vue théoriques de disciplines pouvant éclairer cette problématique (linguistique, sciences sociales, sciences cognitives ou neurosciences)

http://www.u-cergy.fr/rech/pages/aden/index.htm

  • Propositions à envoyer avant le 20 mars 2009 à j.aden@numericable.com et christiane@hoybel.fr

  • (Titre – résumé d’environ 15 lignes – votre nom, titre, mail, téléphone  et coordonnées de votre établissement de rattachement)

  •  Notification de la décision du comité scientifique le 24 avril 2009

Lieux

  • Université de Cergy-Pontoise 33 bd du Port
    Cergy, France

Dates

  • vendredi 20 mars 2009

Mots-clés

  • didactique, langues, cultures, univers de croyance, reliance

Contacts

  • Joelle Aden
    courriel : Joelle [dot] Aden [at] univ-lemans [dot] fr
  • Chrisiane Hoybel
    courriel : christiane [at] hoybel [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Joelle Aden
    courriel : Joelle [dot] Aden [at] univ-lemans [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Vers un paradigme de la reliance », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 20 janvier 2009, http://calenda.org/196385