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Une bête parmi les hommes : le chien

De la domestication à l'anthropomorphisme

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Publié le mardi 20 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

À l'occasion des troisièmes rencontres « Des bêtes et des hommes », historiens, historiens d'art, littéraires, archéologues et zootechniciens sont invités à aborder l'histoire du plus ancien compagnon de l'homme : le chien. En privilégiant les périodes médiévale et moderne jusqu'au XIXe siècle, nous chercherons à mieux cerner les étapes que le chien a franchi pour entrer dans le cercle intime de la famille, au point d'être parfois devenu un membre à part entière.

Annonce

Troisièmes Rencontres Internationales « Des Bêtes et des Hommes »

Organisées par le Calhiste (EA 4343)
sous la direction scientifique de Corinne Beck et Fabrice Guizard-Duchamp

Lieu : Amphi 150, bâtiment Matisse.
Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis, le Mont Houy, 59313 cedex.

Date : 5-6 novembre 2009.

Vers 12 000 ans BP, des canidés sont devenus les compagnons des hommes. C’est le premier animal domestiqué de l’histoire de l’humanité. Cette aventure partagée est si précoce que, contre toute attente, l’histoire du chien n’a guère retenu l’attention des historiens. Robert Delort y consacre en 1984 une courte monographie dans Les animaux ont une histoire . Et ces vingt-cinq dernières années n’ont guère comblé cette lacune historiographique. Certes, les origines du chien tout comme à l’autre bout de la chaîne, la filiation des races ont suscité de nombreux travaux de la part d’archéozoologues, d’anthropologues ou encore de généticiens, comme en témoignent entre autres les dernières journées d’étude consacrées en 2005 et 2006 par la Société d’Ethnozootechnie à cet animal .Cependant, comme le suggère Éric Baratay dans un chapitre de son livre Et l’homme créa l’animal sous le titre emprunté à Raymond Devos, « Mon chien, c’est quelqu’un ! ».

Personnage historique de premier ordre, le chien mérite que l’on considère son histoire autrement qu’à travers les historiettes des fidèles compagnons des grands personnages de l’Histoire. Le canis familiaris est l’espèce animale par excellence, liée à l’homme : aucun autre animal n’a été soumis par l’homme à autant d’utilisations diverses et nombreuses ; aucun autre animal ne s’est vu imposer par l’homme des transformations morphologiques aussi importantes (du dogue au bichon) en vue de l’adapter aux fonctions demandées. Bien loin du chat, cet indépendant opportuniste , ou du cheval, laissé hors de la maison, malgré toute la passion qu’il peut susciter.
C’est donc une longue histoire que celle des hommes et de leurs chiens.

Ces troisièmes rencontres du cycle « Des bêtes et des hommes » rassembleront tous ceux (historiens, archéologues, historiens d’art, littéraires ou zootechniciens) qui travaillent sur les deux derniers millénaires et plus précisément sur les périodes médiévale et moderne, une époque moderne que nous étendons jusqu’au milieu du XIXe siècle, avant l’émergence de la cynophilie moderne. Ce « temps historique », mal exploré, doit permettre de confronter la documentation archéozoologique, abondante en informations zootechniques, la documentation écrite, qui témoigne d’abord du regard des hommes sur leur animal, ainsi que les représentations littéraires et artistiques.

On privilégiera des thèmes suivants, en réservant une place essentielle à l’espace européen :
-un chien, des chiens : si l’ancêtre commun est le loup, l’espèce canis familiaris connaît une arborescence aujourd’hui complexe et variée et le nombre de races ne cesse d’augmenter si bien que des possibilités d’en réduire le nombre sont envisagées. Grâce aux multiples foyers de domestication, il existait des variétés de base qui ont pu rapidement se croiser au gré des migrations humaines (notamment au cours des premières siècles médiévaux à l’échelle de l’Europe) , des grandes découvertes de la fin du Moyen Âge et du début des Temps Modernes (à l’échelle mondiale) . À quel moment, à quel rythme, selon quelles motivations (cynégétique, défense, guerre, compagnie…) ou quelles aventures génétiques (croisement d’espèces dans des aires multiculturelles, cadeaux d’ambassade faisant souche…) apparaissent les différentes races ? Y a-t-il eu, comme pour d’autres animaux, un goût pour des chiens « exotiques » ? Quel est le rythme de ces modes ? En somme quel est le rôle de ces siècles dans le processus de raciation ?

- À quoi sert le chien ? Sa spécialisation est de plus en plus poussée : aux fonctions utilitaires s’est ajoutée la recherche esthétique. De l’animal de ferme à l’animal de compagnie, la diversité des utilisations du chien dans le temps, dans l’espace et dans le corps social est telle qu’elle nécessite une analyse attentive de ces fonctions en lien ou à la suite d’autres évolutions techniques et/ou culturelles, en lien avec des espaces (campagne, montagne ou ville), des milieux sociaux, le statut (noble, clerc, roturier…) et le sexe de son propriétaire. Comment est éventuellement perçue cette utilité dans les documents didactiques, chez les encyclopédistes médiévaux ou modernes, chez les physiocrates du XVIIIe siècle ? Et au delà, quels peuvent être les discours savants ou littéraires sur la relation entre l’homme et le chien ?
On aura garde d’oublier l’ambivalence du statut du chien en rapport avec ses comportements alimentaires et sexuels et la diversité de ses fonctions. De protecteur des maisons et des troupeaux, le chien peut devenir prédateur et dangereux par ses errances et divagations, se rapprochant alors de l’autre grande figure de la prédation, le loup.

- Il a fallu que le chien franchisse tous les cercles de l’anthropisation. Apprivoisé, domestiqué, familier : trois étapes qui ont permis au chien d’entrer dans les cours des exploitations rurales, puis dans les maisons, avant de finir sur le lit de leur maître. Ce troisième axe portera donc sur l’évolution du « confort de vie » des chiens auprès des hommes : les noms qu’on leur donne (cynonymie comme signe de familiarité et d’affection), les soins qu’on leur apporte (régime alimentaire, art vétérinaire, égards particuliers : manteaux d’agréments, toilettes, niches...)

- Enfin, l’attachement pour son chien s’illustre à travers la littérature et la peinture. L’anthropomorphisme se révèle dans les traits de comportement ou les valeurs morales qu’on lui attribue, dans la manière de le figurer aux côtés de son maître dans les portraits officiels. Le XVIe siècle voit la naissance des portraits d’animaux dont le genre s’épanouit aux XVIIIe et XIXe siècles . Jusqu’où et selon quelles normes l’ « humanisation » du chien va-t-elle ?

Le résumé de votre proposition (200 mots environ) sera accompagné d’un titre provisoire et de vos coordonnées. Il devra nous parvenir au plus tard le 31 mai 2009.

Le séjour des communicants (nuits du mercredi 4 et jeudi 5) est couvert ainsi que leurs repas. Le transport reste à leur charge.

Contact et renseignements :

Lieux

  • Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis, le Mont Houy, 59313 cedex. Amphi 150, bâtiment Matisse
    Valenciennes, France

Dates

  • dimanche 31 mai 2009

Mots-clés

  • chien, histoire, domestication, zootechnie, culture, comportements sociaux

Contacts

  • Corinne Beck
    courriel : cbeck16 [at] wanadoo [dot] fr
  • Fabrice Guizard-Duchamp
    courriel : fabrice [dot] guizard-duchamp [at] orange [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Fabrice Guizard-Duchamp
    courriel : fabrice [dot] guizard-duchamp [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Une bête parmi les hommes : le chien », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 20 janvier 2009, http://calenda.org/196393