Accueil« Pour la suite du monde » : développement durable ou décroissance soutenable ?

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Publié le mercredi 21 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Comment faire face aux graves difficultés environnementales, économiques et sociales qui menacent le modèle de société occidental ? Faut-il viser un « développement durable », en cherchant à concilier croissance économique, progrès social et préservation de l’environnement ? Ou bien est-il préférable de crier « Halte à la croissance! » et de s’engager sur la voie d’une « décroissance soutenable » ? Et selon l’option choisie, comment la mettre en œuvre concrètement ? Telles sont les questions qui seront soumises au débat dans le cadre de ce colloque, qui se déroulera les 18 et 19 mai prochains à HEC Montréal (Québec).

Annonce

La quête de croissance économique dans laquelle nos sociétés sont engagées est indirectement responsable de la dégradation préoccupante de notre environnement. Par ailleurs, force est de constater que la croissance n’est pas nécessairement synonyme de progrès social, comme le prouvent le creusement des inégalités observé en Occident depuis trente ans et la précarisation des conditions de vie d’une frange grandissante de la population des sociétés les plus riches de la planète.

Faut-il alors crier « Halte à la croissance! », comme l’ont fait les membres du Club de Rome dès 1972, et s’engager sur la voie d’une « décroissance soutenable » ? Ou bien, est-il préférable de viser un « développement durable », conciliant croissance économique, progrès social et préservation de l’environnement? Jusqu’où en somme remettre en cause l’impératif de croissance économique? S’agit-il simplement d’effectuer un travail d’ajustement du « modèle de développement » de nos sociétés ou faut-il chercher ni plus ni moins à en sortir ? Et, selon l’option choisie, comment s’y prendre concrètement?

Telles sont les questions essentielles que nous voudrions soumettre au débat dans le cadre de ce colloque, qui se déroulera les 18 et 19 mai prochains à HEC Montréal (Québec). L’appel à communication que nous lançons dans cette perspective s’adresse à toute personne ayant développé une réflexion de fond sur ces questions, quels que soient son activité, son statut et son éventuelle spécialité.

Conférenciers invités

  • Jacques Testart, I.N.S.E.R.M.
  • Claude Villeneuve, UQAC
  • Michel Freitag, UQAM
  • (un 4ème conférencier invité est prévu)

Comité scientifique

Présidence :

  • Yves-Marie Abraham, HEC Montréal
  • Hervé Philippe, Université de Montréal

Membres :

  • Jacques Fortin, HEC Montréal
  • Corinne Gendron, ESG UQAM
  • Alain Gras, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Paul Lanoie, HEC Montréal
  • Serge Latouche, Université Paris Sud 11
  • Philippe Le Prestre, Université Laval
  • Thierry Libaert, IEP-Paris
  • Louis Marion, chercheur indépendant
  • Normand Mousseau, Université de Montréal
  • Pierre-Olivier Pineau, HEC Montréal
  • Emmanuel Raufflet, HEC Montréal
  • Bernard Sinclair-Desgagné, HEC Montréal
  • Andreu Solé, HEC Paris
  • Claude Villeneuve, UQAC

Appel à communication

Que faire « pour la suite du monde », comme disait l’un des personnages du grand film de Pierre Perrault (1963)? Si une majorité d’Occidentaux semble s’accorder à présent pour considérer que l’espèce humaine est menacée à moyen terme par une crise environnementale dont elle est pour l’essentiel responsable, la question des mesures à prendre pour faire face à ce risque majeur est loin d’être tranchée.

Le projet d’un « développement durable » ou « soutenable » a la faveur du plus grand nombre. Formulé au cours des années 1980 et entré officiellement en politique lors du Sommet de Rio en 1992, ce projet repose sur l’idée qu’il est à la fois nécessaire et possible de concilier respect de l’environnement, croissance économique et progrès social. On le sait, la notion de « développement durable » est désormais omniprésente, non seulement dans le débat politique, mais également dans le monde des affaires.

Cependant, peut-on vraiment envisager une croissance économique continue qui n’aggraverait pas la crise environnementale dont nous constatons chaque jour davantage les symptômes? Est-il possible que l’on puisse se développer à l’infini dans un monde fini?

Par ailleurs, l’effort de croissance n’a de sens que dans la mesure où il favorise l’accomplissement de ces deux idéaux fondateurs de l’Occident moderne que sont l’égalité et la liberté individuelle. Or, la création de richesses phénoménales dont nos sociétés sont capables, les progrès scientifiques et techniques qu’elle accomplissent, ne se traduisent pas nécessairement par davantage d’égalité entre les humains, ni davantage de liberté. C’est même le contraire que l’on a maintes fois observé, notamment au cours des trois dernières décennies, que ce soit en Occident ou ailleurs.

Dans ces conditions, ne serait-il pas temps de remettre en question cette course à la croissance et au développement - même « durable » - dans laquelle nos sociétés sont engagées? Plutôt que de « relancer la croissance », comme promettent actuellement de le faire nos dirigeants politiques et économiques, ne vaudrait-il pas mieux profiter de la crise qui s’amorce pour tenter de bâtir un monde reposant sur de tout autres fondements ? Telle est, dans son principe, la voie que préconisent les partisans de la « décroissance soutenable » ou « volontaire ».

Prôner une telle solution ne va évidemment pas de soi. Au moins depuis les Recherches sur la nature et les causes de la richesses de nations (Adam Smith, 1776), les « modernes » considèrent que leur bonheur passe par une amélioration continue de leur bien être matériel. La révolution industrielle repose entièrement sur cette prémisse; une prémisse que partagent «socialistes » et « capitalistes ». Le projet de « décroissance » implique donc une remise en cause fondamentale de notre monde. Mais la situation présente n’exige-t-elle pas une véritable rupture ?

Cela dit, la question reste posée de savoir en quoi consisterait une société de « décroissance » et comment s’engager sur cette voie. Peut-on concevoir notamment de « décroître » sans pour autant en revenir à des mondes du passé ? Le projet de décroissance ne renoue-t-il pas avec une forme de malthusianisme à la fois désuet et inquiétant? Un tel projet ne risque-t-il pas de se heurter à une « nature humaine » spontanément portée vers la croissance et le développement? Et dans ce cas, sa mise en œuvre peut-elle éviter l’écueil des solutions autoritaires ? Ne vaut-il pas mieux dès lors en rester au projet de « développement durable »?

La raison d’être de ce colloque est de permettre une discussion critique, rigoureuse et éclairée, de ces deux manières d’œuvrer « pour la suite du monde ». Dans cette perspective, nous invitons les personnes préoccupées par ces questions, quel que soit leur domaine de spécialité, à nous soumettre des propositions de communication apportant des éléments de réponse à l’une ou plusieurs des séries de questions suivantes :

1.      Qu’est-ce que le « développement durable » et qu’est-ce que la « décroissance soutenable »? Quels sont les fondements théoriques de ces deux options ? De quelles traditions intellectuelles et politiques sont-elles les héritières ? Quelles sont les principales différences entre elles? Sur quels plans ou sur quels points se rejoignent-elles?

2.      Quels sont les principaux arguments en faveur de chacune de ces options ? Pourquoi préférer le « développement durable » ou la « décroissance soutenable »? Quelles sont les limites et les risques propres à chacune de ces solutions? Pourquoi la thématique du « développement durable » a-t-elle connu un tel succès au cours des dix dernières années? Pourquoi le projet d’une « décroissance soutenable » reste-t-il à ce jour marginal?

3.      Comment mettre en œuvre pratiquement chacune de ces deux options? Sur quels types d’actions ou de projets débouchent-elles ? Qu’est-ce que serait une société en « développement durable », comparée à nos sociétés actuelles? Qu’est-ce que serait une société « décroissante » ou « a-croissante »? Quels sont les principaux obstacles à la mise en œuvre d’un « développement durable » ou d’une « décroissance soutenable »?

Les réponses que nous sollicitons à ces questions devront prendre appui soit sur un travail de recherche (théorique et/ou empirique), soit sur des expériences pratiques dans les domaines concernés par cet appel. Les propositions formulées par de jeunes chercheurs ou des chercheurs non-universitaires sont les bienvenues. En revanche, ce colloque n’a pas vocation à servir de tribune politique. Notre ambition est de produire un débat de fond sur ces questions, suivant le modèle vénérable de la disputatio médiévale. Pour cette raison également, nous ne retiendrons qu’un nombre limité de communications, qui toutes seront présentées en conférence plénière, au cours des deux jours que durera le colloque.

Toujours par souci de privilégier la qualité des débats, les intervenants seront sélectionnés par des pairs, sur la base du texte complet de la communication qu’ils proposent et selon la règle du double anonymat. La version définitive des textes sélectionnés devra être disponible avant le colloque, de façon à ce que des actes soient remis aux participants.

La publication ultérieure des meilleurs papiers sous la forme d’un livre, d’une part, et dans le cadre d’une revue académique, d’autre part, est à l’étude.

Soumission des propositions de communication

Les propositions de communication sont à envoyer par courriel à Yves-Marie Abraham (yves-marie.abraham@hec.ca).

Format des propositions de communication :

  • Texte de 2000 à 6000 mots
  • Résumé de 50 à 100 mots
  • Mots clef
  • Nom et coordonnées de l’auteur sur une page à part
  • Références bibliographiques
  • Dans le texte : (Nom de l’auteur, année de parution, numéro de page)
  •  Bibliographie finale :

§  Nom de l’auteur, Prénom; Nom du co-auteur, Prénom du co-auteur (année de parution). « Titre de l’article », Nom de la revue, n° de volume, n° courant, p. début-fin.

§  Nom de l’auteur, Prénom; Nom du co-auteur, Prénom du co-auteur (année de parution). Titre du livre, Lieu de publication : Éditeur, nombre de p.

Date limite de soumission des propositions de communication : 23 mars 2009

Date de réponse aux auteurs : 6 avril 2009

Date d’envoi aux organisateurs de la version définitive des textes sélectionnés : 4 mai 2009

Comité d’organisation

  • Yves-Marie Abraham, HEC Montréal

Courriel : yves-marie.abraham@hec.ca

Téléphone : (1) 514-340-6104

Télécopie : (1) 514-340-5635

  • Pierre Batellier, HEC Montréal

Courriel : pierre.batellier@hec.ca

Téléphone : (1) 514-340-6343

Télécopie : (1) 514-340-5635

Ce colloque est organisé avec le soutien du Service de l’enseignement du management et de la Direction du développement durable de HEC Montréal.

Informations pratiques

Site Internet du colloque : http://expertise.hec.ca/pourlasuitedumonde

Dates du colloque : 18 et 19 mai 2009

Lieu :

  • HEC Montréal, 3000 chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Qc.), Canada H3T 2A7
  • Salle : (à venir; consulter le site Internet du colloque)

Frais d’inscription :

  • Universitaires, professionnels et institutionnels : 100 $ avant le 4 mai 2009; 130 $ ensuite
  • Étudiants et particuliers : gratuit avant le 4 mai 2009; 20 $ ensuite.

Modes de paiement des inscriptions :

  • (à venir; consulter le site Internet du colloque)

Restauration :

  • Les deux repas de midi (18 et 19 mai) et les pause-café (matin et après midi) seront offerts aux participants inscrits.

Liste d’hôtels sur demande.

Pour toute demande de renseignements complémentaires, merci de contacter les membres du comité d’organisation (yves-marie.abraham@hec.ca ou pierre.batellier@hec.ca).

Lieux

  • HEC Montréal, 3000 chemin de la Côte-Sainte-Catherine
    Montréal, Canada

Dates

  • lundi 23 mars 2009

Mots-clés

  • décroissance, développement durable

Contacts

  • Yves-Marie Abraham
    courriel : yves-marie [dot] abraham [at] hec [dot] ca

Source de l'information

  • Yves-Marie Abraham
    courriel : yves-marie [dot] abraham [at] hec [dot] ca

Pour citer cette annonce

« « Pour la suite du monde » : développement durable ou décroissance soutenable ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 21 janvier 2009, http://calenda.org/196397